Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Cameroun

Sept soldats devant le tribunal militaire de Yaoundé

L'entrée du tribunal de Yaoundé, au Cameroun, le 16 juillet 2012.

Au Cameroun, sept éléments des forces défense vont être traduits devant le tribunal militaire de Yaoundé.

L’armée camerounaise a annoncé le passage devant un tribunal de ces sept militaires dans une note d’information publiée par le capitaine de frégate Cyrille Serges Atonfack Guemo, chef de la division de la communication au ministère de la Défense.

Il s’agit de sept militaires soupçonnés d’exécutions extrajudiciaires des femmes et de leurs bébés dans le cadre de la lutte contre Boko Haram à l’Extrême-Nord.

"L’information judiciaire ouverte a été close, ils sont renvoyés pour coaction d’assassinat et de violation de consignes, de complicité desdits faits", informe le porte-parole de l’armée camerounaise.


"Le Cameroun ne transige pas avec les écarts de comportements relativement au droit de guerre, au droit humanitaire, et à la protection des biens et personnes", a commenté le capitaine de frégate Atonfack Serges.

Début juillet 2018, la vidéo devenue virale montrant l’exécution de deux femmes et de leurs enfants avait suscité l’indignation.

Le Cameroun avait rejeté les accusations des organisations des droits de l’homme avant d’annoncer le 11 juillet que "le président de la République a ordonné une information judiciaire sur cette affaire".

Toutes les actualités

Prison à vie pour un dissident anglophone

Prison à vie pour un dissident anglophone
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:48 0:00

Prison à vie contre les 10 leaders séparatistes anglophones

Prison à vie contre les 10 leaders séparatistes anglophones
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:50 0:00

Prison à vie pour un leader des séparatistes anglophones

Prison à vie pour un leader des séparatistes anglophones
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:18 0:00

Human Rights Watch dénonce la torture de détenus au Cameroun

Des prisonniers font la queue à l'intérieur de la prison centrale de Douala, le 8 mars 2006.

Des dizaines de détenus séparatistes anglophones ou membres de l'opposition ont été torturés par les forces de sécurité après avoir été extraits d'une prison de Yaoundé à l'issue d'une mutinerie en juillet, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

Le 22 juillet, des détenus de la prison centrale de Yaoundé s'étaient mutinés pour protester contre leurs conditions de détention, épouvantables selon eux, la surpopulation carcérale et les longues détentions sans procès pour les anglophones, provoquant des dégâts et des incendies dans certains locaux ainsi que des violences entre prisonniers.

Le gouvernement camerounais avait annoncé le 3 août que 244 détenus avaient été interpellés, leurs avocats assurant qu'une partie d'entre eux avaient été emmenés au Secrétariat d'Etat à la Défense (SED), le siège de la gendarmerie dans la capitale camerounaise. Ils affirmaient également que les prisonniers transférés au SED y étaient torturés.

"Les autorités camerounaises ont détenu plus d'une centaine de personnes au secret et torturé nombre d'entre elles" entre le 23 juillet et le 4 août, assure HRW. "Les détenus ont été transférés vers (...) le SED" au lendemain de l'"émeute à la prison centrale de Yaoundé le 22 juillet pour protester contre la surpopulation, les conditions de vie désastreuses et les retards dans le traitement des dossiers devant les tribunaux", poursuit l'ONG dans un communiqué.

HRW se base sur les témoignages de 14 détenus et plusieurs avocats. "On nous battait deux fois par jour avec des matraques en bois et des machettes", précise un prisonnier de 29 ans.

Selon l'organisation, nombre de ces détenus étaient soupçonnés par les autorités "de faire partie de groupes séparatistes armés opérant dans les régions anglophones du Cameroun ou de les soutenir". "Parmi les autres détenus figuraient des membres et des partisans du Mouvement pour le Renaissance du Cameroun (MRC)", l'un des principaux partis de l'opposition.

Les deux provinces anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest sont le théâtre depuis fin 2016 d'une contestation qui a dégénéré en affrontements armés entre séparatistes et forces de sécurité, qui ont fait, selon HRW, plus de 2.000 morts à ce jour.

Le SED a été dénoncé à plusieurs reprises par des ONG de défense des droits humain pour la pratique de la torture envers des détenus.

Réagissant aux accusations de mauvais traitement et torture formulées par les avocats, le ministre camerounais de la Communication, Emmanuel Sadi, avait déclaré le 3 août que les détenus faisaient l'objet de "procédures légales dans le strict respect des lois de la République", assurant que plusieurs d'entre eux avaient été retrouvés en possession d'armes blanches.

Au Cameroun, prison à vie pour un leader des séparatistes anglophones

Julius Ayuk Tabes dans une vidéo postée sur Youtube le 21 octobre 2017. (Youtube)

Un des leaders des séparatistes de la minorité anglophone du Cameroun, Julius Ayuk Tabes, a été condamné mardi à la perpétuité pour "terrorisme" et "sécession", un verdict qui risque d'envenimer un conflit déjà meurtrier dans l'ouest du pays.

