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Retrait du droit de grève par la Cour Constitutionnelle au Bénin


La Cour constitutionnelle de Cotonou, au Bénin, le 7 février 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

La nouvelle Cour constitutionnelle du Bénin a jugé conforme à la Constitution la loi supprimant le droit de grève pour les travailleurs des secteurs de la sécurité, de la défense, de la justice et de la santé, dans une décision rendue jeudi soir.

Ce revirement met fin à un bras de fer de plusieurs mois entre l'exécutif et la juridiction suprême béninoise, qui avait jugé cette loi votée par le Parlement non conforme à la Constitution en janvier dernier.


"Les fonctionnaires, les forces de sécurité publique et assimilés sont tenus d'assurer leur mission en toutes circonstances et ne peuvent exercer le droit de grève", précise la Cour dans un compte-rendu écrit de sa décision.

"Les fonctions de défense, de sécurité, de justice et de santé des personnes dévolues à l'Etat ne sauraient souffrir dans leur exercice d'aucune interruption", a indiqué la juridiction dans sa décision, au nom de "l'intérêt général" et de la "protection des citoyens".

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"C'est un coup de massue", a confié à l'AFP vendredi matin un responsable confédéral syndical, encore sous "le choc avec cette décision de la Cour de Djogbénou".

Début juin, un proche du président Patrice Talon, Joseph Djogbénou, a été élu à la tête de la Cour constitutionnelle au cours d'une élection tenue à huis clos. Il est l'ancien avocat personnel du chef de l'Etat et l'ancien Garde des Sceaux du petit pays d'Afrique de l'Ouest, historiquement reconnu pour être un bastion de stabilité démocratique dans la région.

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Jusqu'à l'arrivée de M. Djogbénou à la tête de la Cour constitutionnelle, l'institution entretenait des rapports tendus avec le président Talon, condamnant plus d'une fois le gouvernement pour "non-respect" ou "méconnaissance de la Constitution".

C'est un "revirement jurisprudentiel inquiétant", a commenté un juriste béninois, Albert Medagbé, joint au téléphone par l'AFP.

Le Bénin a connu une série de mouvements sociaux, notamment pendant l'année 2017 dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de la justice, pour protester contre la politique économique libérale du président Talon.

Avec AFP

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