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Le Conseil de sécurité menace de sanctions les auteurs d'attaques

Le conseil de sécurité de l'ONU, lors de sa visite au Mali, le 21 octobre 2017.(Archives)

Le Conseil de sécurité de l'ONU menace de sanctions les auteurs d'attaques au Mali contre la force de maintien de la paix des Nations unies (Minusma), dans une déclaration publiée au lendemain de la mort d'un Casque bleu nigérian.

En condamnant "dans les termes les plus forts" les attaques samedi contre des véhicules de la Minusma à Tombouctou et à Tessalit, à la suite desquelles le militaire nigérian a été tué et plusieurs Casques bleus blessés, le Conseil de sécurité "demande au gouvernement malien d'enquêter rapidement" sur ces évènements et de "traduire leurs auteurs en justice".

"L'implication dans la préparation, la direction, le soutien et la mise en oeuvre de ces attaques contre des membres de la Minusma représente une base pour établir des sanctions en application des résolutions de l'ONU", précise la déclaration adoptée par les 15 membres du Conseil de sécurité.

Samedi, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait déjà condamné les dernières attaques contre la Minusma, jugeant qu'elles pouvaient s'apparenter à des "crimes de guerre". La mort du Casque bleu nigérian est dû à "des assaillants armés non identifiés", avait-il dit.

La Minusma est la mission la plus coûteuse en vies humaines de la quinzaine d'opérations actuelles de maintien de la paix de l'ONU, avec plus de 190 morts depuis son déploiement en 2013, dont plus de 120 dans des actes hostiles.

Des zones entières du pays échappent encore à tout contrôle au Mali, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler les jihadistes mais dont l'application accuse des retards.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité "exhorte les parties maliennes à appliquer pleinement" l'accord de paix "sans retard supplémentaire". "Une pleine application de l'accord et l'intensification des efforts pour surmonter les menaces asymétriques peuvent contribuer à améliorer la situation sécuritaire au Mali", estime-t-il.

Avec AFP

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Une famille italienne et un Togolais enlevés par "des hommes armés" au Mali

Une patrouille de l'armée malienne.

Un couple d'Italiens et leur enfant ainsi qu'un ressortissant togolais ont été enlevés "par des hommes armés" jeudi dans la soirée dans le sud-est du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso, a appris l'AFP auprès d'un élu local et d'une source sécuritaire malienne.

"Des hommes armés ont procédé jeudi dans la nuit à l'enlèvement de trois ressortissants italiens et d'un Togolais (...) Nous faisons tout pour obtenir leur libération", a déclaré vendredi à l'AFP une source sécuritaire malienne qui a requis l'anonymat, précisant que l'enlèvement a eu lieu dans la localité de Sincina (sud-est). "Ce sont des religieux. Nous faisons tout pour obtenir leur libération, et nous avons des contacts diplomatiques", a ajouté cette source.

La localité de Sincina est située à une centaine de km du Burkina Faso, pays où plusieurs Occidentaux ont été kidnappés ces dernières années. Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des mouvements armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.

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De son côté, un élu local de la région malienne de Koutiala, interrogé sous le couvert de l'anonymat, a déclaré que "des hommes armés à bord d'un véhicule ont enlevé (jeudi soir) trois ressortissants italiens et un Togolais à une dizaine de km de Koutiala". Selon ces sources, cet enlèvement concerne "deux Italiens et un enfant" et un ressortissant togolais, appartenant tous selon ces sources au mouvement religieux des Témoins de Jéhovah.

Enlèvements courants au Mali

Dans un court communiqué, le ministère des Affaires étrangères italien a de son côté indiqué vendredi que l'Unité de crise du ministère procédait "aux vérifications de rigueur" concernant "l'information apparue sur différents médias relative à l'enlèvement au Mali de trois ressortissants italiens". "Le ministre (des Affaires étrangères Luigi) Di Maio suit personnellement les développements de cette affaire", ajoute le communiqué.

Les enlèvements sont courants au Mali, et leurs motivations peuvent être diverses (crapuleuses, politiques, etc...). Dans la plupart des cas, les conditions et circonstances de libération des otages ne sont jamais connues ou clairement établies.

