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Téhéran attaque Washington devant la CIJ

La Cour internationale de justice, La Haye, Pays-Bas, le 16 décembre 2015.

La justice internationale est appelée à se prononcer sur le différend qui oppose l'Iran et les Etats-Unis, alors que Téhéran tente de mettre fin au rétablissement des sanctions américaines.

La République islamique a entamé une procédure devant la Cour internationale de justice (CIJ), organe judiciaire principal de l'ONU, dont les audiences s'ouvrent lundi.

De quoi parle cette affaire?

Dans une nouvelle bataille judiciaire opposant Téhéran et Washington devant la CIJ, l'Iran tente de bloquer les sanctions américaines rétablies par Donald Trump.

Le président américain a annoncé en mai le retrait de son pays de l'accord international sur le nucléaire, conclu en 2015 entre l'Iran et les grandes puissances.

L'accord, dans lequel Téhéran s'engage à ne jamais chercher à se doter de l'arme atomique, a été qualifié d'"horrible" par Donald Trump, qui a choisi de rétablir des sanctions unilatérales sévères.

L'Iran accuse à présent les Etats-Unis de faire subir un "siège" à son économie. La République islamique souhaite que la CIJ, basée à La Haye, ordonne à Washington de stopper temporairement les mesures, avant que les juges ne se prononcent sur le fond de l'affaire par la suite.

L'initiative de Téhéran est-elle légitime?

L'affaire comporte deux éléments, a affirmé Eric De Brabandere, professeur en "Règlement des différends internationaux" à l'Université de Leiden.

"Premièrement, l'Iran considère véritablement que la réimposition des sanctions est une violation du droit international."

Deuxièmement, "d'un point de vue politique, l'Iran est soutenu par de nombreux Etats européens sur la questions des sanctions", a ajouté M. De Brabandere.

Les représentants de l'Iran vont tout d'abord devoir convaincre la CIJ que ses 15 juges permanents basés au Palais de la Paix ont bien le pouvoir juridictionnel pour entendre l'affaire.

Téhéran base ses arguments sur un traité peu connu entre l'Iran et les Etats-Unis, signé en 1955. Ce traité prévoit des "relations amicales" entre les deux pays, tout en encourageant les échanges commerciaux et les investissements.

Malgré ce texte, l'Iran et les États-Unis n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Quels seront les arguments de Washington?

Selon Eric De Brabandere, les Etats-Unis plaideront l'incompétence de la Cour internationale de justice, en argumentant qu'elle "n'a pas la juridiction" nécessaire.

Les représentants de Washington pourraient invoquer deux arguments.

L'un d'eux est que le traité de 1955 n'est plus en vigueur, car il s'agit d'un "traité d'amitié" entre deux nations devenues adversaires depuis presque 40 ans.

L'autre est que le différend ne porte "pas sur le traité, mais bien sur les sanctions et les activités terroristes présumées de l'Iran", a expliqué M. De Brabandere.

"Washington va sûrement argumenter que le différend porte sur quelque chose de bien plus large qu'un traité", par exemple les ambitions nucléaires de Téhéran.

En outre, il existe une clause dans le traité de 1955 qui permet aux Etats de prendre "toute mesure visant à protéger les intérêts essentiels de sécurité".

Est-ce que l'Iran peut gagner?

"Je pense que c'est très probable que la CIJ décide d'entendre l'affaire, sur base du traité de 1955", a indiqué Eric De Brabandere à l'AFP.

Il est cependant plus difficile d'établir si l'affaire sera un succès sur le fond -- autrement dit, de déterminer si les Etats-Unis ont manqué à leurs obligations légales ou non.

"La portée du traité de 1955 est relativement étroite", a-t-il estimé. "La CIJ peut seulement se prononcer si les Etats-Unis ont violé leurs obligations envers ce traité spécifique".

Les juges de la Cour n'auront donc pas le droit de statuer sur ce qui pourrait être considéré comme un différend plus large entre les deux pays.

L'issue de l'affaire, qui ne sera probablement pas connue avant plusieurs années, "est très difficile à prévoir", a conclu le professeur De Brabandere.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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