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L'opposition entre au Parlement au Rwanda

Frank Habineza, en campagne dans le district de Musanze, Rwanda, le 3 août 2017. (VOA/Charly Kasereka)

Un parti rwandais d'opposition va entrer au Parlement à l'issue des législatives, selon des résultats provisoires publiés mardi, une victoire symbolique qui ne remet toutefois pas en cause l'hégémonie du président Paul Kagame et de sa formation.

Le Parti démocratique vert de Frank Habineza, seul parti d'opposition toléré, a obtenu 5% des suffrages, soit le minimum requis pour siéger au Parlement, selon des résultats publiés mardi soir par la Commission électorale.

Le parti de M. Habineza obtient ainsi deux sièges de députés sur les 80 que compte la chambre basse du Parlement de ce pays dirigé d'une main de fer par Paul Kagame et son parti, le Front patriotique rwandais (FPR).

Cinquante-trois des 80 sièges étaient mis en jeu aux législatives de lundi, lors desquelles quelque 7 millions de Rwandais ont voté. Les 27 sièges restants sont réservés aux femmes, aux jeunes et à des handicapés physiques élus par des conseils, comités et organisations spécifiques.

Les résultats définitifs sont attendus pour le 16 septembre.

"C'est un signe que le Rwanda ouvre son spectre politique", s'est réjoui Frank Habineza, ancien membre du FPR devenu critique de la politique de Paul Kagame, et qui rejette l'étiquette d'opposant "de façade". "Nous avons atteint un objectif significatif en obtenant des sièges au Parlement".

"Nous avions rarement notre mot à dire car nous n'en avions pas le pouvoir", a ajouté M. Habineza. "Maintenant, nous continuerons notre travail au Parlement en participant à la formulation de lois et politiques fidèles à l'esprit de la démocratie, de la liberté et du développement".

Cette victoire symbolique du parti vert change toutefois peu de choses à la mainmise du FPR et de ses alliés sur le Parlement, par ailleurs salué mondialement pour sa proportion très élevée de femmes.

Troisième mandat

La coalition emmenée par le FPR a obtenu 74% des suffrages (40 sièges), en légère baisse par rapport au scrutin d'il y a 5 ans, tandis que trois autres partis soutenant la politique du gouvernement se partagent les sièges restants.

En 2015, le Parlement avait approuvé unanimement la tenue d'un référendum sur une réforme de la Constitution afin de permettre à Paul Kagame de diriger potentiellement le pays jusqu'en 2034. Le oui l'ayant emporté, M. Kagame a brigué un troisième mandat en 2017 et remporté la présidentielle avec plus de 98% des voix.

Le Parlement sortant a également approuvé cette année une loi prévoyant de lourdes peines de prison pour la publication de dessins "embarrassants pour les autorités gouvernementales".

Paul Kagame est l'homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

M. Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d'expression et de réprimer toute opposition.

M. Habineza, candidat à la présidentielle d'août 2017 (0,48% des voix), ne s'attaque d'ailleurs jamais directement à M. Kagame, mais se contente de critiquer ses politiques, notamment en raison des lourdes peines prévues par la loi en cas de diffamation contre le président rwandais.

La dernière opposante de renom à s'y être aventurée, Diana Rwigara, est en prison depuis septembre 2017.

Avec AFP

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Génocide au Rwanda: la France ouvre ses archives, les rescapés demandent justice

Le président rwandais Paul Kagame et la première dame Jeannette Kagame allument une flamme commémorative pour la 27e commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi au Mémorial du génocide de Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2021.

La France a annoncé mercredi l'ouverture d'importantes archives sur le Rwanda pour faire avancer la "vérité historique" sur le génocide des Tutsi en 1994, un geste salué par les rescapés qui réclament toutefois des "excuses" de Paris pour son rôle dans la tragédie.

Les commémorations du 27e anniversaire du génocide, où plus de 800.000 personnes, essentiellement tutsi, furent exterminées dans des conditions atroces entre avril et juillet 1994, étaient placées en France sous le signe du refus du négationnisme.

Elles interviennent quelques jours après la remise au président Emmanuel Macron d'un rapport d'historiens qui, pour la première fois, a conclu à des "responsabilités lourdes et écrasantes" de Paris dans la tragédie.

L'annonce par un décret gouvernemental de l'ouverture des archives, notamment celles de l'ancien président socialiste François Mitterrand au pouvoir à l'époque du génocide ont été saluées comme "une bonne chose" par l'association de rescapés Ibuka France.

Toutefois, "les rescapés n'ont pas beaucoup à apprendre", a souligné le président d'Ibuka France Etienne Nsanzimana, lors d'une cérémonie au memorial de la Shoah à Paris. "Ils veulent des actes forts, des mots d'excuses", a-t-il lancé, ajoutant: "Les historiens ont parlé, il faut que les politiques et les juges prennent le relais".

Une demande relayée par l'ambassadeur du Rwanda en France, François-Xavier Ngarambe, qui a exhorté "tous les pays au sein desquels des génocidaires se cachent" à les "extrader ou à les juger eux-mêmes".

Après plus de deux décennies de relations exécrables entre Paris et Kigali, empoisonnées par la question du rôle de la France, le ton était cependant à l'apaisement. M. Ngarambe a de nouveau salué le "pas important" que constitue le rapport d'historiens de la commission Duclert et cité les "efforts" de la France pour juger des génocidaires sur son sol.

Des fleurs offertes par l'association Ibuka France sont vues lors d'une cérémonie d'hommage à l'occasion du 27e anniversaire du génocide rwandais au Jardin de la Mémoire du parc public du Parc de Choisy à Paris le 7 avril 2021.
Des fleurs offertes par l'association Ibuka France sont vues lors d'une cérémonie d'hommage à l'occasion du 27e anniversaire du génocide rwandais au Jardin de la Mémoire du parc public du Parc de Choisy à Paris le 7 avril 2021.

"Vérité historique"

Des représentants de l'Etat français ont participé aux commémorations, une présence saluée comme une marque de "respect" par une responsable d'Ibuka. Le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian a assisté à une cérémonie de dépôt de gerbes dans la matinée.

Et à la cérémonie au memorial de la Shoah, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a insisté sur le rôle de la recherche et de l'enseignement afin de "lutter contre l'éternel recommencement et contre l'oubli". "Nous devons la vérité historique aux victimes, à leurs enfants, à notre humanité", a-t-il déclaré.

L'ouverture des archives sur le rôle de la France au Rwanda était attendue depuis des années et marque un pas supplémentaire dans la politique mémorielle du président Emmanuel Macron, après la remise du rapport Duclert.

Les archives de l'ancien président socialiste François Mitterrand, celles de son Premier ministre de l'époque Edouard Balladur (droite), et d'autres documents sont désormais ouverts à tous les publics, selon un décret paru mercredi au Journal officiel.

Plusieurs de ces documents, notamment des télégrammes diplomatiques et notes confidentielles, figurent dans le rapport Duclert remis le 26 mars à Emmanuel Macron. Cette somme de 1.200 pages souligne notamment la responsabilité de François Mitterrand et de son état-major particulier qui ignoraient régulièrement les diverses mises en garde sur les risques de génocide.

Au total, ce sont des milliers de documents qui vont ainsi être ouverts au public et en particulier le fonds Mitterrand, resté verrouillé pendant des décennies.

La commission avait toutefois regretté de s'être heurtée lors de son travail de plus de deux ans à des "refus de communication ou de consultations, certes rares mais notables".

D'autres ouvertures d'archives pourraient suivre à l'été, notamment des documents de l'armée qui ont été déclassifiés mais pas exploités, selon une source proche du dossier.

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