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Procès en destitution: la défense de Trump tente de parer les révélations de Bolton

Les avocats du président Donald Trump Jay Sekulow et Pat Cipollone au sénat le 25 janvier 2020 (REUTERS/Joshua Roberts)

Les avocats de Donald Trump ont tenté lundi de reprendre l'offensive après les révélations explosives d'un ancien conseiller de la Maison Blanche qui ont fragilisé la défense du président américain dans son procès en destitution devant le Sénat.

Ils se sont aussi lancés dans une attaque en règle contre l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, un possible rival à l'élection présidentielle du 3 novembre.

Le milliardaire républicain fait l'objet de cette procédure historique pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur Joe Biden et sur les affaires de son fils Hunter dans ce pays gangrené par la corruption.

Majoritaires à la Chambre des représentants, les démocrates l'ont mis en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès" le 18 décembre sans aucune voix républicaine.

Ils estiment que le président a essayé de "salir" son adversaire potentiel pour faciliter sa réélection et qu'il a utilisé les moyens de l'Etat, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour Kiev, pour parvenir à ses fins.

Dans sa plaidoirie, la défense de Donald Trump a affirmé que la destitution était une "arme thermonucléaire" trop dangereuse pour s'appliquer en l'absence de "crime" au sens pénal du terme.

- Arme politique -

"L'abus de pouvoir est une arme politique. Elle devrait être utilisée contre des adversaires politiques et laissons les électeurs en décider", a martelé le célèbre constitutionnaliste Alan Dershowitz, dernier à plaider lundi.

Dans un long exposé aux allures de cours magistral, il est allé plus loin que l'argument-phare de la Maison Blanche selon laquelle il n'y a pas eu de "pression" sur Kiev ou de "donnant-donnant".

Une stratégie fragilisée par les révélations de l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

"Le +donnant-donnant+ n'est pas un cas d'abus de pouvoir, cela fait partie de la politique étrangère conduite par les présidents depuis le début", a expliqué l'avocat devant les sénateurs.

"Rien dans les révélations de M. Bolton, même si elles sont vraies, pourrait être du niveau de l'abus de pouvoir et de la destitution", a-t-il martelé.

John Bolton affirme dans un livre à paraître prochainement que Donald Trump lui a confié en août ne pas vouloir débloquer l'aide militaire destinée à l'Ukraine sans enquête sur les Biden.

"Je n'ai JAMAIS dit" ça à John Bolton, a démenti l'hôte de la Maison Blanche, en accusant son ancien conseiller, limogé en septembre, de vouloir "vendre son livre".

Les avocats de Donald Trump ont aussi tenté de démontrer qu'il était dans son droit en s'inquiétant d'une possible "corruption" des Biden en Ukraine.

L'ancienne procureure de Floride Pam Bondi a relevé qu'Hunter Biden avait gagné "des millions" de dollars en siégeant au conseil d'administration du groupe gazier ukrainien Burisma au moment où son père, alors vice-président de Barack Obama, était chargé de la politique américaine dans ce pays.

- "Théorie du complot" -

Hunter Biden n'aurait "probablement pas" été engagé par Burisma si son père n'avait pas été vice-président, a assené cette fervente supportrice de Donald Trump, en rappelant que plusieurs personnes s'étaient émues déjà à l'époque d'un "apparent conflit d'intérêt".

Elle a également suggéré que M. Biden avait obtenu le limogeage du procureur général ukrainien alors chargé de la lutte anti-corruption, pour protéger l'employeur de son fils.

L'équipe de campagne de M. Biden a dénoncé l'utilisation par Mme Bondi d'une "théorie du complot" qui a été "complètement réfutée".

En marge du procès, l'élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff a reproché aux avocats de ne pas avoir réussi à expliquer "pourquoi le président a exprimé un intérêt pour Hunter Biden uniquement quand Joe Biden s'est porté candidat à la présidence".

Dans un nouvel extrait de son futur livre dévoilé lundi par le New York Times, M. Bolton raconte en outre avoir fait part au ministre de la Justice Bill Barr de son inquiétude face aux "faveurs" accordées par M. Trump aux dirigeants chinois et turc.

Les révélations de John Bolton ont semblé faire bouger les lignes au sein de la majorité républicaine au Sénat, dont les 53 élus (sur 100) ont jusqu'ici toujours refusé de convoquer le conseiller de M. Trump, comme le réclament les procureurs démocrates.

Au moins trois élus modérés --Mitt Romney, Susan Collins et Lisa Murkowski-- ont suggéré qu'ils pourraient voter en faveur d'une audition de M. Bolton.

Ce vote devrait intervenir en fin de semaine, une fois que la défense aura bouclé sa plaidoirie et que les sénateurs auront posé, par écrit, leurs questions aux deux parties.

Il suffira que quatre républicains s'allient aux démocrates pour que John Bolton soit convoqué. L'ancien conseiller a fait savoir qu'il accepterait de répondre à une assignation à comparaître.

Même si les démocrates remportent cette bataille, in fine, ils semblent voués à perdre le procès.

La Constitution fixe en effet une majorité des deux tiers pour destituer un président. Pour y parvenir, il faudrait que 20 républicains fassent défection, ce qui paraît totalement improbable.

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Affaire George Floyd: l'État du Minnesota aggrave les chefs d'accusation contre le principal accusé

Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, lors d'une conférence de presse à St Paul (Minnesota) sur l'enquête relative à la mort de George Floyd. (Photo: AP)

Le procureur général de l'État du Minnesota, Keith Ellison, a augmenté mercredi les charges pénales contre l'ancien policier de Minneapolis accusé d’avoir causé la mort de George Floyd.

Ainsi Derek Chauvin, l’ex-policier en question, est désormais accusé de meurtre au second degré ; par ailleurs, les trois autres policiers présents sur les lieux — Tou Thao, J. Alexander Kueng and Thomas Lane — ont été inculpés de complicité de meurtre.

La nouvelle a été révélée lors d'une conférence de presse durant laquelle M. Ellison, qui est lui-même Afro-Américain, a expliqué son raisonnement.

"Nous croyons fermement que ces développements sont dans l'intérêt de la justice pour M. Floyd, sa famille, cette communauté et notre État", a-t-il déclaré. "George Floyd est important. Il était aimé, c’était un être cher pour sa famille et sa vie avait de la valeur", a ajouté M. Ellison.

Ces charges supplémentaires sont autorisées par la jurisprudence américaine car, pour tout crime présumé, plusieurs autorités peuvent se déclarer compétentes.

À l'origine, M. Chauvin n'avait été inculpé que par le procureur du comté. Désormais, le procureur général de l'État, qui est élu séparément du gouverneur, a ajouté ses propres chefs d’accusations. Une enquête fédérale est également en cours, bien qu'elle ne porte que sur les éventuelles violations des droits civils.

Selon Pioneer Press, le procureur général démocrate a pris l'affaire en main il y a seulement deux jours, à la demande du gouverneur Tim Walz, qui est aussi du parti démocrate.

M. Ellison, 56 ans, est un avocat de formation. Il a pris le poste de procureur général du Minnesota en 2019 après avoir servi pendant 12 ans comme membre élu du Congrès fédéral. Homme pieux qui souscrit à la foi musulmane, M. Ellison a également occupé les fonctions de vice-président du parti démocrate de 2017 à 2018.

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