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L'Eglise veut un référendum sur l'adoption de la nouvelle constitution au Tchad

Archevêque de N'Djamena Monseigneur Edmond Djitangar au Tchad, le 20 octobre 2017. (VOA/André Kodmadjingar)

Les évêques de la Conférence épiscopale du Tchad ont appelé à une adoption par référendum de la nouvelle Constitution plutôt que par voie parlementaire, estimant que le projet "ne reçoit pas l'adhésion de l'ensemble des citoyens".

Le changement de Constitution doit se faire "dans le respect de la Constitution (qui dit que) 'la révision de la Constitution est adoptée par référendum'", selon un communiqué. L'adoption du nouveau texte constitutionnel est prévue à l'Assemblée nationale fin avril.

Ce projet de Constitution, qui met en place un "régime présidentiel", est issu des résolutions d'un forum sur les réformes institutionnelles rassemblant les forces politiques, religieuses et sociales du pays, tenu en mars et boycotté par l'opposition.

Yves Allangomi, secrétaire général de la conférence épiscopale du Tchad au cours d'une déclaration ce jeudi à N'Djamena, Tchad, le 19 avril 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Yves Allangomi, secrétaire général de la conférence épiscopale du Tchad au cours d'une déclaration ce jeudi à N'Djamena, Tchad, le 19 avril 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

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Ce prochain passage à un "régime présidentiel intégral", pilier d'une 4e République, va renforcer les pouvoirs du président du Tchad, Idriss Déby Itno.

Les députés à l'Assemblée nationale de N'Djamena, Tchad, le 19 avril 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Les députés à l'Assemblée nationale de N'Djamena, Tchad, le 19 avril 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Mais cette adoption par voie parlementaire "risque de fausser gravement les règles du jeu démocratique", estiment les évêques, alors que l'Assemblée est composée à une forte majorité de députés propouvoir et qu'"une grande partie de la population tchadienne ignore complètement ce qui se passe".

Mardi, sept associations de la société civile tchadienne ont demandé dans une lettre ouverte aux députés de ne pas voter la nouvelle Constitution. "Nous avons demandé aux députés de s'abstenir et de ne pas voter le projet de Constitution, parce qu'ils sont illégitimes, leur mandat a pris fin en 2015", a déclaré à l'AFP jeudi Mahamat Nour Ibedou, leader d’une des associations, ajoutant que "la constitution encore en vigueur dit qu'une telle révision passe par un référendum".

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Après différents reports des élections législatives, le mandat des députés, qui s'était achevé en juin 2015 avait été prolongé par loi constitutionnelle, suscitant des critiques. Un scrutin a été annoncé pour novembre.

Lundi, les 33 députés de l'opposition - sur un Parlement composé de 170 députés - avaient annoncé avoir décidé de boycotter les travaux parlementaires sur l'adoption du texte.

>> Lire aussi : Vers un boycott de l'opposition sur la nouvelle Constitution au Tchad

M. Déby, âgé de 65 ans et au pouvoir depuis 1990, en est à son cinquième mandat, qui s'achèvera le 21 août 2021.

Selon la nouvelle Constitution - si elle est adoptée conformément aux résolutions issues du forum -, Idriss Déby pourrait se représenter en 2021 et pourrait alors théoriquement effectuer deux autres mandats de six ans, jusqu'en 2033.

Les évêques tchadiens notent enfin que "la pauvreté grandit de plus en plus (et) de graves violations des droits humains fondamentaux se généralisent" au Tchad, marqué début 2018 par une forte grogne sociale.

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Au moins 15 soldats tués dans l'attaque d'une base militaire par Boko Haram

Soldats nigérians à Damasak, Nigeria le 18 mars 2015.

Au moins 15 soldats ont été tués dans l'attaque d'une base militaire par des combattants du groupe jihadiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, en proie à une sanglante insurrection armée depuis 10 ans, a-t-on appris mardi auprès de sources sécuritaires concordantes.

Des hommes soupçonnés d'appartenir à la faction de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont pris d'assaut lundi soir une base militaire à la périphérie de la ville de Gajiram, à 80 km de la capitale régionale, Maiduguri.

"Les corps de 15 soldats ont déjà été retrouvés dans le cadre des opérations de recherche et de secours", a déclaré à l'AFP un officier de l'armée nigériane sous couvert d'anonymat. "Ce chiffre pourrait changer étant donné que les opérations (de recherches) sont toujours en cours et que de nombreux soldats manquent toujours à l'appel".

Une autre source militaire jointe au téléphone a confirmé ce bilan.

"Quinze soldats ont payé le prix suprême, leurs corps ont été retrouvés et la recherche d'autres soldats portés disparus continue", a précisé cette source.

