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RDC

L'ONU appelée à prolonger le mandat de la Monusco jusqu'à décembre

Le président Félix Tshisekedi, et la cheffe de la Monusco, Leila Zerrougui, Kinshasa,RDC, le 30 décembre 2019. (Facebook/FathiPresident2018)

Le Conseil de sécurité est appelé vendredi à voter une résolution prolongeant le mandat des Casques bleus en République démocratique du Congo (Monusco) jusqu'au 20 décembre avec des effectifs inchangés, selon le projet de texte diffusé jeudi.

Rédigé par la France, le texte prévoit une extension de la mission "jusqu'au 20 décembre 2019" et souligne que le Conseil de sécurité "a l'intention de revoir ce mandat sur la base d'une révision stratégique" commandée au secrétaire général Antonio Guterres et qui est attendue "au plus tard le 20 octobre 2019".

Il est nécessaire "de transférer progressivement les tâches accomplies par la Monusco" principalement au gouvernement de la RDC afin "de permettre une sortie durable et responsable de la Monusco" du pays, "basée sur l'évolution positive de la situation sur le terrain", précise le texte.

"Le plafond des effectifs autorisés" pour la Monusco reste à "16.215 militaires, 660 observateurs militaires, 391 policiers et 1.050 policiers spécialisés", indique le projet.

Si le Conseil de sécurité entérine cette résolution comme c'est probable, il ne suivrait pas les recommandations d'un récent rapport d'Antonio Guterres proposant une réduction d'environ 2.000 membres de la Monusco.

Rien n'empêche les responsables de la Monusco de réduire leurs effectifs de 2.000 membres s'ils considèrent pouvoir faire leur mission avec moins de monde. Pas besoin d'une autorisation du Conseil de sécurité pour cela, explique un diplomate sous couvert d'anonymat.

"Si le Conseil de sécurité estimait cependant nécessaire de maintenir la Monusco à son niveau d'effectifs actuel, il est impératif de prévoir des ressources adéquates pour permettre à la mission de remplir ses fonctions", avait averti dans son rapport Antonio Guterres. Son organisation est confrontée à des problèmes financiers en raison d'une baisse de la contribution américaine et de retards de paiement par plusieurs de ses membres.

Le secrétaire général s'était aussi prononcé pour un renouvellement du mandat de la Monusco pour un an, mais le projet de résolution ne prévoit que neuf mois supplémentaires.

Les Nations unies sont présentes en RDC depuis une vingtaine d'années et la Monusco représente l'une de ses missions actuelles les plus importantes et les plus coûteuses. Son budget annuel est d'environ 1,11 milliard de dollars.

Avec AFP

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Gestion du coronavirus: acculé, le ministre Eteni Longondo porte plainte pour diffamation

Albert Mpeti Biyombo, ministre de la Santé, à Kinshasa, le 11 octobre 2019. (Facebook/Wolf Mugos)

Le ministre de la Santé a porté plainte pour diffamation jeudi en République démocratique du Congo, après avoir été mis en cause dans un document affirmant qu'il existe des "réseaux mafieux" au sein de son ministère pour détourner des fonds alloués à la lutte contre le Covid-19

"Ces réseaux mafieux exigent des rétro-commissions jusqu'à hauteur de 35% auprès des structures bénéficiaires de ces fonds", ajoute ce mémorandum signé par son vice-ministre de la Santé, Albert M'Peti Biyombo.

Adressées au Premier ministre, ce rapport classé "très confidentiel" a fuité sur les réseaux sociaux.

Les propos sont "outrageants, désobligeants" et "très graves", a déclaré l'avocat du ministre de la Santé, Eteni Longondo, après sa plainte au parquet général près la Cour de cassation.

La plainte "est portée contre inconnu (contre X)", a précisé Me Pulusi Eka Hugues, qui s'en remet au parquet pour déterminer les auteurs et leurs responsabilités.

Le document a fuité en pleine crise au sein de la coalition au pouvoir, qui se partage les principaux ministères.

Le ministre de la Santé vient de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de l'actuel président Félix Tshisekedi. Son vice-ministre est membre du Front commun pour le Congo (FCC) de l'ex-président Joseph Kabila.

"Le ministre de la Santé signe seul le décaissement de gros montant et ne m'a jamais associé dans la gestion de ces fonds sauf (pour) des petites sommes", accuse encore le vice-ministre.

