Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

RDC

A Kinshasa, dans l'enfer des transports collectifs

Une camionnette "Esprit de mort", Kinshasa, le 1er juillet 2013

"Chaque jour, on joue les sardines": Espérant Kashama, étudiant en droit, vit au quotidien la congestion des transports en commun à Kinshasa, la mégapole africaine où quelques start-up explorent des "solutions" plus douces, plus fiables et plus sûres - mais tellement plus chères.

La scène se répète quotidiennement aux heures de pointe et des mouvements pendulaires entre la "Cité" - les communes populaires - et Gombe, le coeur battant de l'économie dans la capitale de la République démocratique du Congo.

Le matin à Ndjili, Lemba, Matete... et le soir à l'heure de la sortie des bureaux, des milliers de "commuters" kinois, salariés ou étudiants, attendent un bus, un taxi, un taxi-bus, un moto-taxi...

Dans la douce lumière du soir "place des Évolués" à Gombe, des hommes et des femmes d'âge respectable doivent soudain courir comme des collégiens dès qu'un bus de la société publique Transco se présente.

- Promiscuité -

Le véhicule est vite bondé. A l'intérieur, les passagers de tous les sexes se pressent les uns contre les autres sans un centimètre d'espace. Avec les bouchons, la promiscuité peut durer une à deux heures.

Les embouteillages vont empirer avec les chantiers lancés par le nouveau président Félix Tshisekedi, qui commencent à empiéter sur les espaces de chaussée disponibles.

"Il faudrait qu'il y ait le respect du corps de chaque personne", s'insurge Espérant Kashama, l'étudiant en droit. "On arrive fatigués, on n'arrive pas à bien étudier".

Les transports collectifs sont une question de vie ou de mort à Kinshasa, la troisième plus grande ville d'Afrique avec ses quelque 10 millions d'habitants qui continuent de s'étaler sur trente kilomètres le long du fleuve Congo.

Ce n'est pas qu'une image. Au fil des années, le gouvernement a commandé des dizaines de nouveaux bus à des sociétés étrangères pour améliorer le confort des passagers. Ils ont été baptisés "Esprit de vie", par opposition aux "Esprit de mort", ces camionnettes hors d'âge conduites par des chauffeurs privés, avec leur receveur hurlant leur itinéraire, debout à la portière d'entrée, accrochés au toit du véhicule.

- Marée jaune -

Autre solution de transport: depuis un an, une marée jaune a submergé Kinshasa. En juin 2018, les autorités ont ordonné aux taxis et taxis-bus de repeindre leur véhicule en jaune et d'arborer leur matricule bien en évidence.

Objectif: lutter contre les taxis clandestins et les ravisseurs qui enlèvent et dépouillent leurs passagers.

Cela n'a pas résolu tous les problèmes de sécurité. Sonia (prénom changé) en a fait la cruelle expérience fin 2018.

"Je suis montée dans un taxi collectif en même temps qu'un autre gars. Je pensais que c'était un client. C'était un complice", se remémore l'étudiante-mannequin.

Sur le siège arrière, la jeune femme se fait étrangler et prendre son téléphone et 130 dollars, avant d'être libérée vers l'aéroport. "J'ai porté plainte. La police m'a demandé 100 dollars pour commencer l'enquête", soupire-t-elle.

La "marée jaune" des taxis en tous genres est particulièrement haute aux heures de pointe. Elle ne suffit pas: "J'ai déjà attendu 30 minutes", soupire Chris, une étudiante rencontrée à l'arrêt Mandela sur le boulevard du 30-Juin.

"A cette heure-ci c'est un peu difficile parce qu'il y a des gens qui sortent du travail. Mais j'espère que j'en trouverai un", poursuit la jeune femme qui veut rentrer à Ngaliema, une commune résidentielle sur les hauteurs.

Le ticket de bus ou la course de taxi coûtent 500 francs congolais (0,3 dollar). Mais comme Iva, femme de ménage, de nombreux Kinois doivent prendre deux à trois taxis pour aller de la "Cité" à Gombe, deux fois par jour, soit deux dollars au quotidien. C'est beaucoup pour des salaires de 250 dollars mensuels.

- "Ligne 11" -

A Kinshasa, dans les transports comme ailleurs, la pauvreté de millions de personnes côtoie l'aisance de quelques milliers de privilégiés, expatriés, personnels humanitaires, membres de la diaspora ou cadres congolais.

C'est pour ce "village VIP" que des start-uppeurs développent des applications de taxis à la demande.

Le projet le plus abouti d'Uber en version kinoise est porté par une entrepreneure congolaise de 37 ans, Patricia Nzolantima, à la tête de sa société Ubizcabs.

Du siège de sa société, Patricia surveille par GPS le trajet de sa flotte d'une dizaine de voitures et les demandes de chaque passager, avec le coût d'une course qui va de 10 à 40 dollars pour l'aéroport.

"On a commencé avec la classe moyenne. On voudrait garder le même standing avec différents modèles de véhicules afin de pouvoir répondre aux besoins de toute la population", résume Patricia.

Une belle utopie entrepreneuriale. La plupart des Kinois sont plus proches des "Wewa" - moto-taxis - que de ses voitures climatisées avec internet. A moins qu'ils n'utilisent encore la "ligne 11" - la métaphore en vigueur pour désigner la marche à pied à Kinshasa.

