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Côte d'Ivoire

Neuf morts dans des heurts interethniques dans le centre

Un tribunal d'Abidjan, Côte d'Ivoire, 8 août 2018.

Neuf personnes sont mortes et 84 ont été blessées dans des affrontements entre populations autochtones (Baoulé) et allogènes (Dioula, ressortissants du Nord) mercredi et jeudi à Béoumi dans le centre de la Côte d'Ivoire.

"Il y a eu neuf morts, sept corps sont à la morgue de Béoumi et les deux autres à Bouaké" a dit le Dr Victor Kouamé, directeur de l'hôpital général de Béoumi, précisant qu'il y avait 84 blessés.

Béoumi, ville située à 60 km à l'ouest de Bouaké, est sous le contrôle des forces de l'ordre. Militaires, gendarmes, policiers patrouillent dans la ville pour éviter de nouveaux affrontements, a rapporté un journaliste de l'AFP. Le préfet de Béoumi Djedj Mel, avait évoqué jeudi un bilan de trois morts et 40 blessés avant de décréter un couvre-feu de 18H00 GMT à 06H00 GMT.

"Une altercation entre un chauffeur de taxi-brousse et un conducteur de moto-taxi qui se trouvait à la gare des taxis-brousse" a dégénéré mercredi en bataille rangée, selon un agriculteur baoulé à Béoumi, Innocent Koffi.

Une querelle de longue date oppose les transporteurs (taxis-brousse) d'ethnie dioula et les pilotes de motos-taxis d'ethnie baoulé.

Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Sidi Tiemoko Touré, un enfant du pays et député élu de la circonscription, s'est rendu sur place.

"Il y a eu une bagarre entre deux frères, un Malinké (Dioula) transporteur et un Baoulé, moto-taxi. Cette altercation a laissé croire que le Baoulé était mort et c'est ce qui a fait que les choses ont dégénéré", a confirmé le ministre, contacté au téléphone depuis Abidjan.

Le ministre s'est refusé à communiquer un bilan des victimes "avant de faire un point complet".

- 'On veut les Dioula' -

Celui-ci "a convoqué les communautés jeudi après-midi" à la préfecture et s'est entretenu avec leurs représentants pour "nous donner une voie de sortie de crise", a-t-il expliqué, soulignant avoir lancé des appels au calme.

"Je pense qu'on a été entendu. Une partie des jeunes qui avaient erigé des barrages les ont enlevés pour que la circulation reprenne", a-t-il ajouté.

En outre, il a annoncé la prise en charge des victimes. "Nous allons voir la problématique des dégâts avec le ministre de la solidarité", a-t-il dit.

A une vingtaine de km de Béoumi dans le village de Bellakro, des jeunes Baoulé qui tenaient un barrage et dont certains étaient sous l'effet de l'alcool, ont crié "On veut les Dioula", a constaté un journaliste de l'AFP.

"La tension était toujours vive" vendredi à Beoumi, affirmé à l'AFP un habitant de Béoumi, Amani Konan Benoît.

"Les deux camps se regardent en chien de faience et les activités n'ont toujours pas repris", a-t-il souligné.

Les affrontements intercommunautaires, parfois meurtriers, sont fréquents en Côte d'Ivoire, pays d'environ 25 millions d'habitants qui compte plusieurs dizaines d'ethnies et une importante communauté étrangère.

Ces heurts sont souvent liés à la propriété foncière mais aussi aux transports. Des affrontements entre populations locales et transporteurs dioula, qui contrôlent traditionnellement les taxis-brousse, se produisent sporadiquement à travers le pays, faisant parfois des morts.

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Guillaume Soro se déclare candidat à la présidentielle de 2020

Le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire Guillaume Soro à Abidjan, Côte d’Ivoire, 17 novembre 2017.

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, ex-président de l'Assemblée nationale passé à l'opposition, a annoncé vendredi qu'il était candidat à l'élection présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire.

"C'est décidé, je suis candidat pour 2020", a-t-il dit dans un entretien à la radio RFI et la chaîne France 24, soulignant qu'il ferait lors de son retour "une déclaration solennelle et officielle en terre de Côte d'Ivoire".

M. Soro est le premier homme politique à se déclarer candidat à la présidentielle ivoirienne.

"Je ne vois absolument pas de raison pour que la justice (ivoirienne) m'empêche d'être candidat", a-t-il déclaré, balayant toutes les affaires le concernant.

Ancien Premier ministre et ancien allié du président Alassane Ouattara, M. Soro, qui n'est soutenu par aucun des trois grands partis ivoiriens, a lancé une nouvelle structure, Générations et peuples solidaires (GPS), dont il espère un succès équivalent à celui d'En Marche, lancé un an avant son élection à la présidence française par Emmanuel Macron.

"Quand Macron lançait +En marche+, toute la classe politique était unanime (pour dire) qu'il ne serait jamais président (...) J'ai décidé de prendre mon destin en main. J'ai 47 ans et je pense que je ferai cavalier seul".

