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Lancer sa propre entreprise pour éviter la crise de l'emploi au Bénin

Service express de lavage de voiture, à Cotonou, Benin, le 1er juin 2018. (VOA/Ginette Adandé Fleure)

Au Bénin, face au chômage et le sous-emploi qui ne cessent de croître, beaucoup de jeunes se lancent dans l'entrepreneuriat. Beaucoup réussissent pendant que d'autres hésitent encore.

Les jeunes représentent 60% de la population béninoise, une frange qui subit de pleins fouets le chômage et le sous-emploi.

Le nombre de jeunes chômeurs est de plus en plus élevé avec pour corollaire la monté de l’insécurité dans les grandes villes, notamment à Cotonou.

Reportage de Ginette Fleure Adandé, correspondant à Cotonou pour VOA Afrique
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Selon les estimations de l'Agence nationale pour la promotion de l'emploi, "sur le marché de l’emploi, on dénombre plus de 2 750 000 jeunes au chômage".

Et le nombre de dossiers de candidatures aux derniers concours d’entrée dans la fonction publique est évocateur: environ 7 000 candidats pour 25 postes à pourvoir. Certains jeunes comprennent déjà l'importance de sortir de l'université avec un plan de secours.

"Il faut se créer son propre emploi. Il ne faut pas attendre l'Etat qui ne réagira pas de si tôt", témoigne un étudiant, ajoutant que "pour ne pas tomber dans le chômage, il faut forcément un plan de secours, même si c'est une activité dérisoire, pourvu que cela vous aide en quelque chose."

Fermes aquacoles dans lesquelles s'investissent beaucoup de jeunes pour contrer le chômage au Bénin, le 1er juin 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)
Fermes aquacoles dans lesquelles s'investissent beaucoup de jeunes pour contrer le chômage au Bénin, le 1er juin 2018. (VOA/Ginette Fleure Adandé)

De plus en plus de jeunes tentent de lancer leur propre entreprise, surtout depuis que l'ambassade des États-Unis au Bénin s'évertue à les former les à se prendre en charge autrement.

Jean Philippe Houssou, après ses études à New-York et Boston, est revenu au Bénin créer un système de lavage express de voitures.

"Très tôt dans le système américain, spécialement à New-York, j'ai été rodé dans un rythme de travail très intensif", confie-t-il à VOA Afrique.

"Aujourd'hui, rentré en Afrique, j'ai surtout pensé à la création de valeur ajoutée et prouver que nous, Africains, nous sommes capables de faire des choses", souligne-t-il, avant de poursuivre: "Nous pouvons faire rêver la population africaine. Il y a une prise de conscience des jeunes sur la question du chômage. Nous avons nos problèmes mais nous sommes aussi la solution."

>> Lire aussi : En Afrique, un bouillonnement de start-up qui commence à attirer les investisseurs

Leur devise: partir de rien et n'avoir que la soif de réussir à donner du travail à d'autres jeunes.

Mabelle Adekambi est l'une de ses Béninoises qui a su s'imposer dans le monde de l'entrepreunariat. Elle est la promotrice d'une marque de liqueurs qui s'arrachent aujourd'hui sur le marché: The King of Soto. C'est le choix qui s'est imposé à elle après ses études en France.

"Quand on arrive au Bénin on se rend compte que tout est à faire, c'est ainsi que je me suis lancée dans l'entrepreunariat. Le bouche à oreille a tellement bien fonctionné que je suis surprise qu'un produit à la base fait pour être dégusté à la maison entre amis se transforme en une entreprise où on arrive à payer des salaires", s'enthousiasme-t-elle.

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Malheureusement tout le monde ne réussit pas à s'imposer sur le marché de l'entrepreunariat.

Certains s'y piquent en s'y frottant. Pour Eric Wadagni, coach en développement personnel, le manque de stratégies est l'une des causes.

Pour lui qui reste un pur produit du système américain, on peut créer son entreprise avec rien d'autre que de la bonne stratégie.

