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Manifestation sous tension en faveur d'Erdogan en Allemagne

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse le 7 avril 2011 à Ankara.

Plusieurs dizaines de milliers de partisans de Recep Tayyip Erdogan se sont rassemblés dimanche à Cologne, en Allemagne, au moment où le président turc fait face à des critiques sur ses purges après la tentative de putsch.

La manifestation, s'est achevée peu après 16H00 GMT, a indiqué sur Twitter la police locale, sans indiquer de chiffres. Auparavant, un porte-parole de la police avait indiqué que 40.000 personnes étaient présentes. Les organisateurs en espéraient jusqu'à 50.000.

La plupart des participants brandissaient des drapeaux turcs ou s'en étaient drapés, formant une véritable mer rouge sur la rive droite du Rhin. Certains tenaient des banderoles à la gloire d'"Erdogan, combattant des libertés" ou proclamant "Triomphe de l'indépendance".

A début du rassemblement, un orateur a clamé un "nous sommes l'Allemagne" auquel la foule a répondu par un "Allahu akbar" ("Dieu est grand"), selon des médias allemands. Les participants au rassemblement ont entonné l'hymne turc, puis l'allemand.

Une minute de silence a été observée à la mémoire des 270 personnes tuées dans le putsch manqué mi-juillet, à la suite duquel M. Erdogan a multiplié les purges pour renforcer son pouvoir.

L'appel au rassemblement, dont le mot d'ordre était "contre le coup d'Etat et pour la démocratie", avait été lancé par l'Union des démocrates européens turcs (UETD), un lobby pro-Erdogan.

Brèves échauffourées

Durant le week-end, Erdogan a entrepris de resserrer un peu plus encore sa mainmise sur l'armée : limogeage de 1.400 militaires, fermeture des écoles militaires remplacées par une université, nomination de nouveaux membres du pouvoir civil (ministres) au Conseil militaire suprême et révision constitutionnelle pour contrôler directement les chefs d'état-major.

A Cologne, la police avait déployé 2.700 hommes en prévision d'éventuels incidents, plusieurs petites manifestations ou contre-manifestations se déroulant en parallèle en divers endroits.

Elle est intervenue pour séparer une centaine de Turcs nationalistes et un nombre équivalent de Kurdes, qui en venaient aux mains. Personne n'a été blessé. Elle a aussi dispersé une manifestation de 250 personnes réunies dans le centre-ville à l'appel d'un groupe islamophobe local.

Discours d'Erdogan en direct interdit

Peu avant le rassemblement, Ankara a qualifié d'"inacceptable" une décision de la Cour constitutionnelle allemande qui a interdit au chef de l'Etat d'intervenir en direct via une liaison vidéo à Cologne.

Un message du dirigeant islamo-conservateur a tout de même été lu lors du rassemblement, dans lequel il remercie les participants et estime que "la Turquie est plus forte aujourd'hui qu'avant le 15 juillet", date du putsch manqué.

Les autorités allemandes craignaient qu'un tel discours vidéo n'exacerbe encore plus les tensions au sein de la diaspora turque en Allemagne, la plus importante du monde - 1,55 million de Turcs, pour une communauté de trois millions de personnes au total en incluant les Allemands d'origine turque.

En Allemagne, les opposants au parti islamo-conservateur au pouvoir à Ankara (AKP), minoritaires, se disent victimes de menaces et de harcèlement dans le cadre des purges décidées par le pouvoir.

La Turquie a demandé cette semaine à l'Allemagne d'extrader les membres du réseau du prédicateur Fethullah Gülen, qu'elle accuse d'avoir ourdi la tentative de putsch.

Dans ce contexte, l'inquiétude monte. "Importer les tensions politiques intérieures de la Turquie chez nous (...), ça ne va pas", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, au journal Süddeutsche Zeitung.

La police allemande a refusé dimanche que des responsables de premier plan du gouvernement turc participent à la manifestation.

Le seul à avoir été autorisé à s'y s'exprimer a été le ministre de la Jeunesse et des Sports, Akif Cagatay Kilic.

Ces tensions surviennent à un moment où les relations entre Berlin et Ankara sont détériorées, après le vote par les députés allemands en juin d'une résolution qualifiant de "génocide" le massacre des Arméniens sous l'empire Ottoman en 1915.

Dans un entretien à paraître lundi dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, le chef de la diplomatie turc, Mevlut Cavusoglu a réitéré la menace de laisser tomber l'accord UE-Turquie sur les réfugiés si les Européens n'ouvrent pas leurs frontières aux Turcs en octobre au plus tard.

Avec AFP

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Une ville californienne va interdire chips et bonbons aux caisses des supermarchés

Des enfants portant des masques d'Halloween reçoivent des bonbons pendant la tradition «Trick or Treat» à Makati à Manille le 31 octobre 2008. Les parents doivent surveiller la consommation de sucre de leurs enfants selon le Dr Mary Hayes, dentiste pédiatre à Chicago. AP/Marquez

La ville de Berkeley, bastion progressiste du nord de la Californie, va interdire la vente des produits trop sucrés ou salés sur les présentoirs situés aux caisses des supermarchés afin de promouvoir une alimentation plus saine, une première aux Etats-Unis selon des médias locaux.

Le conseil municipal de Berkeley, ville universitaire de 120.000 habitants près de San Francisco, a adopté cette semaine à l'unanimité une ordonnance qui bannira des caisses les produits contenant plus de 5 grammes de sucres ajoutés ou plus de 250 mg de sodium par portion. L'interdiction vise également toutes les boissons contenant des sucres ajoutés ou des édulcorants artificiels.

L'ordonnance relève que "des aliments bon marché et riches en sel, graisses saturées et sucres ajoutés sont prédominants dans les présentoirs des caisses". Les clients y sont "plus enclins à effectuer des achats impulsifs et les parents se battent avec leurs enfants qui réclament des confiserie à la fin des courses".

L'interdiction, qui doit s'appliquer à 25 supermarchés de la ville, entrera en vigueur en mars prochain et les premières visites des inspecteurs sanitaires sont prévues en janvier 2022.

"Ce qui est bon pour les clients à Berkeley est aussi bon pour nos commerces", a lancé Kate Harrison, l'une des élues à l'origine de cette mesure.

En 2014, Berkeley avait déjà été la première à imposer une taxe sur les sodas, une initiative reprise ensuite par plusieurs autres grandes villes américaines.

Selon une étude publiée début 2019, les habitants de Berkeley avaient diminué leur consommation de boissons sucrées de 21% dans l'année qui avait suivi la mise en place de cette "taxe sodas". La chute atteignait 52% en 2017.

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