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Roger Stone fixé sur sa peine après l'intervention de son "ami" Trump

Roger Stone, ancien conseiller de la campagne du président américain Donald Trump, le 15 novembre 2019.

L'ancien conseiller de Donald Trump, Roger Stone, sera fixé jeudi sur sa peine dans un dossier parasité par les interventions du président américain et de son ministre de la Justice qui suscitent des remous à Washington.

Le consultant politique de 67 ans, qui se présente comme un "vieil ami" du président républicain, a été reconnu coupable en novembre d'avoir menti au Congrès dans le cadre de la tentaculaire enquête sur les ingérences russes dans la présidentielle de 2016.

Il y a dix jours, les quatre procureurs ayant instruit son dossier avaient recommandé une peine comprise entre 7 et 9 ans de prison. Donald Trump s'était alors emparé de son arme de prédilection - Twitter - pour dénoncer une "erreur judiciaire".

Le lendemain, le ministère de la Justice avait à son tour jugé la recommandation "excessive" et suggéré une sentence comprise entre 3 et 4 ans de détention. Désavoués par leur hiérarchie, les quatre procureurs fédéraux s'étaient retirés de l'affaire.

La réaction du président n'avait pas tardé, toujours sur son réseau social préféré: "Félicitations au ministre de la Justice Bill Barr pour avoir pris en charge un dossier totalement hors de contrôle !"

L'Attorney général des Etats-Unis a eu beau assuré que les commentaires présidentiels n'avaient eu aucun impact sur la décision de ses services, il s'est retrouvé sous le feu des critiques.

Outre l'opposition démocrate, plus de 2.200 anciens fonctionnaires du ministère de la Justice l'ont appelé à démissionner, l'accusant dans une lettre ouverte d'avoir accordé un "traitement de faveur" à Roger Stone et d'être "aux ordres du président".

- "Impossible" -

Sur la défensive, Bill Barr a martelé que Donald Trump, dont il est l'un des plus solides défenseurs, ne lui avait pas demandé d'intervenir.

Dans une rare note dissonante, il a toutefois demandé au milliardaire new-yorkais d'éviter de tweeter sur les dossiers judiciaires, estimant que cela rendait son travail "impossible".

Peine perdue, la Maison Blanche assure que le président a le droit "de commenter des affaires criminelles" et que cela ne relève pas de "l'ingérence".

Et Donald Trump est reparti à la charge, en retweetant de nombreux commentaires portant sur les démêlés d'autres de ses proches avec la justice ou sur l'origine de l'enquête russe.

Mardi, le ministre a, selon des sources anonymes citées par de nombreux médias américains, fait savoir à l'entourage du président qu'il pourrait quitter son poste si ces tweets devaient continuer.

La porte-parole du ministère a toutefois balayé des "rumeurs" infondées. "Le ministre n'a aucunement l'intention de démissionner", a précisé Kerri Kupec.

- "Coups fourrés" -

Malgré la mise en garde de son ministre, Donald Trump a continué cette semaine d'apporter son soutien à Roger Stone, qui réclame un nouveau procès.

Cet expert autoproclamé des "coups fourrés" a été reconnu coupable d'avoir exercé des pressions sur des témoins et menti au Congrès sur ses contacts avec l'organisation WikiLeaks, au sujet d'e-mails démocrates piratés lors de la campagne présidentielle de 2016.

Clamant son innocence, il soutient que des membres du jury étaient "partiaux" et a introduit un recours pour annuler leur verdict.

La juge fédérale Amy Jackson a refusé de reporter le prononcé de la peine, prévue jeudi à 10H00 (15H00 GMT) comme il le demandait. Mais elle a fait savoir que la sentence resterait suspendue en attendant une décision sur cette nouvelle requête.

La magistrate s'est déjà opposée à Roger Stone, lui interdisant de commenter son dossier publiquement après qu'il eut posté sur Instagram une photo d'elle accompagnée d'un viseur.

Si le consultant, connu pour son style flamboyant, écopait d'une lourde peine de prison, il pourrait peut-être compter sur une grâce présidentielle.

Donald Trump a commué mardi la peine d'une petite dizaine de personnes. Roger Stone pourrait-il faire partie de la prochaine liste? "Je n'y ai pas réfléchi", a-t-il dit, avant d'ajouter: "je pense qu'il a été traité de manière très injuste..."

