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Le Saint-Sépulcre à Jérusalem fermé en protestation contre des mesures fiscales

Une femme touche le mur des Lamentations, à Jérusalem, le 21 juin 2009.

Des responsables chrétiens ont pris dimanche la rare décision de fermer l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, site du tombeau du Christ selon la tradition, pour protester contre des mesures fiscales israéliennes.

La fermeture de l'église, annoncée par ces responsables religieux sur le parvis de l'édifice lors d'une conférence de presse, a débuté aux environ de midi (10 heures GMT). Sa durée n'a pas été clairement établie dans l'immédiat, des ecclésiastiques se contentant d'affirmer qu'elle intervenait jusqu'à nouvel ordre.

Les autorités israéliennes veulent faire payer des impôts sur certaines propriétés des Eglises considérées comme "commerciales".

"En signe de protestation, nous avons décidé de prendre cette mesure sans précédent de fermer l'église du Saint-Sépulcre", ont annoncé devant le site des responsables grecs orthodoxes, apostoliques arméniens et catholiques avant d'en fermer les lourdes portes en bois.

Selon eux, de telles mesures israéliennes s'apparentent à "une tentative d'affaiblir la présence chrétienne à Jérusalem".

"Si (le projet) est approuvé, il rendrait possible l'expropriation des terres des Eglises", affirme un communiqué. "Cela nous rappelle toutes les lois de même nature qui ont été appliquées aux Juifs durant les heures sombres de l'Europe".

Une commission ministérielle israélienne devait examiner le projet dimanche, mais sa décision a été reportée d'une semaine.

Considéré comme le site le plus saint de la chrétienté, le Saint-Sépulcre est construit à l'endroit où Jésus à été crucifié et mis au tombeau, selon la tradition. Des centaines de milliers de personnes s'y rendent chaque année en pèlerinage.

L'église est située dans la Vieille ville à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville sainte qu'Israël occupe depuis 50 ans et dont l'annexion est considérée comme illégale par la communauté internationale.

'Très décevant'

Dimanche, des touristes confus ont trouvé les portes de l'église closes et des guides touristiques tentaient d'expliquer pourquoi ils ne pouvaient pas entrer. Un pèlerin s'est agenouillé et a prié tandis que des barrières étaient installées autour de l'entrée.

"C'est très décevant", a regretté Elona, une touriste russe âgée d'une vingtaine d'années qui avait prévu de visiter le lieu saint.

"C'est l'une des principales attractions religieuses, et c'était très important pour nous de la visiter car c'est notre première fois ici", a-t-elle confié.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a fait savoir dans un communiqué que la ville comptait récupérer des arriérés d'impôts d'un montant de 650 millions de shekels (152 millions d'euros) sur certaines propriétés des églises.

Il a souligné que le Saint-Sépulcre et toutes les autres églises étaient exemptées des taxes et le resteraient, cette mesure ne touchant que les établissements tels que les "hôtels, salles de réunion et commerces" appartenant aux Eglises.

Les responsables chrétiens estiment que ce projet de loi compromet leur travail quotidien, qui inclut non seulement des services religieux mais aussi sociaux envers les plus démunis.

Par ailleurs, un projet de loi distinct vise à apaiser les craintes des Israéliens vivant dans des maisons bâties sur des terres précédemment détenues par l'Eglise orthodoxe grecque et qui ont été vendues à des promoteurs privés.

Les ventes récentes de terres par l'Eglise orthodoxe grecque ont provoqué la colère des Palestiniens qui redoutent qu'elles servent à la construction de logements destinés à des Israéliens à Jérusalem-Est, tandis que les résidents israéliens craignent d'être expulsés par les nouveaux propriétaires pour permettre le lancement de projets immobiliers.

Selon les médias israéliens, le ministère des Affaires étrangères a critiqué la décision du maire de Jérusalem sur la taxation des églises, des responsables estimant que cette décision compromettait un statu quo de plusieurs décennies.

La fermeture du Saint-Sépulcre, géré par les Eglises grecque orthodoxe, apostolique arménienne et catholique, est rare.

En 1990, il avait été fermé avec d'autres sites chrétiens pour protester contre l'installation de colons près de cette église. Neuf ans plus tard, les sites chrétiens avaient été de nouveau fermés pour protester contre la construction d'une mosquée à proximité de la basilique de l'Annonciation à Nazareth.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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