Avec AFP

Toutes les actualités

L'ambassadeur tué en RDC "a été trahi" par un proche, selon sa femme

Les carabiniers transportent le cercueil de l'ambassadeur italien Luca Attanasio dans la Basilique de Sainte Marie des Anges et des Martyrs à Rome, le 25 février 2021.

Selon le quotidien italien Il Messaggero, l'ambassadeur Luca Attanasio a été trahi par une personne proche de la famille.

C'est ce qui ressort d'une interview accordée par la veuve de l'ambassadeur tué lundi dans une embuscade en République démocratique du Congo (RDC).

Luca Attanasio, 43 ans, circulait dans la province du Nord-Kivu (est), près de la frontière avec le Rwanda, à bord d'un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) lorsque celui-ci a été pris dans une embuscade.

L'ambassadeur, son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci, 30 ans, et un chauffeur congolais du PAM, Mustafa Baguma Milambo, 56 ans, ont été tués par balles.

Pour sa veuve, Zakia Seddiki, "Luca a été trahi par quelqu'un qui nous est proche, proche de notre famille". "Quelqu'un qui connaissait ses déplacements a parlé, l'a vendu et l'a trahi", a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.

Les circonstances de la fusillade devront être éclaircies par les enquêtes du PAM et de l'ONU à qui le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio, a demandé "le plus rapidement possible, des réponses claires et exhaustives".

Le parquet de Rome, où se trouve le siège mondial du PAM, a ouvert de son côté une enquête pour "séquestration de personnes à des fins terroristes", selon la presse italienne.

Les autorités congolaises accusent les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), installées dans l'est de la RDC. Mais dans un entretien accordé à VOA Afrique, un porte-parole des FDLR, Cure Ngoma, a nié toute implication dans cette attaque. Il s'est dit prêt à témoigner, tout en réclamant une enquête internationale et impartiale.

Selon les autorités congolaises et italiennes, l'attaque s'est produite à quelques kilomètres de la commune de Kiwanja, où Luca Attanasio et des fonctionnaires du PAM devaient visiter une école.

Selon le journal La Stampa, Luca Attanasio, arrivé en RDC en 2017, avait demandé l'année suivante au ministère italien des Affaires étrangères une escorte de quatre carabiniers, comme celle dont bénéficiait son prédécesseur, au lieu des deux alors en poste. Après une mission d'inspection en RDC, le ministère a refusé sa demande, écrit le quotidien.

Le PAM et le ministère italien des Affaires étrangères n'avaient pas immédiatement répondu vendredi aux sollicitations de l'AFP.

Après des funérailles d'Etat organisées jeudi à Rome, Luca Attanasio devait être inhumé samedi dans sa ville de Limbiate, près de Milan (nord).

Mort de l'ambassadeur Attanasio: les FDLR rejettent toute responsabilité
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:17 0:00

Retour d'Ebola: les experts optimistes

Retour d'Ebola: les experts optimistes
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:48 0:00

Hausse des prix de la viande dans les marchés maliens

Hausse des prix de la viande dans les marchés maliens
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:33 0:00

Les déplacements des diplomates en RDC soumis à des nouvelles règles

Le président Félix Tshisekedi conduisant à distance une réunion gouvernementale à la Cité de l'Union africaine, Kinshasa, le 26 juin 2020 (Facebook / Présidence de la RDC)

Les diplomates accrédités à Kinshasa sont désormais obligés de faire connaître au préalable aux autorités leurs déplacements à l'intérieur de la République démocratique du Congo, après l'assassinat lundi de l'ambassadeur italien dans l'est du pays, selon la télévision publique mercredi.

A l'issue de la réunion présidé mardi par le chef de l’État Félix Tshisekedi, il a été décidé que "tous les diplomates, présents sur le territoire national sont désormais, obligés de signaler tout déplacement à l'intérieur du pays auprès du gouvernement", a indiqué la présidence congolaise dans un communiqué.

Les diplomates "doivent absolument informer le ministère des Affaires étrangères" avant tout déplacement et "se signaler" aux responsables locaux à leur arrivée dans une entité, a déclaré la cheffe de la diplomatie congolaise Marie-Thérèse Tumba Nzeza à la télévision d’État, RTNC.

L'ambassadeur italien Luca Attanasio, 43 ans, est décédé après avoir été blessé par balles lorsque le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) dans lequel il circulait a été pris dans une embuscade dans la province du Nord-Kivu (est), près de la frontière avec le Rwanda.

Son garde du corps italien, le carabinier Vittorio Iacovacci et un chauffeur congolais du PAM, Moustapha Milambo, ont aussi été tués.

Les corps des deux diplomates ont été rapatriés mardi à Rome. M. Milambo a été inhumé le même jour à Goma, capitale du Nord-Kivu.

L’Italie a demandé mercredi à l'ONU l'ouverture d'une enquête et des "réponses claires" après ce drame.

"Nous avons formellement demandé au PAM et à l'ONU l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur ce qui s'est passé, les raisons justifiant le dispositif de sécurité mis en place et à qui incombe la responsabilité de ces décisions", a déclaré Luigi Di Maio devant les députés italiens.

La province troublée du Nord-Kivu est considérée comme une des zones les plus dangereuses de la RDC, à la lisière du parc national des Virunga.

Selon des responsables humanitaires, la route sur laquelle circulait le convoi ne nécessitait toutefois pas d'escorte.

Le corps de l'ambassadeur italien et celui de son garde du corps ont été rapatriés

Le corps de l'ambassadeur italien et celui de son garde du corps ont été rapatriés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:00 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG