Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

République du Congo

Procès du dernier suspect vivant dans une tentative d'assassinat d'un opposant congolais en France

L'ancien général congolais Ferdinand Mbaou à Paris, le 21 septembre 2018.

Il y a un an, deux anciens espions étaient accusés d'avoir voulu tuer un opposant congolais réfugié en France. Six mois plus tard, l'un d'eux était assassiné. L'autre pourrait obtenir vendredi de la justice française l'annulation des poursuites.

La chambre de l'instruction de Lyon (centre-est), qui doit trancher, a été saisie par la défense dès le début de cette affaire obscure dans laquelle, de l'avis d'un avocat, "on ne sait pas qui sont les amis et qui sont les ennemis".

La victime du complot présumé, Ferdinand Mbaou, 62 ans, domicilié en région parisienne, a fui son pays, le Congo-Brazzaville, il y a une vingtaine d'années quand Denis Sassou Nguesso a repris le pouvoir en renversant le président Pascal Lissouba, pour lequel il travaillait.

Depuis 2015, il vit avec une balle fichée dans le dos, victime d'une tentative d'assassinat non élucidée.

Selon l'accusation, deux ex-agents de la Direction générale française de la Sécurité extérieure (DGSE), mis en examen pour association de malfaiteurs et détention d'explosifs, projetaient de l'éliminer pour le compte du régime congolais.

"Mais il n'y a pas l'ombre d'un indice dans ce dossier", estime Me Marie-Alix Canu-Bernard, avocate du seul ancien agent survivant, Bruno Susini, 51 ans. "Ni un gramme d'explosif. Les chiens des enquêteurs n'ont même pas marqué durant la perquisition", abonde Me Cédric Huissoud.

Lui défendait Daniel Forestier, 57 ans, dont le corps a été retrouvé criblé de balles le 21 mars sur un parking de Haute-Savoie (est), son département natal, où il était revenu après sa carrière militaire.

- Deux amis -

Les deux suspects étaient amis de longue date.

L'histoire voudrait pourtant que Forestier ait "balancé" Susini, reconverti comme employé portuaire en Corse-du-Sud après avoir été chanteur - selon une source proche du dossier, il effectuait aussi des missions au Congo "à titre personnel".

Tout repose sur des confidences que M. Forestier aurait faites à deux agents de la Direction générale française de la Sécurité intérieure (DGSI) venus l'entendre au commissariat d'Annemasse, proche de chez lui. Lors de cette entrevue, dont le cadre reste flou, il aurait révélé le complot visant M. Mbaou en évoquant des repérages effectués à la demande de M. Susini.

Le procureur de Lyon est alors prévenu et les suspects sont placés en garde à vue. Les agents de la DGSI confirment leur version tandis que M. Forestier nie les propos qu'on lui prête. M. Susini dément quant à lui toute implication.

"Aucune pièce n'établit la teneur ni les modalités de ce curieux entretien d'Annemasse", relève Me Canu-Bernard. La DGSI aurait transmis une note, absente du dossier. Sollicité par l'AFP, le parquet a décliné tout commentaire.

- "Cible" -

"Ce n'est pas un renseignement bricolé sur un coin de table, c'est précis, circonstancié. On ne voit pas l'intérêt de la DGSI à révéler tout ça, si ce n'est face à un danger", soulignent de leur côté les avocats de Ferdinand Mbaou. "Les enquêtes le concernant prennent toujours beaucoup de temps", s'étonnent ces avocats, Mes Henri Thulliez et Vincent Brengarth.

La défense, elle, reproche aux magistrats français d'être allés trop vite. "C'est parce qu'il a été mis en examen et que son nom a fuité que mon client est devenu une cible", dénonce l'avocat de M. Forestier en n'excluant aucune piste, même "une guerre entre services".

Jusque-là, la vie de Daniel Forestier semblait tranquille. Marié, père de deux enfants, il a géré plusieurs années un commerce à Lucinges (est), où il était élu et organisait la fête du village.

Son passé n'était pas un secret: trois romans, publiés sous son nom, racontent les aventures d'un "barbouze de la République". L'un d'eux mentionnait les états de service de l'auteur.

Récemment, il avait travaillé pour une société suisse de sécurité privée, au service de dirigeants d'un pays de l'Est selon ses dires - le Kazakhstan, d'après le journal Le Monde. Sa mise en cause l'a-t-elle soudainement exposé? Quand on l'a tué, il avait démissionné pour devenir magnétiseur.

Me Huissoud, qui représente aujourd'hui la famille, attend "avec impatience" la décision concernant M. Susini: pour lui, une annulation des poursuites laverait aussi le défunt de tout soupçon.

Avec AFP

Toutes les actualités

Chantiers de Tshisekedi : un patron des travaux publics interpellé à Kinshasa

Le chantier de construction d'un saut-de-mouton dans le quartier de Debonhomme à Kinshasa, le 7 février 2020. (Capture d'écran)

Des enquêtes sur la mauvaise gestion présumée des grands travaux présidentiels ont conduit à l'interpellation d'un patron du BTP en République démocratique du Congo, où les autorités tentent de lutter contre la corruption endémique, a indiqué jeudi le ministre de la Justice.

