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RDC: Beni boude les élections partielles

Materiel électoral en RDC.

Les électeurs de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo ont boudé dimanche l'élection législative partielle, comme un bras d'honneur aux autorités de Kinshasa qui les ont privés de l'élection présidentielle du 30 décembre et du candidat de leur coeur, Martin Fayulu.

Les habitants de Beni et Butembo (nord-est) ainsi que ceux de Yumbi (nord-ouest), soit plus de 1,2 million d'inscrits, ont été appelés dimanche aux urnes pour désigner les 15 derniers députés de l'Assemblée nationale (500 au total), ainsi que leurs députés provinciaux.

Ils votaient trois mois après les autres Congolais (quelque 40 millions d'inscrits au total), qui ont officiellement déjà choisi leur président de la République. Félix Tshisekedi a été proclamé président et investi dès le mois de janvier.

Les élections générales (présidentielle et législatives) du 30 décembre avaient été reportées dans ces trois fief acquis à l'autre opposant, Martin Fayulu, qui revendique la victoire à l'élection présidentielle. Raisons invoquées par la Commission électorale (Céni): l'épidémie d'Ebola et l'insécurité à Beni-Butembo, et un conflit communautaire qui venait de faire des centaines de morts mi-décembre à Yumbi.

A Beni, il n'y a pas eu foule dans les bureaux de vote de Ngadi, Mavivi et Kasabinyole. Ces quartiers ont été vidés en partie depuis septembre par des attaques attribuées aux miliciens des Forces démocratiques alliés (ADF), historiquement des rebelles musulmans arrivés de l'Ouganda voisin dans les années 90.

- "La population s'est déplacée, craignant les massacres" -

"La population s'est déplacée, craignant les massacres", explique le président d'un bureau de vote à Kasabinyole, Achille Kambale Kakundi, près de l'endroit où une quinzaine de civils ont été massacrés en septembre.

"On avait demandé à Nangaa (le président de la Céni, NDLR) que les déplacés puissent voter là où ils se trouvent. Il n'a pas accepté. La loi ne l'autorise pas. Il faut que les gens viennent voter là où ils se sont fait enrôler (inscrire sur les listes électorales). Les gens n'ont pas les moyens de se payer les moyens de transport", analyse Delphin Kambula, un partisan de Martin Fayulu.

L'affluence n'a pas non plus été au rendez-vous au centre de vote de Kasanga, près du quartier Ndindi, ex-épicentre de l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola.

Mais ni Ebola, ni les ADF n'expliquent totalement la désertion des urnes, à entendre les habitants.

"Il n'y a pas d'engouement parce qu'il n'y a pas d'élection présidentielle. Les gens attendaient beaucoup le changement avec le candidat Martin Fayulu", soupire Nguru Waswekera, une enseignante.

- Participation moindre -

En ce jour de vote officiel, la participation est d'ailleurs bien moindre que lors du vote symbolique organisé par les habitants de Beni le 30 décembre pour protester contre leur mise à l'écart.

"Nous avons beaucoup voté le 30 décembre alors qu'Ebola était à son comble. Il y avait des files indiennes. Toute la journée, les mamans, les vieux, les jeunes, tout le monde était pressé d'aller voter", observe Damien Paluku, un informaticien.

"Aujourd'hui on ne sait pas si notre vote sera considéré ou si le résultat sera déjà connu d'avance" ajoute-t-il. A Kinshasa, Martin Fayulu accuse Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila, de s'être entendus à ses dépens.

A l'autre bout du pays, les élections se sont déroulées sans incident majeur à Yumbi, où au moins 500 personnes ont été massacrées les 15 et 16 décembre.

Les victimes appartenaient à la communauté banunu, persécutés par les Batende, dans une tuerie planifiée, avec l'implications d'autorités locales, de l'aveu même de la ministre des Droits humains.

"Les gens sont venus nombreux dans les centres de vote. Mais on pouvait observer une certaine méfiance chez les électeurs. Les gens restaient dans leur coin selon qu'ils appartiennent à la communauté banunu ou batende", affirme Gille Bango, président de la société civile (collectif d'associations).

"La méfiance" était palpable pendant la campagne électorale où les candidats de chaque communauté n'ont battu campagne que dans leurs propre fief, relève la mission électorale citoyenne Symocel.

