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San Bernardino: les tueurs, déjà radicalisés, projetaient un attentat dès 2012

Cette photo, prise le 27 juillet 2014, a été fournie par le ‘US Customs and Border Protection’. Elle montre Tashfeen Malik, à gauche, et Syed Farook, à l'aéroport international O'Hare de Chicago.

Les époux qui ont perpétré un attentat la semaine passée à San Bernardino, en Californie, s'étaient radicalisés avant même de se rencontrer, et Syed Farook, le mari, projetait de commettre une attaque avec un complice dès 2012.

Farook projetait une attaque en 2012, à une époque où le groupe Etat islamique n'existait pas encore, avec Enrique Marquez, un ami d'enfance. Mais leur projet avait avorté en raison d'arrestations effectuées par la police antiterroriste, a rapporté mercredi un sénateur américain.

Marquez est suspecté d'avoir acheté les fusils d'assaut utilisés par Farook et sa femme, Tashfeen Malik, pour faire 14 morts et 21 blessés lors d'un déjeuner de Noël dans la ville de San Bernardino. Ils ont ensuite été abattus par la police.

"Apparemment il (Marquez) a reconnu l'existence de ce projet précis (d'attaque) qu'ils voulaient mener, mais ils ont dû abandonner en raison d'arrestations qui ont été effectuées dans la zone", a expliqué sur CNN le sénateur républicain James Risch, membre de la commission du renseignement.

La police fédérale (FBI) a noté que Farook et sa femme étaient radicalisés depuis plusieurs années, avant même de se rencontrer, les autorités avouant leur impuissance à repérer ces jihadistes influencés depuis l'étranger et par le biais d'internet.

Syed Farook, un Américain d'origine pakistanaise et son épouse pakistanaise Tashfeen Malik, tous les deux fervents musulmans, ont été inspirés par des groupes "terroristes étrangers" et ont discuté en ligne de "jihad et de martyr" dès 2013, a affirmé le chef de la police fédérale, James Comey, lors d'une audition au Congrès.

L'enquête "indique qu'ils se sont, de fait, radicalisés avant qu'ils ne se fassent la cour en ligne", a affirmé M. Comey.

"Dès 2013, ils discutaient en ligne de jihad et de martyr, avant leur fiançailles, leur mariage, et avant qu'ils ne vivent ensemble aux Etats-Unis", a-t-il souligné.

- Marionnette -

Reste à savoir si leur mariage a été arrangé par des agents jihadistes, profitant de la nationalité de l'homme, comme s'est demandé le sénateur Lindsey Graham, un candidat à la primaire des prétendants républicains à la Maison Blanche.

"Ce serait une chose très, très importante à savoir", a répondu M. Comey, indiquant que les autorités enquêtaient.

De fait, quand le couple est arrivé aux Etats-Unis en juillet 2014, Tashfeen Malik avait obtenu un visa K1, aussi surnommé le "visa des fiancés", qui permet au porteur de se rendre aux Etats-Unis pour s'y marier dans les 90 jours.

Confiant leur fillette de six mois à sa grand-mère, Farook et Malik ont fait irruption le 2 décembre dans un repas de fin d'année organisé par le service pour lequel travaillait Farook et ont abattu 14 personnes. Le couple est mort quelques heures plus tard lors d'un échange de tirs avec la police.

Les autorités cherchent à savoir qui, de la femme ou de l'homme, a le plus influencé l'autre, après leurs premiers échanges sur un site de rencontres en ligne. La femme aurait prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) sur Facebook, sous un nom d'emprunt, pendant l'attentat, selon plusieurs médias américains.

Le groupe jihadiste, qui a étendu son offensive hors des frontières des territoires qu'il contrôle en Syrie et en Irak, n'a pas proprement revendiqué l'attaque mais l'a saluée, qualifiant ses auteurs de "soldats" de l'EI.

Le patron du FBI a reconnu que la menace était particulièrement diffuse, avec des tueurs qui vivaient en Amérique et n'avaient semble-t-il que des liens idéologiques avec l'EI, mais qui peuvent être inspirés, influencés voire manipulés.

"C'est très, très difficile de trouver ceux qui sont radicalisés et inspirés par ces groupes terroristes", a reconnu M. Comey, alors que le couple californien a été présenté par la famille et ses proches comme des gens sans histoires.

"Cette incapacité à (les) détecter est mon plus grand souci", a avoué le chef du FBI, évoquant le "défi de ceux qui se radicalisent en ligne, qui consomment de la propagande et essaient de rester sous notre radar".

Le patron du FBI a déploré aussi ne pas avoir suffisamment d'agents pour surveiller les "millions" de conversations en ligne.

Pour prévenir la radicalisation des plus vulnérables, le chef du FBI a juste évoqué un message qui serait "quelque chose comme +ne sois pas une marionnette+".

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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