"La première des choses, il faut définir la vision. Qu'est-ce que je veux, qu'est ce que je prévois d'être? La deuxième chose, il faut l'attitude et le comportement de celui qui veut aller vers l'objectif défini. L'argent est une énergie contagieuse et nos actes sont les conséquences de nos actions", conseille-t-il.

Même avec une bonne stratégie, d'autres hésitent à faire le saut dans l'inconnu sans un minimum de capital.

Roberts Nougbologni, l'un des jeunes pisciculteurs les plus en vue au Bénin, le 1er juin 2018. (VOA/Ginette Adandé Fleure)
Roberts Nougbologni, l'un des jeunes pisciculteurs les plus en vue au Bénin, le 1er juin 2018. (VOA/Ginette Adandé Fleure)

Pour Roberts Nougbologni, qui inscrit depuis peu son nom dans le livre des jeunes pisciculteurs les plus en vue au Bénin, il s'agit de partir de peu de moyens pour réaliser de grandes choses.

"Il ne faut pas de grands moyens pour faire de grandes choses. Il suffit forcément que vous ayez une idée claire de votre destination et à petits coups passez dans une logique de réinvestissement et allez beaucoup plus loin", explique-t-il.

L'Etat est conscient du poids de l'entrepreunariat dans la réduction du chômage au Bénin et s'implique avec le concours de l'ambassade des États-Unis au Bénin dans le financement des jeunes à travers divers programmes.

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Appel au boycott après la demande d'évaluation des enseignants contractuels

Marche des enseignants pour dénoncer l'organisation d'une évaluation, janvier 2019 à Cotonou. (VOA/Ginette Fleure Adande)

Les enseignants du Bénin se disent mécontents à cause d'une évaluation initiée par le gouvernement en vue de régler les maux qui minent le système éducatif. Plusieurs centrales syndicales appellent au boycott de cette évaluation prévue pour le 24 août.

Les différents diagnostics des sous-secteurs de l’enseignement primaire et secondaire général ont révélé, sur les dix dernières années, un faible niveau de performance des élèves.

Les enseignants béninois mécontents
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La qualité de l’enseignement dispensé et le manque d’enseignants qualifiés seraient, entre autres, les causes de cette situation du système éducatif. C’est donc pour corriger ces imperfections et redorer le blason du système éducatif que le gouvernement de Patrice Talon a décidé d’organiser une évaluation.

Ils sont plus de 10.000 enseignants contractuels appelés à passer un examen en vue de maintenir leur place au sein de la fonction enseignante. Ils accueillent la nouvelle avec beaucoup de colère.

Pour Marc Aliou, le gouvernement cherche à humilier les enseignants. "Le système éducatif dans son état actuel n'est pas la faute de l'enseignant", affirme-t-il.

"Cela ne respecte aucun texte de la République. Nous avons des types d'évaluation qui sont connus. On les laisse de côté et on nous dit de venir nous asseoir pour composer."

Première évaluation des enseignants, janvier 2019 à Cotonou. ( VOA/Ginette Fleure Adande)
Première évaluation des enseignants, janvier 2019 à Cotonou. ( VOA/Ginette Fleure Adande)

L'évaluation consistera en une composition dans les disciplines enseignées.

Félicité Tohon, enseignante depuis plus de dix ans, pense que si le niveau des enseignants est à plaindre, l'État doit se faire des reproches et y remédier sans passer par l'évaluation.

"J'ai eu mon CAPES depuis 2008 et ce n'est pas reconnu. Vous pensez que je serai aussi motivée pour travailler dans ces conditions? Je suis au même salaire depuis dix ans", confie-t-elle.

A travers trois ministres, le gouvernement a assuré, le 15 août dernier, qu'aucun enseignant ne sera laissé sur le carreau après l’évaluation. Cependant, les syndicalistes exigent un document écrit pour se prémunir contre un marché de dupe.

Assemblée générale des enseignants pour décider de la conduite à tenir, le 23 juillet 2019 à Cotonou. ( VOA/Ginette Fleure Adande)
Assemblée générale des enseignants pour décider de la conduite à tenir, le 23 juillet 2019 à Cotonou. ( VOA/Ginette Fleure Adande)

Didier Quenum, syndicaliste, est lui aussi entré dans la fonction il y a dix ans. Il est très remonté contre la décision du gouvernement d'évaluer les enseignants. Il trouve que c'est de "l'ingratitude de la part du gouvernement de chercher à se défaire des enseignants qui ont sacrifié de leur temps pour redorer le blason du système éducatif".

"Au moment où le système éducatif était à terre dans ce pays, les gouvernants n'ont pas pensé à lever le petit doigt. Et ce sont les communautaires et les contractuels locaux qui gardaient le système. Ceux qui étaient recrutés depuis 1986 étaient usés, fatigués. Et ce sont les jeunes depuis 2008 qui ont insufflé le dynamisme. Aujourd'hui, pour les remercier, on voudrait les bouter hors du métier. Nous ne céderons pas à cette pression".

Tous les moyens sont utilisés par le gouvernement pour convaincre les enseignants. Les trois ministres du secteur de l'enseignement sont, depuis quelques semaines, sur le terrain en vue de sensibiliser les enseignants sur la nécessité de cette évaluation diagnostique.

Pour Salimane Karimou, ministre de l'enseignement primaire, l'intention du gouvernement reste et demeure la redynamisation du système éducatif et rien d'autre. "Le gouvernement n'est pas là pour supprimer des emplois, mais pour les créer", a-t-elle déclaré..

"Le gouvernement n'a jamais manqué de dire que l'objectif de cette évaluation est le renforcement des capacités des enseignants. Cette évaluation ne saurait et ne va déboucher sur la perte d'emploi de qui que ce soit. Le rôle de l'État c'est de préserver les emplois qui existent. Ce n'est pas de les supprimer. Si c'était une question de licenciement, de radiation, pour des contractuels, l'État n'aurait pas besoin d'une évaluation", a souligné Salimane Karimou.

Tout le corps enseignant ne crache pas sur cette évaluation diagnostique. Certains accompagnent cette réforme et pensent que les enseignants ne devraient pas la boycotter.

C'est le cas de Franck Ahossi, qui pense aller composer le 24 août car, pour lui, "l'évaluation pourrait profiter aux enseignants".

"Puisque c'est une évaluation, cela nous permet de nous juger, de voir un peu nos aptitudes. Si ce n'est pas à caractère punitive, et si ce n'est que pour évaluer, pour voir la performance des enseignants, ça nous profitera beaucoup", explique-t-il.

Les enseignants tenant un tel discours sont mal vus par leurs pairs qui les soupçonnent, ainsi que certains syndicalistes, de pactiser avec le gouvernement pour la dégradation de la fonction enseignante au Bénin. "Nous ne céderons pas à cette pression", promet Fred Kpoviessi.

"Certains qui se disent représentants des travailleurs ont osé, de connivence avec les ministres, descendre sur le terrain pour intimider afin de mettre en œuvre leur plan machiavélique, et par conséquent, on a compris finalement qu'on n'a plus de dignes représentants", se plaint M. Kpoviessi.

Les enseignants qui ne se présenteront pas à l'évaluation seront simplement considérés comme démissionnaires et retirés de la Fonction publique. Le gouvernement a averti qu'il n'entend pas marchander.

Les enseignants béninois mécontents

Les enseignants béninois mécontents
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Lancement de la fête de l’igname

Lancement de la fête de l’igname
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#GirlsGetEqual, une campagne digitale pour protéger les filles

L'ensemble des participants au lancement de la campagne digitale "Girls get equal", le 17 juin 2019 à Cotonou, Bénin. (VOA/Ginette Fleure Adande)

"Girls get equal" est le nom de la campagne en ligne lancée au Bénin le 17 juin et qui a débuté le 1er juillet pour une durée de six mois. Il s'agit de mettre fin aux inégalités entre filles et garçons et de promouvoir un changement de comportement pour le respect des droits des filles.

Six mois de campagne digitale pour l’égalité des filles est le nouvel engagement du Réseau ouest africain des jeunes femmes leaders (Roajelf) qui participe aux côtés de Plan International Bénin au mouvement mondial "Girls Get Equal".

Campagne contre les mariages précoces et forcés
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Il s’agit d’une action pour le changement des comportements dans les communautés encore assises sur de nombreux stéréotypes présentant la femme comme inférieure.

Cette campagne a notamment pour objectif de sensibiliser les populations sur les actes et autres propos dégradants qui favorisent les inégalités entre filles et garçons.

Pour la présidente du Roajelf, cette campagne était plus que nécessaire quand on sait que les inégalités commencent dès le bas âge. Marielle Degboé a surtout insisté sur les facteurs socioculturels, qui sont de véritables obstacles à la réussite totale des actions menées par l'organisation.

"Nous ne sommes pas forcément différents et nous sommes tous humains", souligne-t-elle. "Lorsqu'on arrive à porter ce regard sur la jeune fille que nous sommes ou les jeunes filles avec qui nous travaillons, on n'a pas besoin de faire remarquer que l'inégalité soit flagrante même si les traditions culturelles ne nous favorisent pas toujours".

Lancement de la campagne digitale "Girls get equal", 17 juin 2019 à Cotonou, Bénin. (VOA/Ginette Fleure Adande)
Lancement de la campagne digitale "Girls get equal", 17 juin 2019 à Cotonou, Bénin. (VOA/Ginette Fleure Adande)

​Les six mois de campagne digitale permettront au Roajelf d’engager toutes les couches sociales, à commencer par les jeunes, à travers les différentes plateformes les plus utilisées.

Les thématiques d’engagement iront des violences à l’école aux grossesses non désirées en passant par le mariage précoce, la déscolarisation, la traite des personnes, les abus sexuels sur mineurs, la question des menstruations et l’épanouissement et le bien être des filles.

Selon Plan International Bénin, cette campagne est une opportunité à saisir pour que la chance de se faire valoir soit donnée aux filles .

Paul Karl Frederick, représentant résidant de Plan International Bénin, soutient qu'il est temps "de donner une nouvelle opportunité et surtout d'établir de nouvelles règles, créer une terre nouvelle qui permet la participation des filles au Bénin, à la Cédéao, dans mon pays en Haïti ou encore dans d'autres parties du monde".

Première affiche de la campagne, 17 juin 2019 à Cotonou, Bénin. (VOA/Ginette Fleure Adande)
Première affiche de la campagne, 17 juin 2019 à Cotonou, Bénin. (VOA/Ginette Fleure Adande)

​Depuis sa création il y a dix ans, le Roajelf s'est donné pour objectif de contribuer à l'épanouissement de la femme au sein de la société. Cette campagne digitale s'inscrit dans cette logique.

"La campagne digitale 'Girls get equal' vient à point nommé pour situer la jeune fille de par son développement", souligne Tamia Koko, représentants du Roajelf en Côte d'Ivoire.

"Ensemble, nous allons réfléchir sur les différentes thématiques qu'on voudrait aborder dans le cadre de cette campagne", précise Irmine Ayihounton, représentante du Roajelf au Bénin, ajoutant espérer qu'elle permettra "réellement d'améliorer les conditions de la jeune fille dans l'espace Cédéao".

Les réalités socio-culturelles ne facilitent pas le combat et les critiques se font aussi sur certaines stratégies adoptées par les associations de défense des droits des filles et des femmes.

Le sociologue Moulero Amouzouvi estime que "dans cette lutte qui est un processus de longue haleine, le problème n'est pas de dire 50%, égalité, parité. Responsabiliser la femme aujourd'hui est le seul moyen pour elle de s'imposer à l'homme".

Plusieurs hashtags sont créés pour booster la campagne qui vise à dénoncer toute forme de sexisme et à plaider pour l’égalité des filles, comme notamment #GirlsGetEqual, #Notdifferent ou encore #Roajelf4GirlsRights.

Plan International Bénin et le Roajelf disent espérer que cette campagne digitale "Girls get equal" parviendra à repousser les inégalités dont sont victimes les filles.

De nombreux observateurs locaux et cc dénoncent régulièrement ce qu'ils appellent le tournant autoritaire du président Patrice T

Lionel Zinsou écarté pour 5 ans
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