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Rwanda

Large victoire du parti de Kagame aux législatives rwandaises

Le président Paul Kagame vote pour les élections législatives en Chine, avec les expatriés rwandais, le 2 septembre 2018. (Twitter/Présidence rwandaise)

Le parti du président rwandais Paul Kagame et ceux de ses alliés devraient une nouvelle fois rafler l'ensemble des sièges de député mis en jeu lors des élections législatives de lundi, selon des résultats partiels publiés mardi par la Commission électorale.

Après dépouillement de 70% des bulletins de vote, la coalition menée par le Front patriotique rwandais (FPR) de M. Kagame obtient 75% des suffrages. Deux autres partis officiellement indépendants mais soutenant la politique du gouvernement obtiennent respectivement 8,5 et 7% des voix.

Le seul parti d'opposition autorisé à participer, le Parti démocratique vert, n'obtient que 4,5% des voix, soit moins que le minimum de 5% requis pour obtenir au moins un siège à la chambre basse.

"Nous devons encore compter 30% des voix. Tous les partis en lice ont encore une chance d'atteindre le minimum", a déclaré à la presse Kalisa Mbanda, le président de la Commission électorale rwandaise.

Des résultats provisoires complets sont attendus dans la soirée. Les résultats définitifs doivent être publiés le 16 septembre.

Près de 7 millions de Rwandais ont voté pour cette élection, lors de laquelle 53 des 80 sièges de députés étaient mis en jeu. Les 27 sièges restants sont réservés aux femmes, aux jeunes et à des handicapés physiques élus par des conseils, comités et organisations spécifiques.

Pour la coalition menée par le FPR, un score de 75% représente une très légère baisse par rapport aux législatives organisées cinq ans plus tôt, mais ne signifie pas du tout la perte de sa mainmise totale sur le Parlement, salué mondialement pour sa proportion très élevée de femmes.

Dans le Parlement sortant, les 53 sièges mis en jeu lundi étaient déjà détenus par le FPR et ses alliés, ou des partis soutenant le gouvernement, permettant à ce dernier de passer ses lois sans la moindre contestation.

En 2015, il a par exemple approuvé unanimement la tenue d'un référendum sur une réforme de la Constitution afin de permettre à Paul Kagame de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034. Le oui l'ayant emporté, M. Kagame a brigué un troisième mandat en 2017 et remporté la présidentielle avec plus de 98% des voix.

Le Parlement sortant a également approuvé cette année une loi prévoyant de lourdes peines de prison pour la publication de dessins "embarrassants pour les autorités gouvernementales".

Paul Kagame est l'homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché un génocide qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

M. Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d'expression et de réprimer toute opposition.

Avec AFP

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Un Rwandais jugé à Bruxelles pour sa participation au génocide de 1994

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Un Rwandais jugé à Bruxelles pour sa participation au génocide de 1994

L'abbé Emmanuel Rukundo est escorté par la garde des Nations unies au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, Tanzanie, 26 septembre 2001.

Le procès d'un ancien haut fonctionnaire rwandais accusé d'avoir pris part au génocide dans son pays en 1994 s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Bruxelles, en présence de proches de victimes qui attendent depuis 25 ans d'obtenir justice.

Fabien Neretsé, interpellé en France en 2011 et qui comparaît libre à ce procès où il encourt la prison à vie, est accusé de treize meurtres et de trois tentatives de meurtres au Rwanda, d'avril à juillet 1994. Il nie les faits.

Vêtu d'un imperméable clair cet homme de 71 ans est arrivé au palais de justice en début d'après-midi, marchant difficilement en s'appuyant sur une béquille, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il ne s'est pas immédiatement présenté dans le box, la première audience du procès étant consacré à la sélection des jurés. Les débats doivent démarrer jeudi.

Chose inédite en Belgique, Fabien Neretsé doit répondre de "crime de génocide", une qualification non retenue lors des quatre procès de génocidaires rwandais qui se sont tenus à Bruxelles en 2001, 2005, 2007 et 2009. Des peines allant de 10 à 30 ans de prison avaient alors été prononcées.

Cette qualification impliquant que l'accusé ait voulu s'attaquer à un groupe ethnique déterminé va être "extrêmement difficile à démontrer", a prédit un de ses avocats Me Jean-Pierre Jacques.

Un autre a dénoncé "une machination" contre ce Hutu accusé d'avoir dirigé une milice durant le génocide.

En vertu d'une loi de 1993, les tribunaux belges bénéficient de la compétence universelle pour juger les crimes de guerre, de génocide et crimes contre l'humanité, quels que soient le lieu où ils ont été commis, la nationalité et lieu de résidence des victimes et de leurs accusés.

En l'occurrence, dans ce cinquième procès en Belgique lié au génocide rwandais, une victime civile belge est recensée, dont la sœur s'est portée partie civile en 2001.

Claire Beckers était commerçante à Kigali quand elle a été assassinée dans la capitale rwandaise le 9 avril 1994 au matin avec une dizaine d'autres personnes, dont son mari, un Tutsi, et leur fille de 18 ans.

La scène se passe trois jours après l'assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana, événement qui a déclenché le génocide des tutsis au Rwanda.

Fabien Neretsé habite le quartier de la famille Bucyana-Beckers et selon l'accusation c'est lui qui fait intervenir des hommes armés pour empêcher cette famille et d'autres voisins tutsis de fuir pour se mettre à l'abri.

Outre cette dizaine de meurtres à Kigali, d'autres lui sont reprochés dans les préfectures de Gitarama et Ruhengeri (nord) où cet ingénieur agronome avait fondé une école.

Un quart de siècle après les faits, ce procès est "la fin d'un long combat", a dit à l'AFP Martine Beckers, sœur de Claire Beckers, "je ressens un épuisement mais je pense à ma famille, c'est important d'honorer la mémoire des victimes".

Le génocide au Rwanda a coûté la vie, entre avril et juillet 1994, à au moins 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsie, mais aussi parmi les Hutus modérés.

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