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RDC

Quatre membres d'équipes anti-Ebola tués dans l'est

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Quatre membres d'équipes anti-Ebola ont été tués et cinq autre blessés dans deux attaques armées dans l'est de la République démocratique du Congo, où les autorités sanitaires redoutent que l'insécurité fasse repartir l'épidémie à la hausse.

Les deux attaques ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté jeudi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Un agent du ministère congolais de la Santé et deux chauffeurs ont été tués dans l'assaut contre une "base" où vivent des personnels de la riposte anti-Ebola à Biakato dans la province de l'Ituri, a indiqué l'OMS dans un communiqué.

La victime du ministère de la Santé travaillait pour "l'équipe de vaccination".

Un policier congolais, payé par les autorités sanitaires pour garder les installations anti-Ebola, a été tué dans l'autre attaque contre un bureau de la coordination de la riposte anti-Ebola à Mangina, a ajouté l'OMS.

Mangina se trouve à quelques dizaines de kilomètres de Biakato, dans la province voisine du Nord-Kivu.

Les attaques n'ont pas été revendiquées. Les autorités congolaises accusent des "maï maï", des miliciens constitués sur une base communautaire et dont les actions vont de la défense des intérêts communautaires à la grande criminalité.

"Aucun agent de l'OMS ne figure parmi les morts, même si l'un d'entre eux a été blessé", a précisé l'OMS. "Les autres blessés sont principalement des agents du ministère (congolais) de la Santé".

"L'OMS et ses partenaires soignent les blessés et mettent d'autres membres du personnel en sécurité", selon le compte twitter de l'OMS en RDC.

"Nos bases de Biakato et de Mangina ont été attaquées presque simultanément vers minuit", a souligné le chef congolais de la riposte anti-Ebola, le docteur Jean-Jacques Muyembe.

Mangina est le lieu d'où est parti en juillet-août 2018 la dixième épidémie d'Ebola sur le sol congolais. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s'y était rendu le 1er septembre.

- "Plus de gens vont mourir" -

L'OMS est le partenaire du ministère congolais de la Santé dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola, qui a tué 2.199 personnes depuis août 2018.

"Ebola était en retrait. Ces attaques vont redonner de la vigueur à l'épidémie, et plus de gens vont mourir par conséquent", a déclaré le directeur général de l'OMS, le docteur Tedros Adhanom Gebreyesus, cité dans le communiqué.

Sept nouveaux cas d'Ebola ont été enregistrés la semaine dernière, contre 120 au pic de l'épidémie en avril dernier, selon l'OMS.

A 30 km de Mangina, les activités anti-Ebola sont menacés par l'insécurité à Beni et dans sa région, où une centaine de civils ont été massacrés depuis le 5 novembre.

Ces tueries attribuées au groupe armé ADF, à l'origine un mouvement rebelle ougandais, implanté dans l'est de la RDC où il a fait souche depuis près de vingt-cinq ans, ont provoqué depuis une semaine des manifestations de colère envers les Casques bleus présents dans la région.

L'OMS a indiqué mardi avoir transféré de Beni vers Goma 49 de ses 120 employés luttant contre Ebola.

"Les activités de contrôle sanitaire sont perturbées dans les villes de Beni et Butembo", en raison de manifestations de la population qui dénoncent "les tueries de civils", a relevé le ministère congolais de la Santé dans son dernier bulletin épidémiologique de jeudi.

L'actuelle épidémie est la plus grave dans les annales du virus de la fièvre hémorragique découvert en 1976, après celle qui a tué 11.000 personnes en Afrique de l'Ouest en 2014.

Elle a été élevée au rang "d'urgence de santé publique de portée internationale" par l'OMS en juillet dernier.

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Un leader des ADF et ses collaborateurs sanctionnés par le Trésor américain

Des soldats de la RDC déployés dans la région de Beni où les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) lancent régulièrement des attaques à l'arme blanche, tuant des civils, à Beni, Nord-Kivu, RDC, 6 juin 2016. VOA/

Le Trésor américain a ajouté sur la liste de personnes sous sanctions américaines Musa Baluku, un leader des rebelles ADF (Forces démocratiques alliées), et cinq de ses collaborateurs.

"Depuis plus de deux décennies, les ADF se sont livrés à de graves atteintes aux droits humains, commettant des viols massifs, des tortures, des meurtres et des enlèvements persistants des civils," dénonce la section de Contrôle des actifs étrangers du Département américain du Trésor (OFAC).