Près de dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue en Côte d'Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

L'Afrique veut en finir avec la maladie du sommeil

(Benno Muchler/VOA)

Au XXe siècle, elle a provoqué des hécatombes: la maladie du sommeil, transmise par la mouche tsé-tsé, est en passe d'être éliminée en Afrique. A condition de ne pas relâcher l'effort de lutte.

"La maladie du sommeil, ça fait peur, quand ça prend quelqu'un, il devient fou", témoigne auprès de l'AFP, lors d'une séance de dépistage dans un village, Emile Gouribitiali, 56 ans, dont la mère et le petit frère ont été atteints par le passé.

Causée par un parasite, le trypanosome, qui donne son nom scientifique à la maladie, la trypanosomiase humaine africaine (THA) est mortelle si elle n'est pas diagnostiquée et traitée à temps.

La maladie du sommeil épuise ceux qui en sont atteints. Après une phase de fièvres et de maux de tête, le malade dort le jour, mais plus la nuit. Il devient fou quand le cerveau est atteint puis tombe dans la coma et décède en quelques mois ou quelques années.

"Après un siècle de lutte, la maladie du sommeil est en passe d'être éliminée", et "n'est quasiment plus un problème de santé publique en Afrique", se réjouit Dramane Kaba, médecin entomologiste et directeur de l'Institut Pierre Richet (IPR) de Bouaké (centre de la Côte d'Ivoire).

"Mais attention à ne pas relâcher l'effort", avertit le scientifique. En effet, on a déjà cru une fois vaincre la maladie du sommeil, après une grande campagne menée des années 1920 aux années 1960. "La vigilance s'est ensuite relâchée, et la maladie est repartie", raconte-t-il.

Des équipes de l'IPR sillonnent régulièrement les campagnes ivoiriennes pour sensibiliser les populations et détecter les malades. La glossine, nom scientifique de la mouche tsé-tsé, vit en effet le long des marigots et dans les champs, s'épanouissant dans les zones humides et ombragées. Les paysans et leurs familles sont donc les premiers touchés.

- Dépistage sous le manguier -

Mi-octobre, une équipe s'installe pour la journée à Paabénéfla, un village de 500 habitants en pays gouro, dans le centre de la Côte d'Ivoire. Cette zone fut une des plus touchées par la maladie.

Un agent communautaire de santé, Felix Goulizan, s'improvise griot : muni d'un mégaphone, il parcourt les rues pour rameuter la population.

Le dépistage se fait sur la place devant la maison du chef de village, sous un grand manguier. Petit à petit, les habitants arrivent. Un premier agent les recense et les questionne sur d'éventuels symptômes. Puis on leur prélève une goutte de sang, qui est immédiatement analysée à l'aide d'un petit laboratoire de campagne. Si c'est positif, des examens plus poussés seront effectués à l'hôpital de Sinfra, la ville voisine.

Un jeune du village, Franck Guessanbi, raconte son calvaire lorsqu'il est tombé malade à 17 ans. "Je dormais beaucoup, même à l'école, je n'avais plus de force". Agé maintenant de 21 ans et guéri, il est cependant toujours suivi par l'équipe de l'IPR.

Paradoxalement, grâce au succès de la lutte, "la population ne ressent plus la maladie comme une menace", explique Vincent Jamonneau, chercheur-parasitologue à l'Institut de recherche pour le développement (IRD - France), détaché à l'IPR.

Du coup, de nombreux habitants, surtout les jeunes, ne viennent plus spontanément se faire dépister, alors que le risque est toujours présent.

- Traitement en test -

Le traitement par injections ou par perfusion (suivant le stade de la maladie), assez lourd, nécessite une hospitalisation d'une semaine à dix jours. Il est gratuitement fourni par l'OMS dans toute l'Afrique.

Un traitement révolutionnaire avec un seul comprimé en prise unique est en phase de test, précise Brice Rotureau, parasitologue et chercheur à l'Institut Pasteur de Paris, en mission en Côte d'Ivoire.

La Côte d'Ivoire est en pointe dans la lutte contre la trypanosomiase, avec seulement huit cas détectés depuis 2015. Le pays vise l'arrêt de la transmission dès 2025.

Sur l'ensemble de l'Afrique, seul continent où la maladie est présente, seulement 1.000 cas de THA ont été recensés en 2018. Un chiffre sans commune mesure avec le pic de 300.000 malades estimés par l'OMS dans les années 1990. L'OMS vise un arrêt total des infections d'ici 2030.

Il y a cependant "des poches de résistance", comme la République démocratique du Congo, qui concentre 80% des cas, la Guinée, dont les programmes de santé ont été durement ébranlés par la crise de l'épidémie d'Ebola, "des zones d'ombre", liés aux différents conflits armés en cours, note Dramane Kaba.

"Il y a vraiment moyen d'éliminer la trypanosomiase. Mais cette maladie ne suscite pas beaucoup l'intérêt des bailleurs de fonds. Or nous avons encore besoin de leur soutien car c'est un défi crucial de dépister et traiter les derniers cas pour en finir avec la maladie", plaide Vincent Jamonneau.

Avec AFP

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