Ce pays sahélien est le théâtre depuis 2012 d'attaques menées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi que de violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits. Ces violences, parties du nord en 2012, se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaine.

Le Français Olivier Dubois, journaliste indépendant de 47 ans vivant et travaillant au Mali depuis 2015, a été enlevé au Mali il y a plus d'un an. Il avait lui-même annoncé son enlèvement dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021. Il y expliquait avoir été enlevé le 8 avril précédent à Gao (nord) par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), principale alliance jihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda et dirigée par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Le 13 mars dernier, une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux, montrant un homme qui semble être le journaliste français et qui s'adresse à ses proches et au gouvernement français. Outre le journaliste Olivier Dubois, enlevé il y a un an au Mali, au moins plusieurs autres otages occidentaux sont détenus au Sahel. Leur entourage ou leur gouvernement choisissent parfois de ne pas communiquer sur les enlèvements. Et ceux-ci ne sont pas systématiquement revendiqués par leurs auteurs.

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L'ONU dit regretter le départ du Mali du G5 Sahel

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Le G5 Sahel, dans l'inconnu sur son avenir, déplore le retrait du Mali

Les représentants du G5 Sahel au Palais des Congrès à Niamey, au Niger, le 17 juillet 2018. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

La décision du Mali de quitter l'organisation antijihadiste du G5 Sahel est "regrettable", a déclaré mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU son secrétaire exécutif, Eric Tiaré, alors que le Niger considère déjà que cette instance régionale n'existe plus.

Depuis sa création, le G5 Sahel, aussi formé de la Mauritanie, du Tchad, du Burkina Faso et du Niger et dotée jusqu'à présent d'une force de 5.000 militaires, "a mené le bon combat sur ses deux fronts", "la lutte contre le terrorisme" et "le développement socio-économique" de la région, a fait valoir le responsable.

Malgré la dégradation de la situation sécuritaire, "la force a connu des succès" dans ses opérations conjointes, a insisté Eric Tiaré, en réclamant à l'ONU un plus grand soutien. "Nous lançons un appel à l'ONU pour qu'elle s'implique davantage dans le soutien au G5 Sahel", a-t-il dit.

En dépit de demandes répétées du secrétaire général des Nations unies et notamment de la France, les Etats-Unis ont toujours refusé au G5 Sahel un soutien onusien substantiel et financier de l'ensemble des 193 membres de l'ONU, lui préférant les aides bilatérales. Une position réaffirmée mercredi par Washington.

Dans un entretien aux médias français La Croix et L'Obs, publié mercredi, le président nigérien Mohamed Bazoum a tiré un trait définitif sur le G5 Sahel après le retrait du Mali.

"Le G5 Sahel est mort. Depuis le second coup d'Etat au Mali (en mai 2021), Bamako est dans une fuite en avant qui l'isole en Afrique et nous prive d'une stratégie concertée et coordonnée pour lutter contre le terrorisme", a-t-il souligné.

En regrettant comme d'autres membres du Conseil le départ du Mali, au "rôle moteur" dans l'organisation depuis sa création, l'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière, a appelé à "ne pas tirer de conclusions hâtives" sur son avenir. Il revient aux cinq Etats ayant créé le G5 Sahel de "décider ce qu'ils veulent en faire", avait-il précisé avant la réunion à des journalistes.

L'ambassadrice adjointe de la Russie à l'ONU, Anna Evstigneeva, a demandé pour sa part au G5 Sahel de "garantir une ligne autonome" de son action "sans diktat extérieur".

La junte au pouvoir au Mali, visant implicitement la France, a annoncé dimanche quitter le G5 Sahel en l'accusant d'être "instrumentalisée" par l'"extérieur".

Les cinq pays fondateurs en 2014 du G5 Sahel, aux armées sous-équipées, avaient lancé en 2017 leur force militaire conjointe alors que l'étau des jihadistes se resserrait autour d'eux. Partie du nord en 2012, les violences se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger, faisant des milliers de morts civils et militaires malgré la présence de forces françaises, européennes, africaines et d'une mission de Casques bleus (Minusma).

La mystérieuse tentative de putsch au Mali sème le trouble

Le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement, n'a fourni aucun détail sur le déroulé des évènements ni sur les protagonistes.