"Musa Baluku est le chef des ADF, une entité qui a commis ou dont les membres se sont livrés à de graves atteintes aux droits humains liées à son mandat," précise l’OFAC sur son site internet.

Le Trésor américain rappelle qu’en 2014, l'OFAC et les Nations Unies avaient désigné les ADF comme "un groupe armé actif en RDC qui cible les enfants dans les situations de conflit armé" et s’illustre notamment "en tuant, violant, enlevant et déplaçant de force" les populations, "frappant la région des Grands Lacs".

Les Etats-Unis relèvent notamment que les ADF "continuent de perpétuer une violence généralisée et d'innombrables violations des droits de l'homme, notamment l'enlèvement, le recrutement et l'utilisation d'enfants lors d'attaques et d'autres opérations violentes".

Les autorités américaines déplorent que les raids nocturnes des ADF et les enlèvements de civils n’aient pas diminué même si l’armée congolaise a lancé depuis fin octobre une "grande offensive", neutralisant des leaders du groupe.

En plus de Musa Baluku, cinq autres membres de ce mouvement rebelle constitué en majorité d'Ougandais musulmans sont aussi frappés de sanctions : Amigo Kibirige, Muhammed Lumisa, Elias Segujja, Kayiira Muhammad et Amisi Kasadha.

Les cinq sont accusés d’avoir matériellement aidé, parrainé ou fourni un soutien financier, matériel ou technologique, ou des biens ou des services aux ADF.

Ils figurent parmi 18 personnes que le Trésor américain a sanctionnées. Les autres sont de Birmanie, du Pakistan, de la Libye, de Slovaquie, du Soudan du Sud.

Les sanctions consistent, entre autres, en la privation de visa pour les Etats-Unis et au gel des avoirs des intéressés dans ce pays.

Tension à Goma après la mort d'un jeune manifestant tué par la police

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Vive tension à Goma après la mort d’un jeune élève

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L'Union européenne maintient ses sanctions sauf pour deux officiels

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Une policière arrêtée pour avoir tiré à bout portant sur un jeune manifestant en RDC

Des policiers à Goma en RDC le 27 décembre 2018.

Une policière a été arrêtée après avoir tiré à bout portant sur un jeune manifestant qui est mort mardi lors d'un rassemblement contre l'insécurité à Goma dans l'est de la République démocratique du Congo, a indiqué la police.

"Je viens d'arrêter le policier qui a tiré à bout portant sur ce jeune. C'est une policière. Nous venons de la remettre entre les mains des autorités compétentes", a déclaré le commandant de police Jean-Baptiste Bukili à un correspondant de l'AFP.

"Un jeune d'environ 14 ans a été tué à bout portant par un policier", a témoigné un chef de quartier, Gervais Katembo.

Selon lui, les manifestants "ont brûlé le poste de police" pour dénoncer l'insécurité dans les quartiers nord de la ville.

"Les bandits ont opéré cette nuit vers Kisoko et ont emporté des biens de la population. Lorsque la population voulait poursuivre les bandits, la police les a empêchés, c'est qui a suscité la colère des habitants", a-t-il expliqué.

Largement diffusées sur Twitter, les photos d'un jeune garçon étendu sur le dos, son tee-shirt blanc ensanglanté, et de la policière arrêtée par un homme en tenue militaire, a provoqué de vives réactions jusqu'au sein du gouvernement central.

Le ministre de la Jeunesse Billy Kambale a dénoncé "la violence répétée des policiers sur les manifestants".

"Dans n'importe quelle situation on ne peut justifier le fait qu'un agent de l'ordre tire sur un élève. La justice doit se saisir du cas du policier qui vient de tirer à bout portant sur un élève à Goma", a écrit sur Twitte le ministre.

"Nous exigeons qu'il y ait ouverture du procès de flagrance sur le meurtre de ce jeune tué vers Kisoko. Ce n'est pas possible que le policier continue à utiliser les armes létales en pleine manifestations", a déclaré l'avocat, député provincial vice-président de l'Assemblée du Nord-Kivu, Jean-Paul Lumbulumbu.

A Goma à la mi-journée (10h00 GMT), la situation était toujours tendue entre policiers et manifestants. Les artères principales des quartiers Katoy et Majengo étaient barricadées et jonchées de pierres.

La circulation était quasi inexistante et les activités paralysées.

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