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Washington et Londres appellent à la prudence en Tanzanie


Des partisans du Chadema manifestent à Dar es Salaam, Tanzanie, 20 juin 2017. (Facebook/Chadema)

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont appelé leurs ressortissants en Tanzanie à faire preuve de prudence jeudi, la police ayant promis de punir sévèrement ceux qui répondront à un appel à manifester contre le gouvernement ce jour-là circulant depuis des semaines sur les réseaux sociaux.

Lancé par des activistes tanzaniens vivant à l'étranger, cet appel à manifester contre le régime du président John Magufuli, à la date anniversaire de l'Union entre la Tanzanie continentale et l'archipel de Zanzibar le 26 avril 1964, semble avoir affolé le gouvernement.

Certains commandants de police ont de la sorte affirmé que ceux qui oseront manifester en sortiront "invalides".

"La police pourrait (en cas de manifestation jeudi, ndlr) faire usage de gaz lacrymogènes et/ou de balles réelles", a prévenu mercredi le Bureau britannique des Affaires étrangères, appelant ses ressortissants se trouvant en Tanzanie à "faire attention". "Des manifestations antérieures ont entraîné des morts".

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Les autorités britanniques ont dès lors recommandé d'"éviter de s'approcher des grandes foules et des manifestations publiques", d'avoir sur soi "un moyen de communication à tout moment" et de "surveiller l'évolution à travers les médias locaux".

Mardi, l'ambassade américaine avait lancé un avertissement similaire, recommandant de faire "profil bas" et rappelant aux Américains que "les autorités tanzaniennes ont affirmé que tout manifestant subirait de graves conséquences".

Depuis le mois de mars, plusieurs personnes accusées d'inciter leurs concitoyens à manifester jeudi ont été arrêtées à travers le pays.

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Mardi, le commandement régional de la police à Arusha (nord) a annoncé sept nouvelles arrestations, visant essentiellement des étudiants accusés de propager sur les réseaux sociaux des appels à manifester à cette date.

Dans d'autres villes de province, comme à Moshi (nord) et à Morogoro (est), la police s'est livrée mardi à des démonstrations de force interprétées par les populations locales comme visant à dissuader toute velléité de manifestation.

Les représentants des partis de l'opposition et des principales organisations de la société civile se sont eux distanciés de cet appel à manifester, affirmant dans les médias qu'ils n'envisageaient pas de le suivre. Ils ont cependant rappelé que le droit de manifester pacifiquement est reconnu par la Constitution tanzanienne.

Avec AFP

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