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Première rencontre de haut niveau avec les Etats-Unis depuis le putsch en Turquie

Le chef d'état-major interarmées américain Joseph Dunford avec le Secrétaire à la Défense Ash Carter, pendant une conférence de presse au Pentagon, le 25 mars, 2016.

Le Premier ministre et de hauts responsables militaires turcs devaient rencontrer lundi le chef d'état-major interarmées américain Joseph Dunford, premier contact de haut niveau entre Ankara et Washington depuis le putsch avorté qui a envenimé leurs relations.

Le général Dunford devait s'entretenir à Ankara avec le chef d'état-major, le général Hulusi Akar, puis en fin d'après-midi avec Binali Yildirim, selon le programme du Premier ministre, plus de deux semaines après le putsch raté contre le président Recep Tayyip Erdogan mené par une faction de l'armée.

Les relations des deux partenaires clés au sein de l'Otan se sont nettement dégradées alors qu'Ankara demande à Washington d'extrader le prédicateur Fethullah Gülen que la Turquie accuse d'avoir ourdi le putsch raté et qui vit en exil en Pennsylvanie.

Les Etats-Unis ont accusé réception vendredi de documents envoyés par la Turquie en appui de sa demande d'extradition de l'ex-imam septuagénaire, qui réfute tout lien avec la tentative de soulèvement.

Des responsables turcs n'ont pas hésité à déclarer que Washington était impliqué dans le coup d'Etat manqué, des déclarations balayées d'un revers de la main comme étant "ridicules" par le Département d'Etat.

Le président Erdogan a de son côté accusé vendredi le général américain Joseph Votel, chef des forces américaines au Moyen-Orient, de "prendre le parti des putschistes".

Ce dernier avait dit "craindre l'impact" des vastes purges dans l'armée turque sur les relations entre Washington et la hiérarchie militaire turque, selon des médias américains.

Après Ankara, le général Dunford doit également se rendre sur la base turque d'Incirlik (sud), d'où sont menées les opérations de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, a indiqué un responsable américain à l'AFP.

Cette base a été dans le collimateur du pouvoir turc pour avoir servi de lieu de ravitaillement des avions de combat qui ont survolé Istanbul et bombardé des bâtiments à Ankara, dont le Parlement, dans la nuit dramatique du 15 au 16 juillet.

La Turquie l'avait de facto fermée le 16 juillet en y coupant l'électricité pour une journée, suscitant l'inquiétude de ses partenaires de la coalition antijhadiste.

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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