Les jihadistes ont emporté des armes et des véhicules après avoir mis en déroute l'armée et incendié la base, causant d'importants dégâts, selon les deux sources militaires.

Arrivés à bord de neuf pick-up, "ils ont délogé les soldats de la base après des combats", avait confié plus tôt à l'AFP une autre source sécuritaire sous couvert d'anonymat.

Selon des témoignages d'habitants, les jihadistes sont ensuite entrés dans la ville de Gajiram, où ils ont pillé des magasins et tiré des coups de feu en l'air, obligeant les habitants à se réfugier dans leurs maisons ou à fuir en brousse.

"Les hommes armés ont pénétré dans la ville vers 18h00 (17h00 GMT) après avoir vaincu les soldats de la base", a déclaré Mele Butari, un habitant de Gajiram.

"Ils sont restés près de cinq heures. Ils sont entrés par effraction dans les magasins et ont pillé les stocks de nourriture", a ajouté M. Butari. "Ils n'ont blessé personne et n'ont fait aucune tentative pour attaquer les gens qui s'étaient réfugiés dans la brousse ou chez eux".

Des habitants ont vu mardi matin des soldats revenir vers la ville depuis la brousse environnante, probablement après avoir fui durant l'attaque.

- Trois bases en un mois -

L'insurrection lancée par Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria et sa répression par l'armée ont fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Elle a aujourd’hui gagné le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins.

Gajiram et la base militaire attenante ont été attaquées à plusieurs reprises par les jihadistes.

Des dizaines de bases militaires ont été attaquées depuis un an par la faction affiliée au groupe Etat islamique, qui cible principalement l'armée et les symboles de l'Etat.

Depuis début juin, c'est au moins la troisième attaque contre une base recensée par l'AFP dans le nord-est du pays.

La semaine dernière, l'Iswap a revendiqué l'attaque de la base militaire de Kareto, également située dans l'Etat du Borno, affirmant avoir tué 20 soldats. Des sources sécuritaires avaient fait état de "plusieurs morts" à l'AFP, sans donner de bilan précis.

Et le 4 juin, la même faction avait revendiqué une série d'attaques contre cinq bases militaires de la région, parlant de 14 soldats tués. Ces allégations n'ont pu être vérifiées de manière indépendante, mais une source militaire a cependant confirmé que cinq soldats avaient été tués dans la base de la ville de Marte (Etat du Borno).

Par ailleurs, au moins 30 personnes ont été tuées et 40 blessées à Konduga (nord-est) dimanche dans un triple attentat-suicide attribué cette fois à la faction loyale au leader historique de Boko Haram, Abubakar Shekau.

Il s'agissait de l'une des attaques les plus meurtrières de ce groupe jihadiste contre des civils depuis des mois dans cette région.

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38 morts et de nombreux blessés" dans une attaque contre deux villages

Quelques personnes regardent au loin le lieu d’une attaque-kamikaze dans la région de Gao, dans le centre-nord du Mali, 1er juillet 2018. (VOA/ Sidi Elhabib Maiga)

Une nouvelle tuerie dans le centre du Mali a fait "38 morts et de nombreux blessés", a indiqué mardi soir le gouvernement malien, selon un bilan encore provisoire.

Dans le même temps, une embuscade contre une patrouille de l'armée plus au nord a occasionné des "pertes humaines et matérielles", selon les Forces armées maliennes.

Des bilans antérieurs avaient évoqué entre une vingtaine et une quarantaine de morts lors de cette attaque survenue lundi dans deux villages dogons de cette région du centre du pays, où un massacre commis dans village dogon proche de Bandiagara le 9 juin avait fait 35 morts, dont 24 enfants.

"Des attaques terroristes ont visé hier lundi 17 juin 2019, dans la soirée, les localités de Gangafani et Yoro dans le cercle de Koro, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Le bilan provisoire officiel est de 38 morts et de nombreux blessés", précise le gouvernement dans un communiqué publié dans la soirée.

"Des forces de défense et de sécurité a été dépêché sur les lieux pour sécuriser les populations et leurs biens et traquer les auteurs de ces attaques", selon le texte.

"Une patrouille des FAMa (Forces armées maliennes) est tombée dans une embuscade des terroristes à Banguimalam, au sud-ouest de Gossi (nord). Des renforts ont été dépêchés pour secourir les éléments victimes d'attaque terroriste et sécuriser la zone", ajoute le communiqué du gouvernement.

"Les #FAMa sont tombées dans une embuscade dans la journée du mardi 18 juin 2019. C'était dans la localité de #Gossi. Au cours de cet accrochage, les FAMa ont enregistré des pertes humaines et matérielles", ont confirmé sur Twitter les Forces armées maliennes.

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