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Reprise du dialogue mercredi en RDC dans un climat de tension


L’abbé Donatien Nshole, secrétaire général adjoint de la Cenco (Conférence nationale épiscopale du Congo), au centre, lors d’un point de presse à Kinshasa, le 2 décembre 2016. (VOA/Top Congo FM)

Les discussions directes entre les signataires de l’accord d’octobre dernier et l’opposition qui l’avait boycotté reprennent malgré les violences meurtrières de la veille. C'est ce qu' annoncent les évêques catholiques sur VOA Afrique. Ils assurent la médiation de ces assises.

"La publication d’un gouvernement ne change rien. Les travaux reprennent demain et nous devons faire vite", a affirmé mardi à VOA Afrique l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général adjoint de la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco).

Les travaux ont été suspendus samedi dernier pour permettre aux évêques de se rendre au Vatican pour y discuter avec le pape.

De profondes divergences persistaient entre les composantes aux discussions directes, principalement sur le rôle du président Joseph Kabila et les limites de ses pouvoirs après la fin de son mandat constitutionnel, mais aussi sur la date des prochaines élections.

Entre-temps, le président Kabila a publié lundi, peu avant la fin constitutionnelle de son mandat, un gouvernement, sur base de l’accord obtenu à la fin du dialogue de septembre et octobre derniers qu’une bonne partie de l’opposition avait boycotté.

"Le dialogue a encore son objet. Les évêques savaient que ce gouvernement devait être publié. Le président Kabila avait indiqué que le pays devait fonctionner, mais il est resté ouvert aux conclusions qui devraient sortir des négociations directes que les évêques encadrent. Quitte à effectuer toute modification nécessaire du gouvernement après", a expliqué l’abbé Nshole.

Des manifestations réprimées par la police ont eu lieu mardi à travers le pays après la publication du nouveau gouvernement, avec un bilan d’une vingtaine de morts.

L’opposition, dont le leader a lancé un mot d’ordre de désobéissance pacifique après la publication du gouvernement et la fin du mandat de M. Kabila, se dit malgré tout prête à prendre part aux travaux qui reprennent mercredi.

"Nouveau gouvernement ou pas, nous serons au dialogue. Nous ne sommes pas allés au dialogue pour un gouvernement. Nous devons régler le problème de la légalité et de la légitimité des institutions et organiser des élections pas plus tard que l’année prochaine", a déclaré Lisanga Bonganga, membre du Rassemblement, principale plate-forme de l’opposition constituée autour de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

Le président Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001. L'élection de son successeur n’a pas eu lieu. La Cour constitutionnelle a indiqué qu’il restera en place jusqu’à l’élection du nouveau président, mais l’opposition et le pouvoir ne sont pas encore parvenus à s’entendre sur une date.

Thierry Vircoulon, le coordonnateur de l’Observatoire de l’Afrique australe et des Grands Lacs à l'IFRI, a déclaré à VOA Afrique "qu'en RDC, l’Histoire risque de se répéter et l’épreuve de force avec le pouvoir pourrait se délocaliser en province et prendre la forme de rébellions locales."

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