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Mali

Sept Casques bleus tués par un engin explosif dans le centre du Mali

Des soldats sénégalais de la mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali (MINUSMA) patrouillent à pied dans les rues de Gao, le 24 juillet 2019, au lendemain d'une attaque contre une base internationale de maintien de la paix au Mali.

Sept Casques bleus ont été tués et trois autres grièvement blessés mercredi par un engin explosif dans le centre du Mali, a annoncé la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

"Ce 8 décembre, un convoi logistique de la Force (Minusma) allant de Douentza à Sévaré (centre) a heurté un engin explosif. Un premier bilan fait état de sept Casques bleus décédés et trois grièvement blessés", a indiqué la Minusma sur Twitter, sans préciser la nationalité des victimes.

L'incident a eu lieu dans la zone de Bandiagara, dans la région de Mopti, a ajouté la Minusma.

Il survient au lendemain de l'annonce par la Minusma du décès, lundi à Dakar, d'un Casque bleu qui avait été touché dans l'explosion d'un engin explosif improvisé au passage de son véhicule, le 22 novembre près de Tessalit, dans le nord du Mali. La nationalité du Casque bleu n'a pas été précisée.

Ce Casque bleu avait été emmené à Dakar pour des soins avec deux autres soldats de la Minusma blessés au cours du même incident.

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'un conflit lancinant avec des attaques répétées de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, doublées de violences contre les civils commises par des groupes armés, certains autoproclamés d'autodéfense.

La Minusma, déployée au Mali depuis 2013, est actuellement la mission de paix des Nations unies comptant le plus de morts dans le monde, avec 146 de ses membres tués dans des actes hostiles recensés au 31 octobre, selon les statistiques de l'ONU.

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Un G5 Sahel sans le Mali, quelles conséquences ?

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Tentative de putsch avortée au Mali, selon la junte

Les militaires sous la conduite du colonel Assimi Goïta ont renoncé à leur engagement initial de rendre le pouvoir à des civils après des élections programmées en février 2022.

La junte au pouvoir au Mali a affirmé lundi soir avoir mis en échec la semaine passée une tentative de coup d'Etat mené par des officiers et soutenu par un pays occidental, non-précisé.

Le communiqué lu à la télévision d'Etat ne donne quasiment aucune précision sur ce qui se serait produit. Il fait état d'interpellations sans plus de détails. Il indique que les contrôles ont été renforcés aux sorties de la capitale Bamako et aux frontières. Aucune information n'avait filtrée jusqu'à lundi soir sur une tentative de coup de force qui serait survenue la semaine dernière.

Le Mali, plongé dans des crises sécuritaire et politique profondes depuis le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste en 2012 dans le nord, a été le théâtre de deux coups d'Etat menés par le même groupe de colonels en août 2020 et mai 2021. Le pays est désormais dirigé par une junte qui s'est détournée de la France et de ses partenaires, et s'est tournée vers la Russie pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins.

Les militaires sous la conduite du colonel Assimi Goïta ont renoncé à leur engagement initial de rendre le pouvoir à des civils après des élections programmées en février 2022.

"Dans le dessein malsain de briser la dynamique de refondation du Mali, un groupuscule d'officiers et de sous-officiers anti-progressistes maliens a tenté un coup d'Etat dans la nuit du 11 au 12 mai 2022", dit le communiqué du gouvernement dit de transition installé par les militaires. "Ces militaires étaient soutenus par un Etat occidental", ajoute-t-il sans plus de précision.

Le Monde Aujourd’hui : Le Mali quitte le G5 Sahel
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"La tentative a été déjouée grâce à la vigilance et au professionnalisme des forces de défense et de sécurité", poursuit-il. Les personnes interpellées seront remises à la justice, dit-il. Le document est silencieux sur leur identité et le lieu de leur détention.

Un responsable militaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat compte tenu de la sensibilité du sujet a parlé d'une dizaine d'interpellations effectuées, et indique que d'autres étaient en cours. "Tous les moyens nécessaires" sont mobilisés pour l'enquête et la recherche de complices, dit le communiqué gouvernemental. Le gouvernement y assure "que la situation est sous contrôle et invite les populations au calme".

Le colonel Goïta, investi président de transition en juin 2021, avait été visé au mois de juillet suivant par l'attaque d'un homme qui avait tenté de le poignarder. Il s'en était tiré indemne. Son agresseur était décédé quelques jours après. Les autorités avaient invoqué une dégradation de son état de santé au cours des investigations, sans plus de précision. Aucune information n'a été rendue publique depuis lors sur l'évolution de l'enquête.

La junte, confrontée à des sanctions imposées par l'organisation des Etats ouest-africains Cédéao, martèle un discours patriotique et souverainiste. Les opposants peinent à se faire entendre.

Le Mali sort du G5 Sahel,"instrumentalisé par l'extérieur"

Un militaire de l'armée malienne du G5 Sahel monte la garde à Sévaré au mali le 30 mai 2018.

La junte au pouvoir au Mali a annoncé dimanche quitter le G5 Sahel et sa force antijihadiste, une organisation qu'elle accuse d'être "instrumentalisée" par l'"extérieur" et dont elle est empêchée d'assurer la présidence pour, selon Bamako, mieux l'isoler.

Après le départ annoncé du Mali, l'organisation régionale sahélienne est réduite à quatre pays: la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger.

Ce départ isole encore plus le Mali de ses voisins alors que Bamako est depuis le 9 janvier la cible de mesures économiques et diplomatiques des Etats ouest-africains pour sanctionner l'intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021.

