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Primaires démocrates: Sanders remporte le New Hampshire, Biden s'effondre

Bernie Sanders, Manchester, New Hampshire, le 11 février 2020.

En promettant de "battre Donald Trump", le socialiste Bernie Sanders a salué mardi sa victoire dans la primaire démocrate du New Hampshire, tandis que l'ancien vice-président Joe Biden a essuyé un cuisant revers dans la course pour défier le président républicain en novembre.

Les modérés Pete Buttigieg et Amy Klobuchar talonnent le sénateur indépendant Bernie Sanders, désormais installés dans le groupe des candidats susceptibles de remporter l'investiture démocrate.

"C'est le début de la fin pour Donald Trump", a lancé à une foule en liesse Bernie Sanders, nouveau favori de la course.

Une fois les résultats de neuf bureaux de vote sur dix rendus, le vétéran de la politique avait remporté 26% des suffrages, suivi par l'ex-maire Pete Buttigieg (24%) et la sénatrice Amy Klobuchar (20%), selon les comptabilisations des médias américains.

Longtemps favori, Joe Biden affichait un résultat humiliant en n'arrivant que cinquième et loin derrière (8%).

Il est devancé par la sénatrice progressiste Elizabeth Warren (9%) qui elle aussi enregistre un score extrêmement décevant.

Bernie Sanders, 78 ans, et Pete Buttigieg, 38 ans, se présentaient en favoris dans cette primaire du New Hampshire après avoir dominé il y a huit jours dans l'Iowa.

L'ancien maire de South Bend, une ville d'une centaine de milliers d'habitants, l'avait alors emporté d'un cheveu contre le sénateur du Vermont.

Mardi soir dans le New Hampshire, M. Buttigieg s'est posé en meilleur atout pour battre un président qui avait su séduire, en 2016, dans les régions rurales et industrielles du "Midwest".

"Un grand nombre d'entre vous ont décidé qu'un maire de la classe moyenne et ancien militaire venant du Midwest était le meilleur choix pour défier ce président", s'est réjoui le premier candidat homosexuel aussi bien placé dans la course à la Maison Blanche.

Il était accompagné sur scène par son époux Chasten Buttigieg.

Triomphante, la sénatrice du Minnesota âgée de 59 ans Amy Klobuchar s'est aussi félicitée de son résultat.

L'Iowa et le New Hampshire ne distribuent qu'un tout petit nombre de délégués sur les 1.991 nécessaires pour décrocher l'investiture du parti en juillet.

Mais ces deux petits Etats représentent d'importants tremplins dans la longue route qui mène à la présidentielle.

Face à des résultats décevants, Andrew Yang, entrepreneur de 45 ans qui s'est forgé une renommée avec sa proposition d'instaurer un revenu universel, et le sénateur Michael Bennet ont jeté l'éponge dans la soirée.

- "Ce n'est pas fini" -

Neuf candidats sont encore en lice.

Et ces derniers jours, les rapports de force semblent avoir changé.

Bernie Sanders a doublé l'ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, dans les sondages nationaux, même si ces derniers sont à prendre avec beaucoup de précautions.

Pete Buttigieg n'arrive lui qu'en cinquième place dans cette moyenne nationale. Mais il affiche une courbe en nette hausse depuis l'Iowa.

Les résultats du New Hampshire donneront un grand élan à MM. Sanders et Buttigieg avant les prochains votes des primaires: le Nevada le 22 février puis la Caroline du Sud le 29 février.

C'est là que Joe Biden jouera la suite de sa campagne.

En piteuse position, il a quitté le New Hampshire avant même l'annonce des résultats pour se rendre directement en Caroline du Sud. L'ancien vice-président de Barack Obama y est donné très largement favori, car il bénéficie de forts soutiens dans la population noire, majoritaire parmi les électeurs démocrates de cet Etat.

"Ce n'est pas fini mon gars, nous ne faisons que commencer", a-t-il lancé à des partisans en Caroline du Sud. "Nous n'avons pas encore entendu" les Africains-Américains et les Hispaniques.

Mais pour Joe Biden tout pourrait vite s'enrayer, et les donateurs, nerfs de la guerre électorale aux Etats-Unis, le déserter.

Tous les yeux se tourneraient alors vers le milliardaire et ex-maire de New York Mike Bloomberg, troisième dans les sondages nationaux, qui a fait l'impasse sur les premiers Etats pour entrer en lice à partir du "Super Tuesday", lorsqu'une quinzaine d'Etats voteront le 3 mars.

- Trump remarque "Bootedgeedge" -

Se déclarant "socialiste", un mot longtemps connoté à l'extrême gauche aux Etats-Unis, Bernie Sanders prône une "révolution" politique pour parvenir à une société plus juste, en proposant notamment d'aller vers un système universel de couverture santé.

Son message, considéré comme trop à gauche par de nombreux démocrates lors de sa tentative présidentielle ratée en 2016, résonne désormais fortement.

En face, Pete Buttigieg plaide pour une voie centriste, affirmant être plus apte à rassembler les démocrates mais aussi à tendre la main aux indépendants et aux "futurs ex-républicains".

Un temps favorite, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, a, comme Joe Biden, cherché à se projeter dans l'après New Hampshire.

