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Premier test sérieux pour les réformes économiques de Lourenço en Angola

Le président angolais João Lourenço, lors d'une conférence de presse, à Pretoria, le 24 novembre 2017.

Le président angolais Joao Lourenço a été élu il y a cinq mois en promettant un "miracle économique". Mais le redressement s'annonce long et difficile. Depuis trois semaines, il se manifeste même par une inquiétante dévaluation de la monnaie locale.

Début janvier, le nouveau gouverneur de la Banque centrale, Jose de Lima Massano, a annoncé une petite révolution: la mise en place progressive d'un système de changes flottants.

La devise angolaise était arrimée depuis 2016 au billet vert au prix invariable de 166 kwanzas pour 1 dollar. Mais ce taux était bien loin de refléter la valeur réelle du kwanza, qui s'échange au marché noir à plus de 400 pour un dollar.

"Nous avons un taux de change qui ne reflète pas la vérité", a lui-même concédé M. Massano.

Les autorités ont donc décidé de laisser flotter leur monnaie dans une fourchette tenue secrète pour éviter la spéculation. La première étape vers un système de conversion exclusivement régi par l'offre et la demande promis d'ici à la fin 2018.

>> Lire aussi : Le président angolais nie toute tension avec son prédécesseur

Le patron de la Banque centrale a justifié sa décision par la nécessité d'enrayer "la baisse continue de ses réserves de change".

En 2014, le deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne a été frappé de plein fouet par la chute des cours du brut, de très loin sa principale ressource.

Cette dégringolade a plongé tout le pays dans la crise. Après plusieurs années de taux de croissance "à la chinoise", l'Angola a dangereusement flirté avec la récession et dilapidé ses réserves en dollars pour soutenir, en vain, sa monnaie.

Urgence

Ce capital, estimé par les analystes à 20 milliards de dollars début 2017, a fondu à 14 en novembre, selon la Banque centrale.

"Si notre niveau de dépenses en devises étrangères continue à ce rythme, nous courons le risque de les voir encore chuter de moitié d'ici à la fin de l'année", a plaidé Jose de Lima Massano.

Cette évaporation de billets verts a convaincu le nouveau gouvernement de réagir.

Il y avait urgence. Des entreprises étrangères prestigieuses comme Emirates ont récemment pris leurs distances avec l'Angola, empêchées par un strict contrôle des changes de rapatrier leurs recettes locales en dollars.

>> Lire aussi : Passe d'armes entre l'ancien et le nouveau président en Angola

Le nouveau président Joao Lourenço a succédé en septembre à la tête de l'Angola à Jose Eduardo dos Santos, qui a dirigé d'une main de fer le pays pendant trente-huit ans.

Ancien apparatchik, il proclame depuis qu'il va lutter contre la corruption et relancer l'économie du pays, un des plus pauvres du monde malgré sa rente pétrolière.

Son plan est drastique. Austérité, privatisations et, surtout, sortir du tout-pétrole. "L'Angola n'a pas d'autre choix que de diversifier son économie", a répété M. Lourenço mi-janvier devant la presse. "C'est absolument nécessaire. Notre salut est là".

Pour y parvenir, il souhaite faire revenir les entreprises étrangères et leurs précieux billets verts. Le régime de changes flottants s'inscrit dans cet effort de longue haleine.

'Douloureux'

Mais comme le redoutaient les analystes, ce nouveau système a entraîné une dégringolade de la valeur du kwanza. En trois semaines, la devise locale a perdu 18% de sa valeur par rapport au dollar et plus de 25% par rapport à l'euro.

"Ce n'est pas une dévaluation, c'est une dépréciation", a tenu à rassurer le gouverneur Massano.

N'empêche. Première conséquence, la chute du kwanza n'a pas tardé à faire grimper les prix, dans un pays où l'inflation caracole déjà officiellement à plus de 30%.

Dans les rues de la capitale Luanda, c'est la valse des étiquettes. "Tous les produits importés sont plus chers", se plaint un commerçant du quartier de Palanca, Ibrahim Nour. "Comme les salaires continuent à baisser, nous perdons nos clients".

