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République du Congo

Rencontre de Tshisekedi et Sassou N'guesso à Brazzaville

Les présidents Tshisekedi Tshilombo et Sassou N'Guesso à l'aéroport de Brazzaville, le 7 fevrier 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Comme prévu, Félix Tshisekedi est arrivé jeudi en fin d'après midi à Brazzaville où il a été accueilli par son homologue Denis Sassou N'Guesso. Les deux hommes ont ensuite eu un tête-à-tête dans la soirée sur les questions de coopération bilatérale.

Malgré le soleil accablant et une sécurité renforcée autour des installations aéroportuaires, un demi millier de personnes ont pu s'amasser au pavillon présidentiel de l'aéroport international Maya Maya de Brazzaville pour accueillir Félix Tshisekedi, le nouveau président de la RDC.

Nombreux sont les ressortissants de la RDC qui sont venus manifester la joie à leur président qui confie à VOA Afrique: "Nous avons reçu le président Félix Tshisekedi Fatshi qui vient nous réconforter, car on était impatient, on attendait ce mouvement. Nous avons la foi que sa démarche est bonne : c'est derrière la maison. Il est allé loin, a tourné et est revenu derrière la maison. Donc, cela ne nous a pas déçus."

Un autre ressortissant de la RDC témoigne : "Les structures qui gouvernent, faisant partie du pays, doivent être renouvelées. Il doit y avoir un changement d'hommes pour le progrès".

Des ressortissants de la RDC venus accueillir Félix Tshisekedi à l'aéroport de Brazzaville, le 7 fevrier 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Des ressortissants de la RDC venus accueillir Félix Tshisekedi à l'aéroport de Brazzaville, le 7 fevrier 2019. (VOA/Arsène Séverin)

"Nous sommes venus voir notre président démocratiquement élu, avec passation de pouvoirs sans difficultés. Nous allons l'accompagner et l'aider avec tout. Comme le papa avait laissé un mot d'ordre : le peuple d'abord avant toute chose", ajoute-t-il.

Après la cérémonie officielle marquée par l'exécution des hymnes nationales, Félix Tshisekedi, accompagné de son homologue Denis Sassou N'Guesso, a pris un bain de foule sur quelque 300 mètres, à la sortie de l'aéroport.

Dans la soirée, les deux chefs d'Etat ont eu un tête-à-tête sur divers sujets, mais dont la teneur n'a pas révélée la nuit dernière.

Un communiqué, sanctionnant ces discussions sera publiée avant le retour du président Tshisekedi avant midi à Kinshasa.

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Les attentes des jeunes Kinois du nouveau Premier Ministre

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Annonce du début des travaux du pont entre Brazzaville et Kinshasa

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Les réactions à l'annonce de la BAD sur la construction d'un pont entre Brazzaville-Kinshasa

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, en séance de travail avec les officiels congolais à Brazzaville, le 13 mai 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Au Congo-Brazzaville, les populations ont diversement accueilli la déclaration du président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, annonçant pour 2020 le début des travaux du pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa.

Si nombreux estiment que ce pont est un facteur de développement économique, d'autres y voient une raison pour exporter l'insécurité à Brazzaville.

L'annonce de la BAD sur la construction du pont route-rail Brazzaville-Kinshasa à partir d'août 2020 n'a pas laissé les Brazzavillois indifférents, habitués à des tracasseries administratives et surtout au danger de la traversée par des canots de fortune et des pirogues à pagaie.

"Le marché d'emploi peut être assez large dans les deux capitales : on peut avoir un grand informaticien de la RDC qui vient travailler à Brazzaville et repart le soir à Kinshasa. Il y a beaucoup d'avantages. Le problème, c'est de prendre les précautions, comme d'habitude, dans la circulation des hommes et des biens", affirme un Brazzavillois.

Un autre ajoute : "Entre Brazzaville et Kinshasa, y a-t-il des services de sécurité capables de suivre le flux migratoire que cet ouvrage va entraîner".

Vue de Kinshasa, à partir de Brazzaville, les deux capitales séparées par le fleuve Congo, le 13 mai 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Vue de Kinshasa, à partir de Brazzaville, les deux capitales séparées par le fleuve Congo, le 13 mai 2019. (VOA/Arsène Séverin)

"Nous sommes les deux capitales les plus rapprochées au monde, mais pour l'instant pour aller d'une ville à l'autre, il y a tout un tas de paperasse, des tracasseries, et passer par des pirogues touées et tout. Mais là, cela va donner un coup de fouet à notre économie".

Les travaux de ce pont sur le fleuve Congo coûteront en tout 550 millions de dollars, et la BAD contribuera à hauteur de 210 millions de dollars, a annoncé Akinwumi Adesina, le président du Groupe de la BAD, lors d'une visite de 48 heures au Congo.

Pour l'analyste économique Augustin Benazo, c'est une bonne nouvelle qui va booster l'économie congolaise. "Nous sommes les capitales les plus rapprochées au monde, donc nous avons une dynamique d'échanges qui se fait souvent. Quand le dollar baisse, les Kinois viennent nous vendre du lait, mais quand il augmente, ils reviennent nous le revendre".

"Ce sont des échanges permanents qui permettent aux deux pays de profiter de cela. Mais, la RDC a un niveau assez avancé par rapport au Congo, en terme de production industrielle, manufacturée ou agricole. Donc le Congo devrait mettre en place une stratégie pour renforcer la production locale qui doit faire que les échanges soient gagnants-gagnants", suggère-t-il.

Alphonse Ndongo, un autre analyste économique, estime que la détermination de la BAD dans ce projet est une réponse aux inégalités constatées dans la répartition des crédits de la banque panafricaine sur les différentes régions du continent.

"L'Afrique centrale n'est pas trop gâtée en matière de financements des projets par la BAD. L'Afrique de l'Ouest réussit elle à seule à mobiliser plus de 25% des financements de la BAD, tandis que l'Afrique centrale est quasiment en queue de peloton de mobilisation de la BAD, un différentiel que la nouvelle équipe gouvernante de la BAD voudrait rattraper".

D'après les premières études datant de 1971, la réalisation du pont route-rail Brazzaville-Kinshasa a beaucoup souffert des pesanteurs politiques et sécuritaires.

Des conditions de détention dramatiques pour les prisonniers politiques

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L'OCDH préoccupé par de mauvaises conditions de détention dans les prisons congolaises

Une prison datant de 1924 à Libenge, le 23 juin 2015.

Au Congo-Brazzaville, l'Observatoire congolais des droits de l'homme a publié jeudi son rapport annuel sur les droits de l'homme. L'OCDH dénonce les mauvaises conditions des prisonniers dont nombreux meurent en détention.

Selon l'ONG congolaise, les prisonniers politiques dont le général Jean Marie Michel Mokoko n'ont plus accès aux visites, même celles de leurs avocats.

L'OCDH dénonce principalement les mauvaises conditions de détention dans les prisons congolaises. La vétusté des structures et le manque d'une alimentation régulière sont les causes de décès dans ces prisons, d'après le rapport annuel de l'ONG.

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Trésor Nzila, le directeur exécutif de l'OCDH, à la présentation du rapport sur les droits de l'Homme, à Brazzaville, le 9 mai 2019. (VOA/Arsène Séverin)
Trésor Nzila, le directeur exécutif de l'OCDH, à la présentation du rapport sur les droits de l'Homme, à Brazzaville, le 9 mai 2019. (VOA/Arsène Séverin)

Pour le directeur exécutif de l'OCDH, Trésor Nzila Kendet : "Les conditions de détention dans notre pays deviennent un sérieux problème. Les conditions de détention ont commencé à se dégrader à partir de 2015, lors du référendum constitutionnel qui a entraîné une campagne d'arrestation arbitraire et systématique des adversaires. Aujourd'hui nous faisons face à un problème de la surpopulation carcérale".

"Nous avons enregistré une trentaine de décès entre 2017 et 2018, et dans la seule prison de Ouesso, il y a eu 9 décès. Voir des hommes mourir de faim en prison, c'est assimilable à des actes de torture. Cela illustre parfaitement les mauvaises conditions dans nos prisons".

Les enquêtes réalisées par l'OCDH sont compilées dans ce rapport de 105 pages intitulé "La terreur et la répression permanentes", et couvrent la période 2017-2018. Pour Nzila Kendet, la situation est globalement catastrophique : "La situation est préoccupante, chaotique, il y a une dégradation spectaculaire de la situation des droits humains. Le rapport sera adressé aux autorités. Nous invitons le gouvernement congolais à considérer ce rapport, non pas comme une invective, mais comme notre contribution pour améliorer la situation des droits de l'homme dans notre pays".

L'ancien ministre Alain Akouala qui a assisté à la présentation de ce rapport, estime qu'il faut considérer cette publication comme une contribution à la construction de la démocratie : "Le rapport, c'est vrai, a un titre assez accrocheur, mais la construction d'un État démocratique est un processus de longue haleine. (...) Il faut qu'il y ait une culture de promotion et de défense des droits humains. C'est un rapport utile".

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