Ce mémorandum a aussi fuité au moment où des agents affectés à la lutte contre le Covid-19 se sont mis en grève à Kinshasa, affirmant qu'ils ne sont pas payés depuis trois mois.

La RDC a enregistré 7.846 cas pour 189 décès et 3.513 guérisons depuis le 10 mars.

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Au moins un manifestant tué par balle à Lubumbashi dans les marches interdites

Manifestations à Beni, Nord-Kivu, RDC, 21 mai 2020. (Twitter/LUCHA RDC)

Au moins un manifestant a été tué et plusieurs policiers blessés jeudi en République démocratique du Congo, selon un premier bilan des marches interdites lancées à l'appel du parti du président Félix Tshisekedi, a-t-on appris de sources hospitalière et onusienne.

Le manifestant a été tué dans la deuxième ville du pays, la capitale économique Lubumbashi (sud-est). "Le corps a été acheminé à la morgue de l'hôpital de référence de Sendwe", a déclaré à l'AFP un responsable du Bureau des droits de l'homme de l'ONU dans le pays (BCNUDH).

Il s'agit "d'un jeune de 32 ans qui a reçu une balle", a précisé à l'AFP une source dans cet établissement hospitalier.

"A Kinshasa, un policier a été lynché après avoir tiré sur les manifestants", selon une source onusienne précisant que le policier était mort et faisant état de "plusieurs blessés" parmi les policiers.

Un porte-parole de la police a affirmé qu'un policier est "dans un état grave" après avoir été "molesté" par les manifestants, sans confirmer sa mort, promettant un bilan plus détaillé en soirée.

D'autres sources avancent un bilan plus lourd.

Il y a eu trois morts parmi les manifestants, a ainsi déclaré le secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), à l'origine des manifestations dans plusieurs villes du pays.

Devant les manifestants, ce responsable UDPS, Augustin Kabuya, s'est prononcé pour la démission du ministre de l'Intérieur, Gilbert Kankonde, issu des rangs du même parti.

A Kinshasa, des milliers de manifestants ont été dispersés après avoir pu marcher un peu plus de trois kilomètres, a constaté l'AFP.

D'importants effectifs de police protégeaient les alentours du siège du Parlement, où ils ont également tiré des gaz lacrymogènes contre une deuxième vague de manifestants parvenus jusque là.

A Lubumbashi, plusieurs centaines de manifestants sont partis de diverses communes de la ville, convergeant vers le centre des affaires.

Des policiers et des militaires les ont dispersés en tirant des balles en l'air et des gaz lacrymogène.

Deux autres marches sont prévues les 13 et 19 juillet à l'appel d'autres partis ou organisations. Elles sont également interdites, a prévenu mercredi soir le ministre de l'Intérieur.

Les manifestants protestent contre le choix d'un nouveau président à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui organise les élections en RDC.

Les manifestants s'opposent à la désignation d'un membre de la direction sortante, Ronsard Malonda, à la présidence de la Commission électorale. Ils estiment que M. Malonda a participé aux fraudes électorales antérieures. Le président Tshisekedi doit encore valider cette nomination par ordonnance.

L'actuel président est lui-même accusé par une partie de ses ex-partenaires de l'opposition d'avoir bénéficié en 2018 de "résultats fabriqués" par la Céni.

Une vingtaine de civils tués dans un nouveau massacre en Ituri

Des soldats marocains de la mission de l'ONU en RDC (Monusco) patrouillent dans le territoire de Djugu, province de l'Ituri, à l'est de la RDCongo, le 13 mars 2020. (AFP)

Une vingtaine de civils ont été tués mercredi en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où des centaines de personnes ont été la cible de "crimes contre l'humanité" pouvant relever de la Cour pénale internationale (CPI) d'après les instances internationales.

La tuerie a eu lieu juste avant le lever du jour dans le territoire de Djugu, l'épicentre des violences au nord du chef-lieu de la province Bunia, a indiqué un responsable local à l'AFP.

"Vu l'insécurité qui règne sur la zone, nous attendons le retour de l'équipe qui est sur le terrain pour le détail du bilan exact", détaille-t-il sur le bilan provisoire d'une vingtaine de morts.

