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Mali

Sept personnes tuées par des assaillants dans le sud

Après un attentat à Gao, au Mali, le 13 novembre 2018. (VOA/Souleymane Ag Anara)

Sept personnes, dont deux gendarmes et un douanier maliens, ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi dans le sud du Mali, au cours d'une attaque au poste de Kouri, frontalier du Burkina Faso, a-t-on appris lundi auprès du gouvernement et de sources de sécurité.

Par ailleurs, un responsable de l'Alliance nationale pour la sauvegarde de l'identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ), un groupe armé peul apparu en 2016 et qui avait déposé les armes la même année pour "intégrer le processus de paix", Oumar Aldjana, a été enlevé dimanche soir dans le centre du Mali.

"C'est après la rupture du jeûne que des hommes à bord de deux pick-ups sont venus le chercher. Actuellement, ses parents sont en pourparlers avec ses ravisseurs", a indiqué à l'AFP Oumar Diallo, notable de Soumpi, où s'est produit le rapt, confirmé par une association peule.

Dans le sud du pays, vers 23H00 (locales et GMT), "des individus armés non identifiés ont conduit deux attaques simultanées contre le poste mixte de Kouri et la sous-préfecture de Boura", a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Le bilan à Kouri est de sept morts, "deux gendarmes, un douanier et quatre civils", tandis qu'"à Boura, l'attaque a été repoussée, un élément des forces de sécurité a été légèrement blessé, et le sous-préfet est sain et sauf", selon le gouvernement, ajoutant que "quatre suspects ont été appréhendés".

Deux sources de sécurité avaient fourni auparavant le même bilan précisant que parmi les civils tués, deux étaient des chauffeurs de camion ghanéens.

Kouri est notamment un des lieux de passage des marchandises au départ ou à destination du Mali.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l'application accumule les retards.

- Recensement 'interminable' des combattants -

Depuis 2015, ces violences se sont propagées du nord au centre du pays, voire parfois au sud. En février 2017, une religieuse colombienne, Gloria Cecilia Narvaez Argoti, avait été enlevée à Karangasso, près de Koutiala (sud), à proximité de la frontière avec le Burkina Faso, où elle travaillait depuis six ans comme missionnaire.

Mais ces violences se concentrent surtout dans le Centre, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

Depuis l'apparition en 2015 dans cette région du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a annoncé la semaine dernière que sa division des droits de l'Homme avait recensé "au moins 488 morts" depuis janvier 2018 dans des attaques de "chasseurs traditionnels contre des membres civils de la population peule" dans les régions de Mopti et Ségou (centre).

Dans le même temps, les groupes armés peuls ont "causé 63 morts" parmi les civils de la région de Mopti, selon la Minusma.

Dans son quatrième rapport en tant qu'observateur indépendant de l'application de l'accord de paix de 2015, publié le 14 mai, le Centre Carter s'inquiète notamment du caractère "interminable" du recensement des combattants des groupes armés signataires engagés dans le processus de "désarmement, démobilisation et réinsertion" (DDR).

Bien que plus de 1.400 d'entre eux aient déjà été sélectionnés il y a quatre mois, "aucun élément des mouvements signataires n'a été à ce jour intégré dans les forces de défense et de sécurité nationales", souligne le Centre Carter.

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Ouverture d'une enquête sur la mort de sept Mauritaniens au Mali

Un convoi de véhicules de la Coalition du peuple de l'Azawad (CPA) en patrouille près de la frontière Mali-Mauritanie pour protéger les populations locales confrontées à l'insécurité liée aux troubles causés par les bandits, à Soumpi, le 22 janvier 2020.

Le gouvernement malien a annoncé samedi l'ouverture d'une "enquête transparente et diligente" sur un incident sécuritaire ayant coûté la vie à sept Mauritaniens lundi près de Nara, localité frontalière avec la Mauritanie.

"Le gouvernement du Mali, à la suite d'une séance de travail avec une délégation mauritanienne, a décidé d'ouvrir une enquête transparente et diligente dont les résultats seront partagés avec la partie mauritanienne", a annoncé dans un communiqué Abdoulaye Maïga, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation.

Selon des médias mauritaniens, les victimes sont des éleveurs qui se rendaient au Mali pour y rejoindre leur troupeau en quête de pâturage.

"Le gouvernement décline toute responsabilité et souligne qu'à ce stade aucun élément ne met en cause" l'armée malienne, a souligné M. Maïga, assurant que "toutes les mesures seront prises pour arrêter et traduire en justice les auteurs de ces actes tragiques".