Sisiku Ayuk Tabe, président du mouvement séparatiste anglophone au Cameroun, 31 octobre 2017. (Facebook/Sisiku Ayuka Tabe Julius)
Sisiku Ayuk Tabe, président du mouvement séparatiste anglophone au Cameroun, 31 octobre 2017. (Facebook/Sisiku Ayuka Tabe Julius)

Julius Ayuk Tabe, 54 ans, qui s'était autoproclamé en 2017 "président" de l'"Ambazonie", l'Etat que les séparatistes de la minorité anglophone veulent fonder, a été condamné à la perpétuité avec 9 autres de ses partisans par un tribunal militaire de Yaoundé, ont annoncé à l'AFP les avocats de l'Etat et de la Défense.

En 2016, une partie des habitants des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont commencé à manifester pour demander davantage de reconnaissance de l'Etat central. Face au refus des autorités et la répression, une partie des séparatistes a pris les armes en 2017 et les affrontements avec les forces de sécurité ont fait, depuis, plus de 2.000 morts selon Human Rights Watch (HRW).

M. Ayuk Tabe, considéré comme une figure de la contestatation séparatiste, milite depuis plusieurs années pour que les deux régions anglophones du Cameroun se séparent de la partie francophone du pays. Il s'est récemment dit ouvert au dialogue avec le gouvernement, sous conditions, plutôt que par les armes, ce qui lui vaut d'être contesté en tant que leader de cette cause par la branche radicale armée.

En janvier 2018, M. Ayuk Tabe avait été interpellé avec 46 autres indépendantistes à Abuja par les services de renseignement nigérians. Ils avaient ensuite été transférés à Yaoundé. Une extradition jugée illégale par la justice nigériane en mars 2019.

Le procès de M. Ayuke Tabe et des neuf autres séparatistes s'était ouvert fin décembre.

Le verdict prononcé mardi matin par le tribunal militaire de Yaoundé les condamnant à la prison à vie a été assorti d'une amende collective de 250 milliards de FCFA (381 millions d'euros), selon l'un des avocats de la défense, Me Joseph Fru.

Ces derniers n'ont pas encore indiqué s'ils allaient faire appel de cette sentence. Mais, ils ont qualifié le procès de "parodie de justice".

Risque de radicalisation

"Cette condamnation risque d’aggraver la situation sécuritaire en zone anglophone dans les prochaines semaines", estime un expert du Cameroun du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG).

"Elle pourrait radicaliser, selon lui, une partie des séparatistes qui voyaient dans le fait que ces leaders n'avaient pas encore été condamnés comme une marque d'espoir".

Cette décision tombe au moment où, après trois ans de conflit, des signes d'ouverture avaient été enregistrés ces derniers mois.

Face aux pressions internationales, le président Paul Biya, 86 ans, s'était dit prêt en mai à organiser un dialogue pour résoudre la crise anglophone au Cameroun. Une ouverture tranchant avec l'intransigeance affichée jusque-là par Yaoundé.

En réponse, le leader séparatiste s’était dit disposé à participer à des pourparlers avec le gouvernement, mais uniquement à l'étranger, posant comme préalable sa libération, ainsi que celle de toutes les personnes détenues dans le cadre de la crise anglophone.

"M. Ayuk Tabe a beaucoup de poids chez les anglophones. Sa condamnation va rendre la résolution de la crise encore plus compliquée", a déclaré à l'AFP Denis Nkenlemo, le chargé de communication du principal parti d'opposition au Cameroun opposé à la sécession, le Social democratic front (SDF).

"Cette décision est un acte de provocation qui prouve, une fois de plus, que le gouvernement n'est pas prêt pour le dialogue (...) et nous mène droit dans le mur", a-t-il ajouté.

Combats quasi-quotidiens

Depuis le début du conflit en zone anglophone, la terreur règne, selon les ONG de défenses de droits de l'Homme. Des combats opposent quasi-quotidiennement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Des ONG pointent également régulièrement des exactions de l'armée contre les civils.

Le conflit a forcé plus de 530.000 personnes à quitter leur foyer, selon des chiffres de l'ONU.

Le Cameroun, pays d'Afrique centrale, est dirigé par Paul Biya depuis son arrivée au pouvoir en 1982.

Outre la crise dans les régions anglophones, le Cameroun est confronté à plusieurs défis. Notamment une crise politique, depuis la réélection de M. Biya à la magistrature suprême en octobre 2018, contestée par l'opposition.

Il fait également face à des défis sécuritaires immenses dans le nord du pays,où le groupe jihadiste nigérian Boko Haram multiplie les attaques.

Voir plus

XS
SM
MD
LG