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Près de 80 policiers blessés dans les violences à Al-Hoceïma


La police anti-émeute bloque des protestataires lors d'une manifestation dans la ville nordique d'Al-Hoceima, Maroc, 1er juin 2017.

Une figure des droits de l'Homme au Maroc et membre de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), Khadija Ryadi, a fait état "d'environ 150 arrestations au cours de ces violences selon nos sources sur place"

Près de 80 policiers ont été blessés ces deux derniers jours dans des heurts avec des manifestants dans le nord du Maroc, où l'on n'ignorait toujours mercredi le bilan du côté des protestataires.

Une cinquantaine de membres des forces de l'ordre ont été blessées lundi dans la ville d'Al-Hoceïma, la plupart par des jets de pierres, a indiqué à l'AFP une source au sein de l'exécutif local.

Mardi, ce sont 29 policiers qui ont été blessés lors de nouveaux heurts dans la localité voisine d'Imzouren, alors que la situation est restée calme à Al-Hoceïma, avec de simples protestations par des concerts de casseroles, selon cette même source.

Tous ces blessés étaient sortis de l'hôpital ce mercredi, a ajouté ce responsable.

Aucun bilan n'était en revanche disponible du côté des manifestants.

Des affrontements avaient éclaté lundi, jour de l'Aïd al-Fitr, à Al-Hoceïma, épicentre d'un mouvement de contestation pacifique qui secoue le nord du royaume depuis huit mois.

Selon des militants locaux, la police avait verrouillé les accès à la ville et dispersé violemment toute tentative de rassemblement.

Interrogée par l'AFP, une figure des droits de l'Homme au Maroc et membre de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), Khadija Ryadi, a fait état "d'environ 150 arrestations au cours de ces violences selon nos sources sur place".

"Une quarantaine étaient toujours détenues ce matin. Beaucoup sont originaires de localités voisines et ont été interpellées alors qu'elles venaient manifester", a expliqué Mme Ryadi.

"Les habitants ne se rassemblent plus dans un unique quartier pour manifester, ils protestent désormais dans plusieurs quartiers en même temps. Les forces de l'ordre interviennent alors immédiatement, usant parfois de gaz lacrymogène malgré la présence de femmes et d'enfants", a-t-elle critiqué.

"Ce lundi de l'Aïd a été un jour très violent, beaucoup plus que les jours passés", selon Mme Ryadi.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, relayées par des partisans de la contestation, ont montré des interventions musclées des policiers à coups de matraques dans les ruelles de la ville, avec des jeunes laissés inconscients à terre ou le visage ensanglanté.

Les autorités locales ont de leur côté dénoncé des "groupes d'individus, dont certains encagoulés, qui ont provoqué et caillassé les forces de l'ordre".

Les protestataires réclamaient la libération des détenus du "hirak", nom du mouvement de contestation qui revendique le développement d'une région se disant "marginalisée". Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, et ses principales figures ont tous été interpellés depuis la fin mai.

Les critiques d'ONG locales et internationales se sont depuis lors multipliées pour dénoncer la "répression" et "les arrestations arbitraires", tout en appelant à la libération des prisonniers.

Cette "approche sécuritaire" est également contestée au sein de la classe politique, de la société civile ou dans les médias. Elle "conduit tout le pays à une catastrophe. Nous allons payer un prix très, très cher pour tout ça", a ainsi dénoncé le politologue et journaliste Abdellah Tourabi.

L'Etat marocain a relancé ou accéléré ces derniers mois un vaste programme de projets d'infrastructures dans la province. Mais le roi Mohammed VI a tancé dimanche ses ministres pour la "non exécution", "dans les délais impartis", de ces projets et ordonné une enquête pour déterminer les responsabilités de ces retards.

Avec AFP

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