"Cette dévaluation aurait dû être faite bien plus tôt, au moment du boom économique", déplore l'économiste Precisio Domingos, de l'université catholique de Luanda. "Aujourd'hui, c'est beaucoup plus douloureux pour les populations".

Le mouvement de repli de la devise angolaise ne semble pas vouloir s'arrêter. Pour éviter que ce recul ne creuse un peu plus ses déficits, l'Angola veut désormais renégocier sa dette extérieure. "Une priorité", a lâché son ministre des Finances, Archer Mangueira.

Les investisseurs ont jusque-là bien accueilli les réformes du nouveau régime de Luanda. La plupart estiment que ses efforts paieront, notamment sur les comptes publics.

"Lourenço utilise sa légitimité politique de nouveau président pour faire de grands pas en avant", s'est réjoui William Jackson, de Capital Economics. "La dévaluation peut causer des problèmes à court terme mais s'avérer positive à long terme".

Avec AFP

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La bonne foi des dirigeants

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Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

Cyclone en Afrique australe: plus de 650 morts, risques d'épidémies

Une forêt au Mozambique

Le bilan du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe s'est alourdi samedi à 676 morts et devrait encore grimper au fur et à mesure de la progression des secours, qui peinent à atteindre des zones encore coupées du monde, ont prévenu les humanitaires, inquiets des risques d'épidémies.

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée (au Mozambique) est d'environ 3.000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", a estimé samedi le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia.

"Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur", a-t-il ajouté depuis Beira (centre), la deuxième ville du Mozambique, partiellement dévastée par les intempéries.

Selon le dernier bilan des autorités mozambicaines, Idai, qui a balayé la semaine dernière l'Afrique australe, a fait 417 morts au Mozambique, pays le plus touché.

Au Zimbabwe, 259 personnes ont été tuées et près de 200, dont 30 écoliers, sont toujours portées disparues.

Mais le bilan final sera "bien plus élevé" car "de nombreuses régions sont encore inaccessibles", a prévenu samedi la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

"La situation va encore empirer avant de s'améliorer", a-t-elle mis en garde. "Les agences humanitaires commencent à peine à voir l'ampleur des dégâts. Des villages entiers sont été submergés, des immeubles rasés, des écoles et des centres de santé détruits", a-t-elle ajouté.

Les opérations de secours et d'acheminement de l'aide, avec hélicoptères, bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, se poursuivaient samedi dans des conditions difficiles, compte tenu de l'effondrement de nombreuses routes et ponts.

"On n'a rien, les gens meurent comme des chèvres ou des poules. On n'a aucune aide. On meurt de faim", implore un habitant du district de Buzi (centre), l'un des plus touchés au Mozambique.

"Je suis en vie, mais j'ai tout perdu", témoigne Maria Maposa, évacuée en bateau de cette zone.

Samedi matin, une centaine de rescapés de Buzi sont arrivés au port de Beira, où ils ont reçu une soupe et des habits, a constaté un journaliste de l'AFP.

Nombre d'entre eux avaient besoin de soins après avoir été blessés par des tôles soulevées par des rafales de vent proches de 200 km/heure.

Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

- Risques de maladies -

"Il n'y a plus personne bloqué dans des arbres", a affirmé samedi Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Mais "il y a encore des gens sur les toits" qui ont refusé d'être hélitreuillés, a-t-il ajouté, expliquant qu'ils survivaient en faisant sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses.

La décrue se poursuivait samedi. Mais Ocha a mis en garde contre de possibles nouvelles inondations en cas de fortes pluies.

A Beira, ville d'un demi-million d'habitants, la population s'attelait à déblayer et reconstruire.

L'électricité était progressivement rétablie dans certains quartiers. L'hôpital a de nouveau été connecté au réseau, selon Celso Correia.

La principale route qui conduit à Beira devrait être accessible dimanche et la voie ferrée est de nouveau utilisable depuis vendredi, "ce qui signifie que l'aide peut arriver plus facilement", s'est-il réjoui.