Le directeur général de la société Safricas "a été retenu au parquet" mercredi, a expliqué à l'AFP le ministre de la Justice Célestin Tunda Ya Kasende.

"Il lui est reproché sa mauvaise gestion (...). Est-ce que ce sont des détournements? Est ce que ce sont des abus de confiance? C'est le juge qui va le déterminer", a-t-il expliqué.

Safricas est l'une des entreprises qui construisent une demi-douzaine de ponts routiers devant enjamber la chaussées à Kinshasa pour en finir avec les bouchons aux grands croisements de la capitale.

Connus par les Kinois sous le nom de "Sauts-de-mouton", ces futurs échangeurs routiers sont le symbole des "travaux d'urgence" lancés en mars-avril par le nouveau président Tshisekedi, sous le nom du "programme des 100 jours".

Polémique autour de travaux de sécurité routière à Kinshasa
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:57 0:00

Près d'un an après, les "Sauts-de-mouton" sont toujours inachevés, comme d'autres chantiers lancés dans la foulée de l'investiture du président le 24 janvier 2019.

Le président avait décidé "d'un audit sur l'utilisation des fonds débloqués pour la construction de ces ouvrages", selon le compte-rendu du conseil des ministres du 6 février.

Le chef de l'État avait fait une tournée d'inspection des chantiers des "sauts-de-mouton" le 13 février.

"Tout porte à croire qu'il s'est réellement passé quelque chose d'anormal", a commenté samedi le président par intérim du parti présidentiel UDPS, Jean-Marc Kabund.

"L'UDPS exige la démission de toute personne (...) sur qui repose une once de soupçon dans le cadre du programme des 100 jours du chef de l'État", a-t-il ajouté dans un discours lors du 38e anniversaire du parti.

Le président Tshisekedi vient de nommer sept haut-magistrats pour réformer la justice et lutter contre la corruption.

Dans le même temps, les magistrats font grève depuis dix jours pour obtenir de "meilleures conditions du travail".

La RDC occupe la 168e place sur 180 pays dans l'indice de perception de la corruption établi par l'ONG Transparency international, dans un rapport rendu public fin janvier.


Tshisekedi commence à réformer la justice congolaise pour mieux lutter contre la corruption

Les juges de la Cour constitutionnelle lors du verdict qui a invalidé le recours de Martin Fayulu et confirmé la victoire de Tshisekedi à l'élection présidentielle du 19 janvier 2019 à Kinshasa. (Caroline THIRION / AFP)

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a imprimé sa marque sur la haute magistrature en assistant mercredi à la prestation de serment de hauts magistrats qu'il vient de nommer pour réformer la justice, avec pour priorité la lutte anti-corruption.

"Nul doute qu'une nouvelle ère pointe à l'horizon dans la gestion de l'appareil judiciaire pour une meilleure justice, équitable pour tous", a proclamé la présidence de la République dans un communiqué.

Ces nominations ont suscité beaucoup d'espoirs chez les défenseurs des droits humains qui accusent la justice d'être corrompue, lente et de se prononcer à la tête du client.

L'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) attend une "lutte concrète et rapide contre, notamment, la corruption et les crimes graves".

La RDC occupe la 168e place sur 180 pays dans l'indice de perception de la corruption établi par l'ONG Transparency international, dans un rapport rendu public fin janvier.

L'envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands lacs, Peter Pham, avait insisté sur le fait que Washington était prêt à aider la RDC à lutter contre la corruption et l'impunité, en rencontrant tour à tour le président Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila la semaine dernière à Kinshasa.

Des hauts magistrats de la cour de Cassation (procureur général et premier président), du Conseil d'Etat (procureur général) et de la justice militaire (premier président de la Haute Cour Militaire) très active en RDC, ont prêté serment.

Le nouveau procureur général près la Cour constitutionnelle, qui peut mettre le chef de l'Etat en accusation, prêtera serment plus tard "devant le Parlement réuni en congrès", a expliqué une conseillère du président Tshisekedi.

Ces mouvements interviennent au moment où des enquêtes sont lancées sur l'utilisation des fonds alloués à des chantiers publics dans le cadre d'un programme d'urgence initié par le chef de l'État et gérés par ses proches collaborateurs.

Le président Tshisekedi est un ancien opposant, investi le 24 janvier 2019. Il a succédé à Joseph Kabila avec les partisans duquel il a formé un gouvernement de coalition. Ces derniers restent majoritaires dans toutes les autres institutions du pays.

"Biens mal acquis": un des fils du président Sassou Nguesso n'a pas été mis en examen selon un avocat

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, arrive pour une visite au Palais de l'Elysée à Paris, le 3 septembre 2019. (AFP)

Le nom de Denis Christel Sassou Nguesso est cité dans l'enquête sur le vaste patrimoine en France de familles dirigeantes africaines, mais le fils du président du Congo n'a pas été inculpé, contrairement à ce qu'avait affirmé à l'AFP le 7 février un avocat ayant accès au dossier.