Avec AFP

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Des milliers de personnes se sont rassemblées ce matin à Kinshasa

Des milliers de personnes se sont rassemblées ce matin à Kinshasa
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Nouvelle journée de manifestations interdites contre la Commission électorale à Kinshasa

Un homme est blessé à la jambe lors d'une manifestation où des manifestants et des policiers se sont affrontés à Kinshasa le 9 juillet 2020 lors de manifestations organisées contre l'UDPS), pour la nomination du nouveau président de la Commission électorale. (AFP/Arsene Mpiana)

Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi matin à Kinshasa en République démocratique du Congo pour une marche interdite par les autorités contre le choix d'un nouveau président de la Commission électorale, quatre jours après des affrontements qui ont fait cinq morts.

Les manifestants ont envahi le boulevard Lumumba, en présence de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, un des leaders de l'opposition.

La marche a été organisée par la principale coalition des partis d'opposition Lamuka.

Ailleurs dans le pays,des rassemblements ont été dispersés à Bukavu (est) et Kananga (centre) à coup de gaz lacrymogènes.Ces marches dénoncent le choix du nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), accusée par les opposants de fraudes électorales à chaque scrutin.

La manifestation a été "reportée" dans la deuxième ville Lubumbashi, ont indiqué les organisateurs, qui redoutent des incidents provoqués par des "infiltrés" pour mettre en cause un des leaders de Lamuka, Moïse Katumbi.

Des marches semblables avaient été organisées jeudi par le parti présidentiel Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Cinq manifestants avaient alors été tués (deux à Kinshasa et trois à Lumbumbashi), selon un bilan du ministre de l'Intérieur.

De plus, 20 policiers ont été blessés à Kinshasa dont deux grièvement, selon ce même bilan qui ne confirme pas une rumeur assurant qu'un policier avait été lynché par la foule dans la capitale.

En conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a indiqué qu’il" peut comprendre" ces réactions face aux "irrégularités" dans le choix du nouveau président de la Commission électorale, mais qu'"il condamne" les violences.

C'est le président qui doit valider in fine le choix du nouveau président de la Commission électorale. Il a été entériné par l'Assemblée nationale, sur proposition de la société civile.

Les autorités justifient l'interdiction des marches par l'état d'urgence sanitaire face à la pandémie de Covid-19.

Une troisième marche est prévue dimanche à l'appel d'un collectif catholique et de mouvements citoyens.

Démission du ministre de la Justice en RDC

Le ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende, à Kinshasa, le 3 mars 2020. (Facebook/Célestin Tunda Ya Kasende)

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Célestin Tunda Ya Kasende, a annoncé samedi sa démission, quinze jours après sa brève arrestation en pleine crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

M. Tunda Ya Kasende a présenté sa démission au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, après avoir fait "un examen personnel de la situation", a-t-il indiqué.

"En cette occasion pathétique, j'ai pu présenté au chef du gouvernement tous mes remerciements, et mes remerciements également au président de la République", a-t-il ajouté dans un message vidéo diffusé à la presse.

"Je pars du gouvernement avec la conviction que mon action au sein du ministère de la Justice a apporté une pierre à la consolidation de l'Etat de droit dans notre pays", a-t-il conclu.

Il s'agit de la première démission au sein du gouvernement de coalition qui regroupe des partisans du président de la République Félix Tshisekedi, et de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Ce gouvernement pléthorique avait été annoncé le 26 août, après huit mois de tractations entre MM. Tshisekedi, vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, et Kabila, qui avait quitté le pouvoir en gardant une confortable majorité au Parlement.

Avocat de profession, M. Tunda Ya Kasende est un membre du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), comme la majorité des 67 membres du gouvernement.

Il y a deux semaines, M. Tunda Ya Kasende avait été arrêté par la police à son domicile et conduit au parquet où il a été entendu pendant quelques heures avant d'être relâché.

La veille en Conseil des ministres, le président Tshisekedi lui avait sévèrement reproché d'avoir transmis à l'Assemblée nationale l'avis du gouvernement sur trois propositions de loi très controversées, sans consulter personne.

Une "initiative personnelle", avait relevé le compte-rendu du Conseil des ministres.

Sa brève interpellation avait été fortement dénoncée par les partisans de M. Kabila.

Le parti du président Félix Tshisekedi manifeste contre le nouveau president de la CENI

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Manifestations en RDC: "Non à Malonda"

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