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Près de 1.300 Nigérians rapatriés de Libye en novembre


Samuel, 25 ans, du Nigeria, attend son tour pour quitter le navire de sauvetage de Golfo Azzurro au port de Pozzallo, au sud de la Sicile, Italie, 17 juin. 2017.

Près de 1.300 ressortissants nigérians, en situation illégale en Libye, ont été rapatriés volontairement dans leur pays d'origine en novembre, quasiment deux fois plus que le mois précédent, a annoncé l'agence nationale pour la gestion des urgences (NEMA).

"1.295 Nigérians sont rentrés de manière volontaire en novembre, après avoir échoué dans ce pays instable d'Afrique du nord, alors qu'ils faisaient route vers l'Europe", a déclaré Alhaji Mustapha Maihajja, le directeur de la NEMA.

"Les Nigérians ont été rapatriés par plusieurs vagues entre le 6 et le 30 novembre, avec l'aide de l'Organisation Internationale des Migrations (OIM) et de l'Union Européenne", a détaillé M. Maihajja, alors qu'il accueillait 150 d'entre eux à l'aéroport de Lagos, tard dans la soirée jeudi.

Depuis près d'un an, de nombreux Nigérians sont régulièrement rapatriées, mais ce chiffre souligne une importante accélération du processus: en octobre, ils n'étaient que 826. Entre décembre 2016 et mars 2017, ils étaient 643.

Ces derniers jours, de nombreux chefs d'Etat africains ont condamné les violences et les trafics dont sont victimes les migrants africains en Libye, mis à jour par un reportage diffusé sur CNN.

Cette semaine, le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, a dénoncé le manque de solidarité au sein de l'Union africaine (UA), et en particulier de la Libye, à propos des migrants vendus comme esclaves.

Lors de sa rencontre avec le président français Emmanuel Macron, qui s'est rendu à Accra jeudi, il a exhorté les jeunes africains à "rester en Afrique" pour participer au développement du continent.

Le président nigérian Muhammadu Buhari s'est quant à lui déclaré consterné que ses compatriotes soient vendus "comme des chèvres", dans un communiqué publié mercredi, promettant de rapatrier tous les ressortissants nigérians.

Face à ces critiques croissantes, le gouvernement libyen a répondu vendredi par un communiqué diffusé dans les pays d'Afrique de l'Ouest, où il se dit "noyé" sous l'immigration illégale, et "ne veut pas être tenue comme responsable" des mauvais traitements.

Attia Alkhoder, diplomate libyen en poste à Abuja, a condamné fermement les "pratiques criminelles" commises par des "mécréants" dans son pays.

Il a également montré du doigt les pays qui "n'ont pas à assumer la charge des migrants et qui accusent la Libye d'encourager la traite d'être humains".

Le drame de l'immigration clandestine et ses dérives comme les marchés d'esclaves en Libye a été au coeur des discussions du 5e sommet Europe-Afrique qui s'est achevé jeudi à Abidjan.

Les dirigeants de neuf pays européens et africains, dont la Libye, ont décidé de mettre en place "une coopération étroite" pour démanteler les réseaux et mener des "opérations d'évacuation d'urgence dans les prochains jours ou semaines" des migrants.

Avec AFP

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