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Pour le prince héritier saoudien, Israël a "droit" à son Etat-nation

Mohammed ben Salmane à son arrivée à Washington, D.C., USA, le 19 mars 2018.

Les Israéliens ont le "droit" d'avoir leur propre Etat-nation comme les Palestiniens, a estimé le prince héritier d'Arabie saoudite, établissant ainsi un nouveau signe de rapprochement avec Israël.

Dans un entretien publié lundi par la revue américaine The Atlantic et réalisé au cours de sa longue tournée aux Etats-Unis, un voyage toujours pas achevé, Mohammed ben Salmane assure n'avoir "aucune objection" religieuse quant à l'existence de l'Etat d'Israël.

Pense-t-il que le peuple juif a le droit à un Etat-nation au moins dans une partie de ses terres ancestrales? "Je crois que chaque peuple, où que ce soit, a le droit de vivre dans sa nation pacifique. Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le droit d'avoir leur propre terre", répond "MBS", le nouvel homme fort de Ryad, dans cette interview réalisée avant les dernières tensions dans la bande de Gaza.

>> Lire aussi : Amnesty se moque de la "com" saoudienne autour des réformes

"Mais nous devons avoir un accord de paix pour assurer la stabilité de chacun et avoir des relations normales", ajoute-t-il alors, alors que l'administration américaine de Donald Trump est supposée présenter son propre plan pour une solution politique au conflit israélo-palestinien.

Le jeune prince de 32 ans explique que les seules "inquiétudes religieuses" des Saoudiens concernent le sort de l'esplanade des mosquées à Jérusalem-Est annexée par Israël, qui est le troisième lieu saint de l'islam, et "les droits des Palestiniens". "Notre pays n'a pas de problèmes avec les Juifs", insiste celui qui affiche un visage de modernisateur.

Le royaume sunnite semble se rapprocher de plus en plus d'Israël, notamment face à l'ennemi commun dans la région, l'Iran chiite. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté récemment son pays comme l'"indispensable allié" des pays arabes opposés à Téhéran.

La Maison Blanche compte notamment sur un rapprochement entre Israéliens et Saoudiens pour redessiner les équilibres régionaux, au moment où les dirigeants palestiniens ne veulent plus des Américains comme médiateurs de paix après la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël.

"Israël est une grande économie" en "pleine croissance", "et bien sûr il y a beaucoup d'intérêts que nous partageons avec Isräel", explique Mohammed ben Salmane tout en réitérant ses attaques contre le numéro un iranien, le guide suprême Ali Khamenei, dont il compare les ambitions territoriales à celles d'Adolf Hitler au temps du nazisme.

"A côté du guide suprême iranien, Hitler semble gentil", lance-t-il. "Hitler a tenté de conquérir l'Europe", "le guide suprême tente de conquérir le monde", accuse-t-il.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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