Il survient aussi après l'annonce début mai par la junte de la fin du traité de coopération de 2014 avec la France, ainsi que des accords de 2013 et 2020 fixant le cadre juridique de la présence de la force antijihadiste Barkhane et du regroupement de forces spéciales européennes Takuba, initié par la France.

Les relations avec les Etats occidentaux se détériorent à mesure que le Mali se tourne vers la Russie. La France et ses alliés accusent la junte de s'être assurée les services de la société de sécurité privée russe Wagner, aux agissements controversés, ce que conteste Bamako.

"Le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe" antijihadiste, indique un communiqué du gouvernement de transition, publié dimanche soir.

Les relations bilatérales avec les pays du G5 Sahel "restent maintenues", a précisé dimanche soir le ministre malien de l'Administration territoriale, le colonel Abdoulaye Maiga, sur la télévision publique malienne.

A l'origine du courroux de Bamako contre le G5, la conférence des chefs d'Etats de l'organisation prévue en février 2022 à Bamako et devant "consacrer le début de la présidence malienne du G5".

Mais "près d'un trimestre après le terme indiqué", cette conférence "ne s'est toujours pas tenue", dit le communiqué du gouvernement malien.

Bamako "rejette fermement l'argument d'un Etat membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s'opposer à l'exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel", sans citer cet Etat.

"Perte d'autonomie"

Selon le gouvernement malien, "l'opposition de certains Etats du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manoeuvres d'un Etat extra-régional visant désespérément à isoler le Mali", sans également préciser ce dernier Etat.

Bamako accuse le G5 Sahel de "perte d'autonomie" et d'être victime d'une "instrumentalisation" et d'un "dysfonctionnement grave" de ses organes.

Outre le Mali et le Burkina, le G5 Sahel, composé d'environ 5.000 militaires, est formé de la Mauritanie, du Tchad et du Niger.

Les coups d'Etat militaires au Mali et au Burkina Faso, deux des cinq membres de la Force multilatérale anti-jihadiste G5 Sahel, mettent à mal sa capacité opérationnelle, a récemment estimé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis le 11 mai au Conseil de sécurité.

"Je suis profondément préoccupé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que par l'effet potentiellement néfaste que la situation politique incertaine au Mali, au Burkina Faso et au-delà aura sur les efforts visant à rendre plus opérationnelle la Force conjointe G5 Sahel", avait-il dit dans ce document obtenu par l'AFP.

Les cinq pays du G5 Sahel avaient créé en 2014 cette organisation puis lancé en 2017 sa force militaire alors que l'étau des jihadistes se resserrait autour de ces Etats, aux armées sous-équipées.

Le Mali est le théâtre depuis 2012 d'opérations de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi qu'à des violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits.

Ces violences, parties du nord en 2012, se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaine.

Manifestation de soutien aux autorités maliennes, à l'armée et aux Russes

Des Maliens agitent des drapeaux de la Russie lors d'une manifestation pro-Junte à Bamako, le 13 mai 2022.

Les manifestants se sont surtout ralliés autour de leur armée et contre les sanctions ouest-africaines.

Plusieurs centaines de Maliens se sont rassemblés vendredi à Bamako pour soutenir la junte, l'armée et la coopération militaire avec les Russes, dénoncée par les Occidentaux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les différentes organisations qui avaient appelé à se rassembler sur la place de l'Indépendance avaient aussi en ligne de mire, pour certaines, les sanctions ouest-africaines toujours en vigueur contre le Mali et la présence sur le territoire malien des milliers de Casques bleus de la mission de l'ONU (Minusma) dont le mandat est soumis à renouvellement en juin.

Le retrait de la France, engagée militairement au Mali depuis 2013, et l'appel à l'aide à la Russie figuraient alors parmi les principales demandes des manifestants.

La France et ses alliés européens ont depuis lors annoncé leur retrait après des mois de dégradation diplomatique. Les Russes, mercenaires de la société privée Wagner selon les Occidentaux ou instructeurs déployés en vertu d'une légitime coopération entre Etats selon les autorités maliennes, se sont au contraire faits de plus en plus présents.

Des drapeaux russes ont été brandis vendredi par les manifestants. Certains ont déployé une banderole "A bas la France, à bas la Minusma, à bas la Cédéao", la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest qui fait pression sur les colonels pour qu'ils rendent le pouvoir aux civils plus rapidement qu'ils ne l'entendent.

Les manifestants se sont surtout ralliés autour de leur armée et contre les sanctions ouest-africaines. "Parce qu’aujourd’hui, c’est l’armée notre espoir et notre unique espoir”, disait Bakary Diarra, 37 ans et membre d'une organisation de jeunes.

"Oui, la France est partie. Maintenant, que peut faire le Mali, c'est aussi de ça qu’il s’agit”, disait Awa Camara, de la Ligue des musulmanes.

"Nous souhaitons que Dieu montre le chemin de la sagesse à la Cédéao, à l’Union africaine et à la communauté internationale pour que le Mali sorte de cette situation", disait Gabriel Coulibaly, membre d'une organisation de jeunes chrétiens. En attendant, "nous sommes Maliens, nous soutenons l'armée".

Les autorités revendiquent une montée en puissance difficilement vérifiable contre les jihadistes qui sévissent dans le pays depuis 2013. Le pays est par ailleurs plongé dans une crise économique profonde dont l'embargo sur les transactions commerciales et financières imposé par la Cédéao aggrave les retombées.

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