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Séquestrée par son "mari" à 14 ans, Hawariya ne croit plus en la justice tchadienne

Hawariya ne croit plus en la justice tchadienne, le 9 octobre 2018.

Deux ans après l'affaire très médiatisée du viol de Zouhoura, la justice tchadienne peine à sanctionner les auteurs de violences envers les femmes, comme en témoigne Hawariya, 16 ans, qui attend le procès en appel de son époux, reconnu non coupable de l'avoir kidnappé.

"J'ai peur que (mon mari) Haroun Hissein me fasse du mal parce qu'il m'a menacée en pleine audience au palais de justice. La justice tchadienne ne peut rien faire contre lui parce qu'elle est corrompue", pense Hawariya Mahamat Abdoulaye, qui aura 17 ans en novembre.

La jeune fille, qui est retournée chez ses parents, ne va plus à l'école par crainte de représailles de l'homme avec lequel elle est encore mariée.

Saisie en 2016 par les parents de Hawariya pour enlèvement de mineure, la justice tchadienne a jugé Haroun Hissein non coupable en août 2017.

Un procès en appel s'ouvre mercredi à N'Djamena.

En avril 2016, Hawariya, alors âgée de 14 ans, a fui son époux qui l'avait enlevée près de la frontière tchado-soudanaise, se souvient-elle.

La jeune fille dit avoir été séquestrée et torturée pendant plus de quatre mois, hors de la vue de sa famille.

Originaire de Row-Row, près de Kyabé (sud), Hawariya était promise à l'homme quinquagénaire depuis l'âge de 9 ans.

Haroun Hissein avait déjà donné une dot à la famille de la jeune fille et aurait accepté d'attendre que Hawariya ait 18 ans pour se marier avec elle, selon le père de l'adolescente, Mahamat Abdoulaye.

"Mais il a voulu l'épouser alors qu'elle était âgée de 11 ans", se souvient M. Abdoulaye, qui dit avoir refusé de donner la main de sa fille avant sa majorité.

"Il m'a convoqué puis emprisonné pour avoir refusé de lui livrer ma fille. Comme je n'étais pas en mesure de lui rembourser son argent de la dot, j'étais obligé de lui donner ma fille", témoigne le père éploré.

"Mariage par rapt"

Au Tchad, 68% des femmes sont mariées avant leur majorité, en moyenne vers 16 ans, selon les estimations de l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance.

N'Djamena a pourtant interdit le mariage des mineurs et le mariage forcé depuis 2015, rappelle Me Idriss Mahamat Hassan, avocat de la partie civile au procès.

"Le prévenu Haroun Hissein reconnait les faits et demande des excuses", s'indigne l'avocat.

Au Tchad, les condamnations pour violences faites aux femmes ou mariage forcé restent rares.

L'Unicef note quelques avancées depuis la loi de 2015, avec des règlements "le plus souvent à l'amiable" dans les cantons, et quelques poursuites judiciaires.

Le Tchad s'est doté d'une "base juridique solide concernant l'égalité des genres", note un rapport de décembre du Conseil des droits de l'Homme sur la question de la discrimination à l'égard des femmes de l'ONU.

Mais l'ONU déplore "certaines pratiques culturelles néfastes (...) profondément ancrées dans une société patriarcale traditionaliste".

"Dans certaines communautés de la Tandjile (sud), la tradition accepte la pratique du mariage par rapt", indique l'Unicef.

En 2016, le témoignage de la jeune Tchadienne Zouhoura, victime d'un viol collectif commis par des fils de dignitaires de l'armée et de l'actuel président de la commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki, avait jeté des milliers de manifestants dans les rues.

Sur les six violeurs de Zouhoura, deux ont été acquittés, les autres ont été condamnés à dix ans de travaux forcés, mais n'ont pas purgé leur peine, indique le leader de la société civile, Jean Bosco Manga, qui précise que deux coupables sont en fuite.

Aujourd'hui, depuis son exil en France, Zouhoura, qui a un temps été le porte-voix de la cause des femmes tchadiennes, veut oublier son histoire.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

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