La tuerie a été attribuée à des miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), accusés de la plupart des massacres.

La Codeco prétend défendre les intérêts d'une des communautés de l'Ituri (les Lendu, agriculteurs) face notamment aux Hémas (éleveurs et commerçants).

Des milliers de personnes ont fui les violences. "Entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020, au moins 530 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis le pic des violences en mars", d'après les Nations unies le 5 juin.

Des "crimes contre l'humanité", avait déclaré la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet fin janvier après une visite à Bunia.

"Et la majorité des victimes proviennent de la communauté Hema", avait-elle ajouté dans un entretien à Radio France internationale (RFI).

Ces tueries "pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale", a prévenu le 4 juin la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

Un conflit entre les milices des deux communautés Lendu et Hema, instrumentalisé par l'Ouganda voisin, avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003, jusqu'à l'intervention d'une force européenne Artémis sous commandement français.

Les violences ont repris pour des motifs obscurs fin 2017, sans cette fois que l'Ouganda ne semble y jouer un rôle. Les Hema n'ont pas reconstitué de milices, s'en remettant à l'autorité - parfois défaillante - de l'État.

Des anciens chefs de guerre du conflit 1999-2003 ont été envoyés il y a quelques jours en mission de paix en Ituri par le président de la République.

Le vice-ministre congolais de la santé dénonce la "mafia" au sein de son ministère

Albert Mpeti Biyombo, vice-ministre de la Santé , à Kinshasa, 11 octobre 2019. (Facebook/Wolf Mugos)

En République démocratique du Congo, le vice-ministre de la Santé a dénoncé des "réseaux mafieux" au sein même de son ministère pour "détourner" des sommes allouées à la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

"Au ministère de la Santé il existe des solides réseaux mafieux créés à dessein pour détourner ces fonds", écrit le vice-ministre de la Santé Albert M'Peti Biyombo dans un "Mémorandum" de trois pages adressé au Premier ministre Sylvestre Ilunga.

"Ces réseaux mafieux exigent des rétro-commissions jusqu'à hauteur de 35% auprès des structures bénéficiaires de ces fonds", ajoute le texte.

Ce document est authentique, ont indiqué une source dans l'entourage du Premier ministre et une source parlementaire. Classé "très confidentiel", il a fuité sur les réseaux sociaux sur fond de crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

Le vice-ministre de la Santé et le Premier ministre sont des membres du Front commun pour le Congo (FCC) de l'ex-président Joseph Kabila.

Le ministre de la Santé Eteni Longondo est membre de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de l'actuel président Félix Tshisekedi.

"Le ministre de la Santé signe seul le décaissement de gros montant et ne m'a jamais associé dans la gestion de ces fonds sauf des petites sommes", avance le vice-ministre de la Santé, affirmant qu'il devrait "contresigner".

Le vice-ministre affirme avoir refusé de signer deux "documents financiers non prioritaires et complaisants".

Dans une question écrite datée du 3 juillet, un député FCC, François Nzekuye, a également dénoncé "la gestion financière catastrophique au sein du ministère de la Santé" où des "sommes importantes seraient décaissées en dehors de toute orthodoxie financière".

Cet élu demande par ailleurs au ministre d'éclaircir l'Assemblée nationale sur des soupçons de demandes des "rétrocommission qui iraient jusqu'à 35%" et "d'enrichissement illicite" au ministère.

Le ministre de la Santé n'a pas répondu immédiatement aux sollicitations de l'AFP.

A Kinshasa, les agents de santé en charge de la lutte contre l'épidémie de Covid-19 ont lancé lundi une "grève illimitée", accusant le ministère de la Santé de ne pas les payer depuis trois mois.

Le 20 juin, le chef de la lutte contre le coronavirus, le Dr Jean-Jacques Muyembe, a affirmé n'avoir reçu que 1,4 million de dollars depuis l'apparition des premiers cas le 10 mars.

Le Premier ministre Ilunga Ilunkamba avait indiqué le 21 mai aux sénateurs congolais avoir décaissé 10,7 millions de dollars pour lutter contre la Covid-19 dans le pays.

La RDC enregistre 7.737 contaminations de la Covid-19 dont 184 décès. La capitale Kinshasa (au moins 10 millions d'habitants) a concentré la majorité des cas (6.631).

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