Observant d'un oeil ironique la bataille des démocrates, Donald Trump a commenté les résultats sur Twitter. "Bootedgeedge (Buttigieg) réussit assez bien ce soir. Il donne du fil à retordre à Bernie le fou. Très intéressant!"

Avec AFP

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A Washington, des manifestations émouvantes pour réclamer justice et équité

Des manifestants couchés à même le sol devant la police, au Capitole, le 3 juin 2020, en signe de solidarité. (Photo: Nanythe Talani)

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi à Washington pour crier leur ras-le-bol contre les brutalités policières à l’égard des minorités et exiger aussi la fin d’un système qui maintient ces dernières dans la précarité sur les plans social, économique, sanitaire et éducatif.

Il fait 26 degrés celsius en cette matinée du 3 juin 2020 à Washington, D.C., la capitale des États-Unis. La journée s’annonce chaude. Il y a exactement neuf jours depuis que l’Afro-Américain George Floyd est mort asphyxié par un policier blanc à Minneapolis dans le Minnesota, à plus de 1.782 km de Washington.

Pourtant rien n’entame la détermination des habitants de cette ville et ses environs à continuer à battre les pavés pour poursuivre leurs protestations contre les préjugés raciaux. Certains parents ont emmené leurs jeunes enfants.

“Je suis venue pour montrer ma solidarité. C’est important, même si je suis en train de protester contre quelque chose que je ne vais peut-être pas expérimenter. Participer à une revendication politique comme celle-ci est un grand privilège”, explique Sophie, de race blanche, qui étudie le théâtre et la psychologie dans une université dans le Michigan et qui aimerait aussi devenir activiste pour défendre des causes socio-politiques.

Protestation et pancartes

Les marcheurs brandissent des pancartes qui en disent long sur leur présence en ces lieux, malgré la chaleur qui fait déjà suer quelques uns. Certaines pancartes affichent les noms de nombreuses personnes mortes entre les mains de la police. D’autres ont écrit des slogans comme le légendaire “Black lives matter” (La vie des Noirs compte), “Desarm hate” (Désarmez la haine); “Silence is violence” (Le silence est une forme de violence) ou encore les derniers mots de George Flyod: “I can’t breathe” (Je ne peux pas respirer).

Les manifestants blancs affichent des messages qui expriment leur soutien à une cause qui touche prioritairement les Noirs.

Sophie, la jeune étudiante, pense que “les Blancs qui jouissent des privilèges doivent se positionner physiquement entre les policiers et ceux qu’ils brutalisent, parce que nous ne serons pas brutalisés au même degré”, explique-t-elle.

Les Hispaniques, qui font aussi partie des minorités subissant quasiment le même sort que les Afro-Américains, ne sont pas en marge du combat. On peut lire sur leurs pancartes: “Eres mi otro yo” (Tu es mon autre moi) ou “Tu pelea es mi pelea” (Ton combat, c’est mon combat).

Au-delà des violences de la police

Partie de Freedom Plaza, sur Pennsylvania Avenue à un jet de pierre de la Maison Blanche, la foule constituée d’environ un millier de personnes, selon les organisateurs, prend la direction de Capitol Hill, siège du Congrès. Des policiers encadrent la marche afin d’éviter des débordements qui ont déjà conduit à des casses de vitrines dans la ville et à des scènes de pillage et de violence dans plusieurs villes américaines lors des différentes marches.

Cependant, cette foule dans la rue, qui rassemble des Noirs, des Blancs, des Hispaniques et des Asiatiques, a des préoccupations plus nobles et des ambitions d’un changement positif de leur société. Elle ne revendique plus seulement l’arrêt des brutalités policières visant les Noirs. Elle réclame désormais le changement profond d’un système qui accorde des privilèges aux Blancs et précarise la vie des minorités ethniques.

Je ne suis pas venu seulement pour George Floyd, car ce n’est pas le premier Noir tué par la police. Je suis venu pour exprimer mon ras-le-bol contre le système”, affirme Josh, un natif de Washington, la trentaine. Il s’apprête à rejoindre les forces armées américaines en octobre.

Comme on pouvait s’y attendre, une horde de policiers est déployée autour du Capitole. C'est là même que siègent ceux et celles qui détiennent la clé du changement voulu par ces hommes, ces femmes et ces quelques enfants venus de partout, unis pour défendre une cause devenue une préoccupation nationale et une question qui transcende les limites raciales.

Des policiers solidaires

Entre les chants et les cris de revendications, les protestataires se couchent à même le sol, ou s’agenouillent pendant plusieurs minutes, pour honorer la mémoire des Afro-Américains et d'autres minorités ayant succombé sous la main de la police.

Pour montrer leur solidarité avec les manifestants en quête de justice sociale et pour se désolidariser de leurs collègues qui brutalisent les minorités, quelques policiers, Blancs et Noirs, mettent leurs genoux à terre, pendant quelques minutes.

Ces protestations changeront-elles quelque chose à la situation des minorités?

Alicia Forda, venue de Columbus dans l’Ohio, veut bien y croire: “Je suis ici pour que mon frère, mon père, mon fils, mon oncle, mon ami ne marchent plus dans la rue avec la peur d’être tués par la police”, explique-t-elle. Et d'ajouter: “Je veux que les miens se sentent en sécurité dans ce pays que nos ancêtres ont bâti. Je suis aussi ici pour que nous, les Noirs, soyons libérés de ces oppressions”.

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