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Rejet d'une plainte en diffamation du fils du président malien contre un journal à Bamako


Le président Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, 19 mai 2017.

Le parquet avait requis trois mois avec sursis contre le directeur de publication du journal, Adama Dramé, et une amende de 100.000 FCFA (environ 150 euros), s'en remettant à la décision du tribunal pour les dommages et intérêts.

Un tribunal de Bamako a rejeté mardi une plainte en diffamation du président de la commission Défense de l'Assemblée nationale, Karim Keïta, fils du chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta, contre un hebdomadaire privé malien, en annulant la procédure.

Lors du procès ouvert le 30 mai, Karim Keïta avait réclamé 4 milliards de francs CFA (environ 6 millions d'euros) de dommages et intérêts au directeur de publication de l'hebdomadaire "Le Sphinx".

Le parquet avait le 14 juin requis trois mois avec sursis contre le directeur de publication du journal, Adama Dramé, et une amende de 100.000 FCFA (environ 150 euros), s'en remettant à la décision du tribunal pour les dommages et intérêts.

Le tribunal "après avoir pris en compte la demande de la défense, déclare que les exceptions soulevées (par la défense) entraînent la nullité de la procédure", a déclaré son président, Faradji Baba, à l'audience de mardi, en l'absence de Karim Keïta et de ses avocats.

"C'est une victoire pour nous. Le plaignant a perdu", a déclaré Me Abdourahma Mamata Touré, un avocat de la défense. "Nous avons évoqué l'imprécision du texte sur la diffamation cité" par le plaignant, a t-il dit, expliquant les raisons de l'annulation de la procédure.

"La citation (servie) à notre client n'est pas la même que celle qui a été présentée par le parquet", a précisé Me Cheik Oumar Konaré, un autre avocat de la défense. Cette décision "montre que des magistrats courageux existent toujours au Mali", a-t-il poursuivi.

"Le Sphinx" avait accusé dans deux éditions, le 31 mars et 7 avril, Karim Keïta d'avoir aidé un homme d'affaires malien à échapper à la justice.

Il avait aussi affirmé dans un article publié le 14 avril que le fils du chef de l'Etat avait acheté un hôtel à Bamako à plus de 6 millions d'euros et acquis un terrain à proximité pour y faire construire une station-service.

Karim Keïta fait souvent la Une de la presse malienne, qui le crédite d'une grande influence dans les milieux politiques et des affaires.

Il a cependant démenti les pouvoirs qu'on lui prête "de faire et de défaire" des hommes politiques ainsi que ses rapports avec le monde des affaires, dans une récente émission à la télévision publique.

Avec AFP

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