"Denis Christel Sassou Nguesso, contrairement aux informations rapportées, n'a jamais été mis en examen (inculpé) dans cette affaire", a fait savoir dans un communiqué son avocat Me Jean-Jacques Neuer, qui dénonce une "campagne de déstabilisation".

Son client n'a jamais été entendu par le juge d'instruction et aucun de ses biens n'est saisi par la justice française, a-t-il précisé auprès de l'AFP, au sujet d'informations diffusées dans d'autres médias.

La nouvelle, publiée vendredi 7 février à la mi-journée par un hebdomadaire français, avait été confirmée dans l'après-midi à l'AFP par un avocat ayant accès au dossier. Contacté, le parquet national financier (PNF) n'avait pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Pendant une semaine, aucune autorité judiciaire ni acteur du dossier n'a démenti l'information.

"Le PNF confirme cette infirmation" apporté par l'avocat de Denis Christel Sassou Nguesso, fait désormais savoir le parquet financier, sans plus de précisions.

Député d'Oyo (nord), fief de son père Denis Sassou Nguesso qui cumule 36 ans à la tête du Congo, Denis Christel a été jusqu'en 2016 la deuxième personnalité de la puissante Société nationale des pétroles du Congo (SNPC).

Le nom de Denis Christel, dit "Kiki le pétrolier", est cité à plusieurs reprises dans l'enquête dite des "biens mal acquis", menée depuis 2009 par des juges anticorruption français après une plainte de trois associations.

Dans un réquisitoire supplétif du 29 décembre 2017, consulté par l'AFP, le PNF demandait aux juges d'instruction d'enquêter sur le "train de vie hors norme" de Denis Christel Sassou Nguesso et de sa nouvelle compagne, "séjournant notamment à Paris dans un hôtel particulier acquis (....) pour un montant de 4 millions d'euros".

L'enquête porte sur des soupçons de détournements de fonds publics qui auraient permis l'acquisition d'un vaste patrimoine en France par la famille Nguesso ainsi que la famille Bongo, qui dirige le Gabon.

Dans le volet congolais, cinq membres de la famille Nguesso sont inculpés depuis 2017: une fille du président et son mari - Julienne Sassou Nguesso et Guy Johnson -, ainsi que deux neveux du président, Wilfrid Nguesso et Edgar Nguesso, et la mère de ce dernier, Catherine Ignanga.

Impayés depuis des années, les ex-agents de la poste manifestent à Brazzaville

Manifestation des anciens travailleurs de la poste du Congo-Brazzaville, février 2020. (Arsène Séverin /VOA)

Les anciens travailleurs de la poste du Congo-Brazzaville, en retraite depuis 11 ans, affirment n’avoir jamais perçu leur pension. Ils organisent chaque jour un concert de casseroles au centre-ville de Brazzaville, dans l'espoir d'attirer l'attention des autorités.

Chaque jour, entre 8 et 14 heures, des silhouettes visiblement fatiguées, mais affichant un mental de fer, animent un concert bruyant devant les locaux de la poste, en plein centre-ville.

A Brazzaville, 1200 anciens travailleurs mécontents organisent chaque jour un concert de casseroles
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:48 0:00


Il s'agit des anciens agents de l'Office national des postes et télécommunication (ONPT), une entreprise publique dissoute depuis des années. Estimés à environ 1200, ils affirment n’avoir jamais perçu leur pension comme promis il y a 11 ans.

Gilbert Edoli, le chef d'orchestre, déplore l’indifférence des autorités à leur égard et affirme que les manifestants ne lèveront le siège que lorsqu’ils auront obtenu gain de cause. "Nous ne pouvons pas arrêter, nous avons fait beaucoup de concessions", précise-t-il, dépité.

Malgré les difficultés, bouchons aux oreilles, ils sont nombreux à rallier le centre-ville pour réclamer leur dû. "Sous le soleil accablant, sous la pluie, nous sommes là", déclare Christine, une manifestante. "On tape sur les bidons, les jantes de véhicules, les marmites. On tape aussi fort pour que les autorités écoutent", renchérit un autre manifestant qui a préféré rester anonyme.

Au début, selon une source, la situation concernait 2.341 travailleurs. Au fil des années, bon nombre de leurs anciens collègues sont morts; d’autres souffrent de maladies dont ils ne peuvent pas se soigner, faute d'argent.

"Depuis onze ans, nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Nous sommes devenus des mendiants. J'ai des enfants en Terminale, mais je ne peux pas payer leur inscription pour le baccalauréat", dénonce un autre ancien agent. "Vraiment, c'est inexplicable, c'est un calvaire que nous vivons ici", conclut-il.

A Brazzaville, 1200 anciens travailleurs mécontents organisent chaque jour un concert de casseroles

A Brazzaville, 1200 anciens travailleurs mécontents organisent chaque jour un concert de casseroles
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:48 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG