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Cinq morts dans des heurts à Goma


Quatre civils et un policier ont été tués lundi à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, en marge d'une manifestation contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila qui a plongé le pays dans la crise depuis plusieurs mois.

Lundi matin, pendant plus de quatre heures, la police, soutenue par l’armée, était confronté aux manifestants qui ont barricadés les routes principales dans le quartier Majengo.​

Toutes les activités sont restées paralysées jusque dans mi-journée. Il y a eu plusieurs arrestations. On dénombre au moins cinq morts, dont un policier.

Un groupe des manifestants a saccagé un sous-commissariat de la police dans le quartier Katoy, incendié un autre au quartier Majengo, situé toujours au nord de la ville, lundi matin.

Le chef de la police du Nord-Kivu, le général Placide Nyembo, parle d’un groupe de manifestants avec des armes qui ont attaqué le sous-commissariat, et ont réussi à ravir deux armes aux policiers commis à la garde, des armes qui ont été récupérées par la suite.

La situation est redevenue calme lundi après-midi.

La police a accusé, sans les nommer, "certains opérateurs politiques" d'instrumentaliser la jeunesse, en les poussant à "donner la mort à autrui".

La manifestation avait été organisée par le collectif d'actions de la société civile (Casc), qui comprend le mouvement Lutte pour le changement (Lucha). "La résistance contre le régime sanguinaire et prédateur de Kabila a bel et bien commencé", écrit ce mouvement de jeunes indignés sur son compte twitter.

Ces violences, dans la capitale du Nord-Kivu entre policiers et la population, font suite à l’appel de la journée ville-morte de la coalition des associations de la société civile locale.

Les écoles étaient fermées alors que les autres activités tournaient au ralenti à Mbandaka (nord-ouest).

"Transition sans Kabila!"

La tension politique est vive en RDC en raison du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

En dépit d'un mandat qui a expiré fin 2016, M. Kabila est toujours au pouvoir et aucun calendrier électoral n'a encore été rendu public. Les manifestations de l'opposition ou autres mouvements citoyens sont interdites ou réprimées dans tout le pays.

La semaine dernière, la délégation de l'Union européenne en RDC, en accord avec les chefs des missions diplomatiques des États-Unis, de la Suisse et du Canada, ont appelé les autorités et les forces de sécurité à laisser les activités pacifiques de la société civile et de l'opposition "se dérouler sans perturbation".

La Constitution interdit à M. Kabila de se représenter pour un nouveau mandat, mais la justice l'a autorisé à rester à la tête du pays jusqu'à l'élection de son successeur.

En vertu d'un accord entre la majorité et l'opposition signé fin 2016 sous l'égide de l'Église catholique, les élections auraient dû se tenir avant fin 2017, mais la Commission électorale chargée de l'organiser table désormais sur 2019.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a appelé vendredi à Kinshasa à l'organisation des élections en 2018, lors d'une visite qui l'avait également conduite à Goma.

"Ce que nous attendons de votre pays, ce n'est donc ni de la pitié, ni de la charité, mais des actions concrètes, sur base de votre influence politique, diplomatique et économique, pour soutenir l'élan de notre peuple", avait alors écrit Lucha dans un mémorandum à l'attention de l'ambassadrice américaine.

"On n'est pas dans la logique des élections en 2018. Cela doit être clair pour tout le monde! Élections 2017 ou transition sans Kabila!", a écrit vendredi Fred Bauma, un des dirigeants de Lucha sur son compte twitter.

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