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Burkina-Faso

Quatre catholiques tués lors d'une procession religieuse

Alimata Dicko, déplacée peul, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Quatre catholiques ont été tués lundi lors d'une procession religieuse en honneur de la vierge Marie à Zimtenga, dans le nord du Burkina Faso, au lendemain de l'attaque d'une église, attribuée à des djihadistes, ayant fait six morts dont un prêtre.

Ces violences s'inscrivent dans une stratégie de tension où le Burkina, déstabilisé par le renversement du président Blaise Compaoré en 2014, est confronté à une multiplication des attaques de groupes islamistes qui ciblent de plus en plus fréquemment les églises, selon des experts.

Lundi, "la statue de la Vierge avait été sortie pour faire le tour de la paroisse (...) A l'entrée du village de Singa un groupe de terroristes a intercepté le cortège. Ils ont tué 4 fidèles et brûlé la statue", a déclaré mardi un responsable de la communication de la cathédrale de Ouagadougou à l'AFP.

Selon l'Agence nationale de presse burkinabè, les assaillants ont stoppé la procession. "Ils ont laissé partir les mineurs, exécuté quatre adultes et détruit la statue de la Vierge", a raconté un habitant cité par l'AIB.

"Hier (lundi) dans l'archidiocèse de Ouahigouya (grande ville du Nord), des individus ont attaqué des catholiques, faisant quatre victimes", a déclaré de son côté Mgr Paul Ouédraogo, président de la conférence épiscopale Burkina Faso-Niger lors de l'assemblée plénière de la conférence épiscopale d'Afrique de l'Ouest réunissant une centaine d'évêques de 16 pays à Ouagadougou.

Dimanche, six personnes, dont le prêtre célébrant la messe, avaient été tuées lors d'une attaque, attribuée à des djihadistes par les autorités, contre une église catholique à Dablo, commune de la province du Sanmatenga, également dans le nord du Burkina Faso.

Fin avril dernier, six autres personnes dont un pasteur, avaient été tuées dans l'attaque d'une église protestante à Silgadji, toujours dans le nord. Il s'agissait de la première attaque djihadiste d'une église au Burkina depuis 2015.

Dimanche, le gouvernement avait dans un communiqué "observé qu'après avoir échoué à opposer les communautés par des assassinats ciblés de chefs coutumiers et de leaders communautaires, les groupes terroristes s'attaquent maintenant à la religion dans le funeste dessein de nous diviser".

Ouahigouya, troisième ville du pays et centre névralgique du Nord, avait subi sa première attaque qui a fait un mort attribuée à des djihadistes le 7 mai. D'autres villes plus au sud ont également déjà été la cible des djihadistes.

- "Logique des terroristes" -

Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières, attribuées à des groupes djihadistes, dont Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et l'organisation État islamique au grand Sahara (EIGS).

D'abord concentrées dans le Nord, ces attaques ont ensuite visé la capitale Ouagadougou et d'autres régions, notamment l'Est, et fait depuis 2015 près de 400 morts, selon un comptage de l'AFP.

Les attaques d'églises surviennent au moment où la France, qui lutte contre les groupes djihadistes au Sahel, a mené la semaine dernière une opération pour libérer quatre otages - deux Français, une Sud-Coréenne et une Américaine - aux mains de djihadistes, également dans le nord du Burkina.

Les attaques djihadistes ciblent régulièrement des responsables religieux, chrétiens et musulmans, principalement dans le Nord du pays où les chrétiens représentent environ 35% de la population, les musulmans quelque 65%.

À la mi-mars, l'abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo (Nord) a été enlevé par des individus armés. Le 15 février, le père César Fernandez, missionnaire salésien d'origine espagnole, a été tué dans le Centre-Est.

Plusieurs imams ont également été assassinés par les djihadistes dans le Nord. Selon des sources sécuritaires, ceux-ci étaient "considérés comme pas assez radicaux" par les djihadistes ou "accusés de collaborer avec les autorités".

L'attaque des églises fait partie de la stratégie des djihadistes, selon des experts, alors que chrétiens et musulmans cohabitaient plutôt bien au Burkina.

"C'est quelque chose qui rentre dans la logique des terroristes", a estimé récemment Paul Oumarou Koalaga, consultant en géopolitique et spécialiste du Sahel.

"On a commencé d'abord avec un certain nombre de cibles symboliques : des forces de défense, les premiers ennemis, puis les grandes infrastructures économiques et financières comme les hôtels ... Ensuite, on attaque l'état-major des armées, les enseignants ... Tout cela c'est quelque chose de bien pensé et qui monte en puissance", poursuit-il.

Pour Corinne Dufka de Human Rights Watch, les attaques ciblées récentes de chrétiens ou de certains groupes ethniques sont "une des stratégies" des djihadistes "pour faire monter les tensions ethniques et déstabiliser le pays".

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François Compaoré se tourne vers la Cour de cassation contre son extradition

François Compaoré, frère de l'ancien président déchu Blaise Compaoré, 20 décembre 2012.

La Cour de cassation en France s'est penchée mardi sur le recours de François Compaoré contre son extradition vers le Burkina Faso, où ce frère de l'ex-président déchu est mis en cause dans l'assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

La plus haute juridiction judiciaire française doit se prononcer le 4 juin sur le pourvoi, à l'appui duquel la défense de François Compaoré a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur les textes régissant l'extradition.

Le 5 décembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait autorisé son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un "non-lieu" en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de l'ex-président Blaise Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

Alors qu'il enquêtait à l'époque sur la mort de David Ouédraogo -chauffeur de François Compaoré -, le journaliste burkinabè Norbert Zongo, 49 ans, et trois personnes qui l'accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule en décembre 1998 dans le sud du Burkina Faso.

Agé de 64 ans, François Compaoré avait été arrêté à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017 sur la base d'un mandat d'arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

A ce jour, il n'est pas inculpé dans son pays dans cette affaire, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

Devant la Cour de cassation, l'avocat de François Compaoré, Me François-Henri Briard, a souligné le caractère "très sensible" du dossier.

Celui-ci concerne un "pays politiquement instable", "dans lequel la justice est délabrée" et où l'on "pratiquait encore la condamnation à mort l'année dernière", a-t-il fait valoir.

Un dossier sensible aussi du fait du nom du requérant, dont le frère s'est réfugié en Côte d'Ivoire. Une "voie facile de vengeance" est de diriger "des poursuites vers le frère", a affirmé Me Briard.

Or, pour s'assurer du respect des règles du procès équitable - indispensable pour autoriser une extradition - la chambre de l'instruction ne s'est appuyée que sur des éléments fournis par les autorités burkinabè, a observé l'avocat, en remettant en cause leur impartialité.

C'est "un homme mort s'il rentre au Burkina Faso", a-t-il assuré.

L'avocate générale a pour sa part expliqué que le ministère de la Justice burkinabè avait "pris l'engagement que M. Compaoré bénéficierait de conditions d'incarcération très améliorées", dans l'hypothèse d'une condamnation dans son pays.

Pour être effective, une extradition doit aussi être autorisée par un décret du gouvernement français.

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