La nouvelle que le Mali aurait déjoué un coup d'Etat soutenu par un pays occidental a fait des vagues dans un pays déjà troublé, d'autant qu'un proche de la junte dirigeante a été cité parmi les comploteurs présumés.

Même dans un pays qui vit au rythme d'annonces retentissantes, les militaires ont pris de court les Maliens en affirmant lundi soir que les autorités avaient mis en échec dans la nuit du 11 au 12 mai un complot ourdi par des officiers et des sous-officiers.

S'il a eu lieu, ce ténébreux coup de main est passé totalement inaperçu jusqu'au journal de 20H00 (locales et GMT), ce rendez-vous des communications fracassantes qui faisaient dire au spécialiste du Sahel Yvan Guichaoua sur Twitter que "la mise en récit du régime malien est une vraie telenovela", série télé à rebondissements.

Devenu un visage et un uniforme familiers des téléspectateurs, le colonel Abdoulaye Maïga, porte-parole du gouvernement, n'a fourni aucun détail sur le déroulé des évènements ni sur les protagonistes, se contentant d'annoncer des interpellations.

Il n'a pas spécifié quel était "l'Etat occidental" qui aurait concouru à ce "dessein malsain", et dans lequel une majorité de Maliens voyait la France. Mardi, les autorités n'avaient produit aucun élément donnant corps aux informations de la veille. Les organisations soutenant la junte ont néanmoins condamné les agissements rapportés et appelé au ralliement derrière les autorités.

Mais les spéculations allaient bon train sur la réalité de ce putsch avorté, dernier en date des coups de force ou tentatives depuis moins de deux ans et sur l'analyse qu'il fallait en faire pour ce pays au coeur de la crise sahélienne. D'autant que la mystérieuse tentative de putsch intervient en pleine confrontation d'intérêts entre Français et Occidentaux d'une part, Russes de l'autre.

Affaire sensible

"Le colonel (Amadou) Keïta est parmi les putschistes arrêtés", a déclaré mardi un responsable du ministère de la Défense sous le couvert de l'anonymat en raison de la sensibilité de cette affaire. Le colonel Keïta, bien que présumé avoir fait partie des putschistes de la première heure en 2020, n'est pas un visage connu parmi les officiers qui ont pris le pouvoir il y a bientôt deux ans.

Il fait partie des quelque 120 membres du Conseil national de la transition (CNT), qui fait office de parlement. Il est réputé proche du président du CNT, le colonel Malick Diaw, qui passe pour le numéro 2 ou 3 de la junte. Son nom apparaît avec six autres sur une liste qui a commencé à tourner comme étant celles des personnes arrêtées en lien avec l'affaire. Mais l'une d'elles a en fait été interpellée une semaine avant le 11 mai, a dit son mouvement.

Pour ajouter à la confusion, malgré l'absence de lien apparent avec le 11 mai, le général Moussa Bemba Keita, dernier ministre de la Sécurité du président renversé en 2020 par les militaires, a été écroué avec d'autres officiers soupçonnés de malversations financières, a révélé mardi un magistrat sous couvert d'anonymat. Ce sont les dernières personnes en date envoyées derrière les barreaux au nom du combat proclamé contre la corruption.

Une grande discrétion caractérise par ailleurs l'exercice des responsabilités par une junte qui tient toutes les commandes du pouvoir sans quasiment aucune opposition. La justice avait révélé a posteriori en novembre 2021 l'existence de ce qu'elle avait présenté comme une tentative de coup d'Etat menée par six hommes les semaines précédentes. Parmi les conspirateurs présumés figurait le colonel-major Kassoum Goïta, qui faisait partie des officiers putschistes d'août 2020, encore au pouvoir aujourd'hui.

Le colonel Goïta, investi président quelques semaines avant, était quant à lui sorti indemne en juillet 2021 d'une attaque au couteau. Son agresseur était décédé quelques jours après dans des conditions obscures.

Le Mali, plongé dans des crises sécuritaire et politique profondes depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012 dans le nord, a été le théâtre de deux coups d'Etat menés par le même groupe de colonels en août 2020 et mai 2021.

La junte qui le dirige désormais s'est détournée avec fracas de la France et de ses partenaires, se rapprochant de la Russie pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins.

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