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Quatre morts au Venezuela dans des troubles avant les manifestations

Des manifestants de l'opposition se sont réunis contre le président Nicolas Maduro, à Caracas, au Venezuela, le 15 avril 2017.

Au moins quatre personnes sont mortes au cours de troubles dans la nuit au Venezuela, où des manifestations pour et contre le gouvernement sont attendues mercredi, ont annoncé la police et une ONG.

Un mineur de 16 ans a tué lors d'un rassemblement dans le quartier populaire de Catia, dans l'ouest de Caracas, et trois personnes sont mortes lors de pillages dans l'Etat de Bolivar (sud), selon la police et l'ONG Observatorio de Conflictividad Social.

Une statue de l'ex-président socialiste Hugo Chavez (1999-2013) a aussi été brûlée dans la nuit par des manifestants dans la ville de San Felix, également dans l'Etat de Bolivar.

En cette date historique, qui commémore les 61 ans la chute de la dictature de Marcos Perez Jimenez, le 23 janvier 1958, les opposants et partisans du président socialiste, brandissant des drapeaux vénézuéliens, commençaient à converger dans différents points de la capitale et dans d'autres villes du pays.

Sous la conduite du jeune président du Parlement, Juan Guaido, l'opposition veut tenter de dépasser ses luttes internes et remobiliser ses partisans pour exiger un "gouvernement de transition" avant de nouvelles élections.

"Nous nous rassemblons pour que Guaido soit proclamé président. Nous ne voulons plus de Maduro qui est un usurpateur. Nous sommes là pour que soit rétablie la démocratie", a déclaré à l'AFP Argenis Ramos, un professeur de 32 ans, dans l'est de Caracas.

De leur côté, les partisans du gouvernement veulent afficher leur soutien au président vénézuélien, investi le 10 janvier pour un deuxième mandat, contesté par l'opposition et non reconnu par les Etats-Unis, l'Union européenne et de nombreux pays d'Amérique latine.

Yelitze Pariata, 47 ans, qui vit dans une maison que lui a attribuée le gouvernement dans le centre de Caracas, dit vouloir "manifester pacifiquement pour soutenir le président et montrer au monde que le chavisme est uni".

Les commerces, écoles et institutions sont restés fermés mercredi, tandis que de rares véhicules étaient visibles dans les rues. Les violentes manifestations de 2017 qui ont fait 125 morts sont encore dans toutes les mémoires.

- Chars anti-émeutes-

Ces mobilisations sont organisées dans un climat explosif, deux jours après le bref soulèvement d'un groupe de 27 militaires qui se sont retranchés quelques heures dans une caserne du nord de Caracas, en lançant des appels à l'insurrection. Ils ont été rapidement arrêtés.

Mardi, le vice-président américain Mike Pence a affiché sa solidarité avec la manifestation de l'opposition. Un appel à "un coup d'Etat fasciste", a dénoncé Nicolas Maduro.

Dans la foulée du soulèvement des militaires, une trentaine d'émeutes ont été enregistrées dans des quartiers populaires de la capitale et de sa banlieue. Dans la nuit, des chars anti-émeutes ont patrouillé dans la capitale.

Cette insurrection s'est produite alors que l'opposition ne cesse d'appeler l'armée, considérée comme le principal soutien de Maduro, à rompre avec le régime.

Le Parlement a notamment promis une "amnistie" aux membres de l'armée qui refuseraient de reconnaître le nouveau mandat du chef de l'Etat.

Mardi, les députés ont approuvé cette proposition, défiant la décision de la Cour suprême, affiliée au régime, qui a déclaré nulles toutes leurs décisions.

"Ils ne peuvent pas déclaré inconstitutionnel le désir de changement d'un peuple", a affirmé Juan Guaido, selon lequel le soulèvement de lundi traduit le mécontentement croissant au sein de l'armée.

- Groupe international de contact -

Le nouveau mandat de M. Maduro est contesté par l'opposition, qui dénonce des pressions sur les électeurs lors du scrutin du 20 mai et pointe la forte abstention.

L'Union européenne espère lancer en février un groupe international de contact pour tenter de trouver une sortie, selon la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Il "réunira les acteurs régionaux et internationaux pouvant contribuer à restaurer les conditions d'une solution politique à la crise", a précisé mercredi le ministère français des Affaires étrangères. "L'impasse politique actuelle démontre la nécessité de trouver à terme un accord qui permette aux Vénézuéliens de choisir librement leurs représentants".

L'Organisation des Etats américains (OEA), dont un grand nombre de membres jugent illégitime le deuxième mandat de M. Maduro, doit elle se réunir jeudi en session extraordinaire pour examiner "les récents événements au Venezuela".

Avec AFP

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Coup de filet coordonné contre les gangs en Amérique centrale

Membres de gangs criminels au pénitencier de Chalatenango au Salvador, le 27 décembre 2019. (Reuters)

Plus de 600 membres présumés des maras, gangs criminels qui sèment la terreur dans le nord de l'Amérique centrale, ont été arrêtés jeudi dans un vaste coup de filet au Salvador, au Guatemala et au Honduras.

Le coup de filet "est mené simultanément au Honduras, au Guatemala et au Salvador", dans le cadre de l'opération "bouclier régional", qui reçoit le soutien des Etats-Unis pour la coordination et l'échange d'informations entre les trois pays dans la lutte contre les gangs, a indiqué le procureur général du Salvador Raul Melara.

Au Salvador, des mandats d'arrêts visent un total de 1.152 criminels présumés, a précisé M. Melara. Jeudi en milieu de journée 572 personnes avaient été arrêtées, selon le parquet.

Le parquet du Guatemala a annoncé de son côté l'arrestation de 36 criminels accusés de racket, l'une des principales activités des maras avec le trafic de drogue, le trafic d'êtres humains et l'assassinat sur gages. Au moins 80 perquisitions ont été menées dans la région de la capitale ainsi que dans les départements de Peten (nord), de Quetzaltenango (ouest) et de Jutiapa et Escuintla (sud), ont indiqué les autorités guatémaltèques.

"Nous répliquons à (...) des meurtres, du trafic d'êtres humains. C'est un effort de la justice pour retirer de la circulation les gangsters et les criminels", a déclaré le procureur Melara, qui a dirigé personnellement les opérations à San Salvador, la capitale du pays. Quatre chefs de gangs figurent parmi les personnes arrêtées, selon la police salvadorienne.

Le Salvador est l'un des pays les plus dangereux au monde avec, en 2019, 35,6 meurtres pour 100.000 habitants, attribués pour la plupart aux maras, qui comptent dans leurs rangs dans le pays environ 70.000 membres, dont 17.000 sont derrière les barreaux.

La violence des gangs est, avec la pauvreté, l'une des principales causes de l'émigration vers les Etats-Unis de milliers d'habitants du nord de l'Amérique centrale en quête d'une vie meilleure.

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