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Weinstein prêt à se livrer à la justice sept mois après à New York

Harvey Weinstein à la cérémonie des Oscars à Los Angeles le 22 février 2015. (Photo de Vince Bucci / Invision / AP)

Sept mois après les premières accusations d'abus sexuels contre lui, l'ancien producteur de cinéma Harvey Weinstein va se livrer à la justice new-yokaise vendredi et être inculpé, ont annoncé jeudi plusieurs médias américains, à la joie de plusieurs figures du mouvement #MeToo.

Ni la police, ni le procureur de Manhattan n'ont confirmé ces informations. Aucun détail n'a été donné sur l'heure de son inculpation vendredi, qui devrait être suivie par des caméras du monde entier.

L'avocat de M. Weinstein, le célèbre Ben Brafman, qui avait obtenu l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn, alors patron du FMI, dans l'affaire du Sofitel en 2011, a décliné tout commentaire.

M. Weinstein a toujours nié avoir eu des rapports sexuels "non consentis".

Depuis les premières révélations contre lui à l'automne 2017, plus d'une centaine de femmes, dont les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow, Rose McGowan ou Asia Argento, ont affirmé qu'il avait abusé d'elles sexuellement, des accusations qui vont du harcèlement au viol.

>> Lire aussi : Une productrice accuse Weinstein d’agressions répétées

De nombreuses plaintes ont été déposées au civil, à New York et Los Angeles, mais son inculpation vendredi serait la première contre le producteur multi-oscarisé, exclu de l'Académie des arts et sciences du cinéma --qui décerne les Oscars-- à la suite de ces accusations.

- "Un pas vers la justice" -

"J'avais perdu espoir de voir notre violeur rendre des comptes devant les tribunaux", a déclaré Rose McGowan jeudi soir. "Aujourd'hui, nous avons fait un pas de plus vers la justice".

"C'est super cathartique pour beaucoup de victimes", a réagi Tarana Burke, fondatrice du #MeToo. "Nous assistons peut-être à un changement dans la façon dont les affaires de violences sexuelles sont traitées".

Au fil des révélations publiées par le New York Times et le New Yorker --récompensés par le prix Pulitzer pour leurs enquêtes--, il est apparu que Weinstein --longtemps vénéré pour avoir promu un cinéma original incarné par des réalisateurs comme Quentin Tarantino-- avait usé de son pouvoir pour obliger de jeunes actrices ou aspirantes actrices à céder à ses fantasmes sexuels, se faisant parfois aider par ses employés et achetant le silence de certaines victimes via des accords de confidentialité.

>> Lire aussi : Lantern Capital va reprendre le studio Weinstein

Selon certains médias, le producteur de 66 ans --qui a disparu dès les premières révélations le concernant, officiellement pour suivre un traitement contre les addictions sexuelles dans l'Arizona-- devrait être inculpé vendredi à la fois pour viol, sur une femme dont le nom n'a pas été précisée, et pour avoir forcé une jeune actrice, Lucia Evans, à lui faire une fellation en 2004.

La police new-yorkaise avait dans le passé indiqué enquêter sur une accusation de l'actrice Paz de la Huerta, pour un viol présumé en 2010. Weinstein faisait aussi l'objet d'enquêtes à Los Angeles et Londres.

Une remise en liberté sous caution après l'inculpation vendredi aurait déjà été négociée avec ses avocats, moyennant un million de dollars de caution, le port d'un bracelet électronique, et la remise de son passeport, selon le New York Times.

- Effet Bombe -

Depuis mars, la pression montait sur le procureur de Manhattan Cyrus Vance montait pour qu'il inculpe.

Le mouvement "Time's Up", fondé pour aider les victimes de harcèlement ou d'agressions sexuelles, avait notamment poussé le procureur de l'Etat de New York à lancer "un examen indépendant" des raisons pour lesquelles M. Vance n'avait pas encore engagé de poursuites.

>> Lire aussi : Time's Up veut une enquête sur le procureur de Manhattan dans l'affaire Weinstein

Cet élu démocrate, très critiqué en 2011 pour avoir jeté l'éponge face à M. Strauss-Kahn, était accusé de reculer devant une bataille judiciaire difficile.

Car même si l'ancien producteur est inculpé vendredi, sa culpabilité est loin d'être acquise, d'autant que son avocat, réputé pour être un des meilleurs de New-York, "va se battre très dur", a expliqué l'avocate Julie Rendelman, spécialiste de ce genre d'affaires.

Les procureurs hésitent souvent à inculper, faute de preuves matérielles du non-consentement de la victime présumée, surtout pour une affaire qui remonte à plusieurs années.

Ils redoutent que la défense ne sape la crédibilité de l'accusatrice, comme ce fut le cas dans la saga judiciaire contre l'ex-légende de la télévision américaine Bill Cosby, jugé coupable d'agression sexuelle au terme d'un second procès fin avril.

Les informations sur une inculpation imminente sont sorties jeudi après que le Wall Street Journal eut annoncé que le procureur fédéral de Manhattan enquêtait désormais lui aussi sur des crimes sexuels présumés de Harvey Weinstein. Cela pourrait avoir convaincu Vance qu'il était temps d'agir.

Les révélations sur Weinstein ont eu l'effet d'une bombe, déclenchant le puissant mouvement anti-harcèlement #MeToo, qui a fait chuter ces derniers mois des dizaines d'hommes de pouvoir américains dans de nombreux secteurs, à commencer par le cinéma, les médias, mais aussi la mode, la musique ou la gastronomie.

L'affaire a encore éclaboussé la semaine dernière le festival de Cannes, où Asia Argento a prononcé un discours incendiaire, disant avoir été violée à Cannes par le producteur américain en 1997.

>> Lire aussi : Le cinéma français entre dans la vague MeToo

Même si la bataille judiciaire ne fait que commencer, Weinstein est depuis longtemps déchu.

The Weinstein Company, le studio co-fondé avec son frère Bob, a été attaqué en justice pour avoir toléré voire facilité le comportement de prédateur sexuel du producteur. Il a été mis en liquidation judiciaire.

La femme de M. Weinstein, Georgina Chapman, une styliste britannique ayant co-fondé la maison Marchesa et avec laquelle il a deux enfants, l'a quitté dès les premières révélations. Leur divorce est censé être imminent.

Avec AFP

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Le favori centriste Biden combatif dans un vif débat démocrate

L'ancien vice-président Joe Biden, entouré d'autres candidat de la primaire démocrate.

Attendu sur sa pugnacité, le favori de la primaire démocrate Joe Biden a opté pour l'offensive jeudi lors d'un débat télévisé, taclant ses principaux rivaux, les sénateurs Elizabeth Warren et Bernie Sanders, sans se laisser déstabiliser par les plus petits candidats.

Après un été marqué par des erreurs et propos confus qui ont réveillé des doutes sur sa forme physique et intellectuelle, Joe Biden, 76 ans, s'est montré incisif dans ce débat marathon de trois heures, défendant farouchement ses positions centristes face aux deux candidats plus à gauche.

"Nous sommes les Etats-Unis d'Amérique. Jamais, lorsque nous nous sommes décidés à faire quelque chose, avons nous été incapables de le faire", a-t-il déclaré, comme pour prouver sa détermination.

L'ancien vice-président de Barack Obama a également revendiqué, à plusieurs reprises, ses liens avec le premier président noir des Etats-Unis encore très populaire dans l'électorat démocrate.

Malgré ses faux pas, Joe Biden reste solidement en tête des sondages(26,8% selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics), bénéficiant d'un grand capital sympathie, de son image de modéré capable de battre Donald Trump en 2020 et du fort soutien des Noirs.

Juste derrière lui dans les sondages, Bernie Sanders, 78 ans (17,3%) et Elizabeth Warren, 70 ans (16,8%), ont maintenu un front uni lors de ces échanges, à Houston (Texas).

Dans un moment remarqué, un petit candidat, plafonnant à 1% des sondages, a attaqué M. Biden: "Avez-vous déjà oublié ce que vous avez dit il y a deux minutes?", a lancé Julian Castro, ancien ministre de Barack Obama, s'attirant des huées dans le public. Biden a ignoré la pique.

- "cassé" -

Etoile montante de la primaire, Elizabeth Warren a évité de s'en prendre à ses rivaux.

Se démarquant par sa veste rouge vif parmi les costumes sombres, elle a joué sur son image de candidate au programme déjà très étoffé.

"Je sais ce qui est cassé, je sais comment le réparer et je vais mener la lutte pour le faire", a-t-elle affirmé, en déclinant ses promesses très à gauche.

Après plusieurs fusillades très meurtrières cet été dont deux au Texas, les questions sur les armes à feu ont donné certains des moments forts, l'ex-élu de la Chambre des représentants Beto O'Rourke, originaire de cet Etat, a plaidé pour la confiscation des fusils d'assaut, dans un pays où la question du droit au port d'armes divise profondément.

"Bien sûr qu'on va prendre votre AR-15, votre AK-47", a-t-il lancé sous des applaudissements nourris.

Cinq mois avant les premiers votes de la primaire, dans l'Iowa, cette émission marque le vrai coup d'envoi de la rentrée, et l'accélération de cette longue campagne. Vingt candidats sont toujours en lice, un record.

- Tous contre Trump -

Pour les petits candidats, tous loin derrière, ce débat marque l'une des dernières occasions de grimper dans les sondages... et de s'attirer les financements indispensables pour poursuivre la campagne.

Après un coup d'éclat face à Biden en juin, la sénatrice Kamala Harris est retombée dans les sondages (6,5%).

Complètent la liste le jeune maire de South Bend, Pete Buttigieg (4,8%), l'homme d'affaires et seul non-professionnel de la politique sur scène Andrew Yang (3%), Beto O'Rourke (2,8%), le sénateur Cory Booker (2,3%), la sénatrice Amy Klobuchar (1,2%) et l'ancien ministre d'Obama Julian Castro (1%).

Derrière les échanges souvent vifs sur la santé ou le commerce international, un seul sujet a fait l'unanimité parmi les dix candidats à l'investiture démocrate sur le plateau de ce débat : l'impératif de battre Donald Trump.

"Le président le plus dangereux de l'Histoire", un "extrémiste blanc", un homme d'affaires qui profite des troupes pour s'enrichir: les attaques ont fusé contre le milliardaire républicain.

En face, Donald Trump fait campagne pour sa réélection en dépeignant ses opposants comme des "socialistes" menaçant le "rêve américain".

Pendant que les démocrates débattait, lui s'en moquait lors d'un dîner avec des élus républicains à Baltimore près de Washington, en reprenant les surnoms dont il les affuble régulièrement: "Joe l'endormi", "Pocahontas" en référence à la polémique sur les origines amérindiennes longtemps revendiquées par Elizabeth Warren et "Bernie le fou".

Avec AFP

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