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Affaire George Floyd: l'État du Minnesota aggrave les chefs d'accusation contre le principal accusé

Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, lors d'une conférence de presse à St Paul (Minnesota) sur l'enquête relative à la mort de George Floyd. (Photo: AP)

Le procureur général de l'État du Minnesota, Keith Ellison, a augmenté mercredi les charges pénales contre l'ancien policier de Minneapolis accusé d’avoir causé la mort de George Floyd.

Ainsi Derek Chauvin, l’ex-policier en question, est désormais accusé de meurtre au second degré ; par ailleurs, les trois autres policiers présents sur les lieux — Tou Thao, J. Alexander Kueng and Thomas Lane — ont été inculpés de complicité de meurtre.

La nouvelle a été révélée lors d'une conférence de presse durant laquelle M. Ellison, qui est lui-même Afro-Américain, a expliqué son raisonnement.

"Nous croyons fermement que ces développements sont dans l'intérêt de la justice pour M. Floyd, sa famille, cette communauté et notre État", a-t-il déclaré. "George Floyd est important. Il était aimé, c’était un être cher pour sa famille et sa vie avait de la valeur", a ajouté M. Ellison.

Ces charges supplémentaires sont autorisées par la jurisprudence américaine car, pour tout crime présumé, plusieurs autorités peuvent se déclarer compétentes.

À l'origine, M. Chauvin n'avait été inculpé que par le procureur du comté. Désormais, le procureur général de l'État, qui est élu séparément du gouverneur, a ajouté ses propres chefs d’accusations. Une enquête fédérale est également en cours, bien qu'elle ne porte que sur les éventuelles violations des droits civils.

Selon Pioneer Press, le procureur général démocrate a pris l'affaire en main il y a seulement deux jours, à la demande du gouverneur Tim Walz, qui est aussi du parti démocrate.

M. Ellison, 56 ans, est un avocat de formation. Il a pris le poste de procureur général du Minnesota en 2019 après avoir servi pendant 12 ans comme membre élu du Congrès fédéral. Homme pieux qui souscrit à la foi musulmane, M. Ellison a également occupé les fonctions de vice-président du parti démocrate de 2017 à 2018.

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Mort de Georges Floyd: l'auto-critique de l'ambassadeur américain en RDC

Mike Hammer, ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, RDC, le 24 décembre 2018. (Facebook/Henri Mova)

"Le racisme est inacceptable, nous devons faire mieux" a écrit mercredi l'ambassadeur des États-Unis en République démocratique du Congo, Mike Hammer, dans une longue déclaration sur la mort de George Floyd où il cite Martin Luther King.

"Le système a échoué à protéger un de nos citoyens comme il l'a trop souvent fait à l'égard de tant d'Afro-Américains", ajoute l'ambassadeur dans sa déclaration sur son compte Twitter, reprise sur le compte de l'ambassade américaine.

"Je partage votre peine, je partage votre colère, je partage votre indignation concernant cette mort et je partage votre désir de justice", ajoute-t-il aux nombreux Congolais choqués qui l'ont interpellé sur les réseaux sociaux.

"Une injustice où qu'elle soit menace la justice partout", poursuit-t-il, affirmant citer le leader des droits civiques Martin Luther King, assassiné en 1968.

"Quand nous, en tant qu'Américains, dévions des idéaux de liberté et d'égalité qui ont fondé notre nation, nous devons nous engager (...) à identifier nos failles, à corriger notre trajectoire", ajoute le représentant de Donald Trump, qui plaide régulièrement pour la lutte contre l'impunité et la corruption en RDC.

"Alors que nous nous efforçons de parfaire notre démocratie américaine et d'atteindre nos idéaux, nous continuerons de rechercher le même engagement de la part de nos amis et de nos partenaires dans le monde entier", conclut ce fervent soutien des réformes amorcées par le nouveau président congolais Félix Tshisekedi.

George Floyd, un homme noir de 46 ans, est décédé le 25 mai à Minneapolis (États-Unis) en répétant "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), gisant par terre, menotté et avec le cou sous le genou d'un policier dont les collègues sont restés passifs. Les autopsies ont confirmé que la mort était due à la pression au niveau de son cou.

Depuis lors, un mouvement de colère contre le racisme et les brutalités policières s'est propagé à travers les États-Unis et le monde.

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