Une délégation ministérielle malienne termine sa visite en Mauritanie
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La présidence mauritanienne avait annoncé vendredi dans un communiqué l'envoi d'une délégation à Bamako pour "faire la lumière" sur la mort de ces Mauritaniens.

Cette décision faisait suite à une manifestation organisée le même jour à Nouakchott, la capitale, par des habitants du département de Adel Bégrou (1.100 km à l'ouest de Nouakchott), localité d'origine des victimes, à la frontière avec le Mali.

Les manifestants voulaient ainsi appeler le gouvernement à assurer la sécurité des citoyens et à faire la lumière sur cette affaire.

Cet incident coïncide avec la tentative des autorités maliennes de la transition d'obtenir le soutien de la Mauritanie pour briser l’embargo de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a achevé mardi une visite en Mauritanie.

"Face à l'adversité à laquelle notre pays fait face, le gouvernement trouve troublante la survenue de cet incident", a ajouté le communiqué.

La Cédéao et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont pris une batterie de mesures économiques et diplomatiques à l'encontre du Mali pour sanctionner les velléités de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années.

La fermeture des frontières mais aussi un embargo sur les échanges commerciaux et les transactions financières hors produits de première nécessité sanctionnent l'engagement révoqué par les colonels d'organiser le 27 février des élections présidentielle et législatives qui auraient ramené des civils à la tête du pays plongé dans une grave crise sécuritaire et politique.

Dernier hommage à IBK au Mali

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Les Maliens rendent un dernier hommage à l'ex-président IBK

Une photo d'Ibrahim Boubacar Keita, alors président du Mali est affichée lors d'un meeting pour sa ré-élection à Bamako, Mali, le 3 août 2018.

Le Mali a rendu vendredi un dernier hommage à l'ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, décédé cette semaine, un an et demi après avoir été renversé par les militaires.

La junte qui lui a succédé et qui tient tête aujourd'hui à une bonne partie de la communauté internationale a organisé dans un camp militaire de Bamako des obsèques nationales sous la présidence du Premier ministre dit de transition, Choguel Kokalla Maïga.

Le colonel Assimi Goïta, un des leaders du putsch de 2020 depuis investi président de la transition, était quant à lui absent.

Ibrahim Boubacar Keïta, décédé dimanche chez lui à l'âge de 76 ans après s'être tenu à l'écart de la vie publique, devait être enterré dans l'après-midi dans sa vaste résidence après une cérémonie à la fois plus populaire et privée.

Près de 2.000 personnes, y compris d'anciens adversaires, se sont pressées chez lui pour lui dire adieu.

Le colonel Goïta, qui avait pris part aux obsèques de deux autres anciens chefs de l'Etat malien décédés en 2020 après le putsch, a été officiellement "empêché" de participer à la cérémonie officielle.

Celle-ci a rassemblé devant le cercueil recouvert du drapeau national, sur la place d’armes du 34e bataillon du Génie militaire, de nombreuses personnalités, l'ancien président par intérim Dioncounda Traoré, d'anciens ministres, des dignitaires religieux, des diplomates et un des fils du disparu, Bouba Keïta.

La Guinée, également théâtre d'un putsch en septembre 2021 et partenaire privilégié de la junte malienne face aux pressions internationales, avait dépêché son ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté.

Baba Hakib Haïdara, au nom des collaborateurs de l'ex-président, a salué "un homme d’Etat ouvert au dialogue".

Il était "un homme d’esprit, un homme de culture, mais aussi, je dirais, un homme de cœur", a dit son ancien ministre de la Santé Michel Sidibé, "il s’est toujours battu pour ce pays, il avait ses forces et ses faiblesses mais ce qui le caractérisait c’était sa dignité et son patriotisme, et cela a été mentionné aujourd’hui".

IBK, comme il était couramment appelé, avait été renversé le 18 août 2020 par des militaires qui, après un deuxième coup d'Etat en mai 2021, invoquent aujourd'hui les maux accumulés par le passé pour justifier leur refus de rendre le pouvoir aux civils dans un avenir proche.

Entamée en 2013, la présidence a largement coïncidé avec la tourmente dans laquelle le Mali est pris depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

La chute d'IBK avait été précédée par des mois de mobilisation au sein d'une population exaspérée par les violences en tous genres - jihadistes, communautaires ou crapuleuses -, par l'inaction et la faillite de l'Etat et par une corruption réputée galopante.

La junte a décrété un deuil national de trois jours à compter de vendredi.

La mission de l'ONU au Mali a annoncé la reprise de ses opérations aériennes

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Crise au Mali: l'enjeu va bien au-delà du pays, selon Washington et Bruxelles

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