Des habitants ont commencé à reconstruire avec les moyens du bord des tôles gondolées emportées par le vent, des habitations de fortune.

Dans plusieurs écoles de la ville réquisitionnées, des milliers de rescapés s'entassaient, laissant craindre des épidémies.

"La promiscuité dans les centres d'hébergement, le manque d'hygiène, les eaux stagnantes et infectées posent des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées", a prévenu l'Unicef.

Des informations contradictoires circulaient sur d'éventuels cas de choléra.

Le programme alimentaire mondial (Pam), qui distribue la nourriture, a déclenché son niveau d'urgence 3, équivalent aux crises au Yémen, en Syrie ou encore au Sud-Soudan.

"Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu. Avec l'étendue des dégâts qui se précise, le nombre de personnes dans le besoin augmente. On doit faire plus", a estimé le porte-parole du Pam, Herve Verhoosel.

Au Zimbabwe, les rescapés continuaient ce week-end à enterrer leurs morts, tandis que 120 corps ont été emportés par les eaux au Mozambique, selon Ocha.

Cinq morts dont un vice-ministre dans une attaque des shebab à Mogadiscio

La police somalienne et d'autres agents de sécurité enquêtent sur les lieux d'un attentat suicide à la bombe dans la capitale, Mogadiscio, le 1er octobre 2018.

Cinq personnes au moins, dont un vice-ministre du gouvernement somalien, ont été tuées dans une attaque lancée samedi par les insurgés islamistes shebabs contre un complexe administratif de la capitale Mogadiscio.

"J'ai vu les cadavres de quatre personnes, l'un d'eux en uniforme de la police", a dit à l'AFP un témoin, Abdulahi Mohamed. Le sénateur Ilyas Ali Hassan a ajouté que le vice-ministre du Travail et des Affaires sociales, Saqar Ibrahim Abdalla, avait également été tué.

Un premier bilan donné par les services ambulanciers faisait seulement état de onze blessés dans l'attentat à la bombe suivi d'un assaut contre le complexe abritant les ministères des Travaux publics et du Travail. L'opération a été revendiquée par les shebabs.

Un responsable de la police, Ibrahim Mohamed, a ajouté que l'assaut avait pris fin après que la police eut tué quatre assaillants.

"Il y a eu d'autres victimes dont des membres de la police", a-t-il dit sans plus de précisions.

L'opération a commencé par deux explosions près des ministères des Travaux publics et du Travail situés sur une grande rue de Mogadiscio, selon la police et des témoins.

Des hommes armés ont ensuite pénétré dans les bâtiments d'où les forces de sécurité ont évacué de nombreux membres du personnel tandis que des affrontements avaient lieu avec les hommes armés qui avaient réussi à entrer.

L'opération a été revendiquée par le groupe islamiste des shebabs, affilé à Al-Qaïda, qui poursuit une insurrection armée en Somalie contre ce qu'il considère comme une influence hérétique et étrangère.

Les attentats combinant l'explosion de bombes et des assauts d'hommes armés sont devenus une caractéristique des insurgés.

- Attentats en série -

Début mars, au moins 20 personnes ont été tuées dans une attaque des shebabs à Mogadiscio qui avait débouché sur un siège d'environ 22 heures.

Les islamistes ont également revendiqué un attentat à la voiture piégée qui a fait quatre morts et neuf blessés le 7 mars près d'un restaurant de la capitale somalienne, à proximité du palais présidentiel.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebabs ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Les Etats-Unis, qui opèrent en coopération avec l'Union africaine et les forces somaliennes, ont accru le nombre de leurs frappes aérienne contre le groupe: 35 en 2017, 47 en 2018, selon le chef du commandement américain en Afrique.

Les frappes se sont poursuivies début 2019. Début mars, le commandement américain pour l'Afrique (Africom) a annoncé avoir tué 26 shebabs dans une frappe aérienne "ciblée" dans la province de Hiran, au nord de la capitale.

L'armée américaine avait annoncé le mois dernier avoir conduit une frappe ayant fait 35 morts dans les rangs shebabs dans la région de Beledweyne (centre).

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