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Portrait de candidat : Ousmane Sonko, l'étoile montante

L'affiche de campagne officielle d'Ousmane Sonko.

Dans une série spéciale, le correspondant de VOA Afrique à Dakar présente les portraits des cinq candidats à la présidentielle du 24 février 2019. ​Candidat antisystème, Ousmane Sonko se présente à la présidentielle en révolutionnaire.

Très critique envers le pouvoir, il n’hésite jamais à partager son point de vue en public. C’est d’ailleurs ce qui est à l’origine de sa radiation de la fonction publique sénégalaise. Aujourd’hui député à l’Assemblée nationale, il veut être le plus jeune à accéder à la magistrature suprême.

Ousmane Sonko est né le 15 juillet 1974 à Thiès, de parents fonctionnaires. Il grandit principalement en Casamance puis effectue ses études supérieures à l'université Gaston-Berger de Saint-Louis, où il obtient une maîtrise en droit public en 1999. La même année, il est major de sa promotion au concours d’entrée à l'École nationale d'administration (ENA) du Sénégal.

En 2001, Ousmane Sonko sort diplômé de l’ENA, section "Impôts et Domaines" et intègre l’administration publique sénégalaise. Son premier poste le conduit au Centre des services fiscaux de Pikine dans la banlieue dakaroise. Parallèlement, il continue ses études supérieures.



En 2003, il obtient un diplôme d’études approfondies (DEA) en finances publiques et fiscalité de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il est aussi titulaire d’un Master 2 en Gestion et Finances Publiques de l’Institut Supérieur des Finances et également doctorant en droit public économique et fiscalité à l’Université Jean Moulin Lyon III.

Inspecteur principal des Impôts et des Domaines au début de sa carrière, Ousmane Sonko a été successivement vérificateur fiscal et chef de Brigade de vérification fiscale, chargé du secteur immobilier. Il a aussi été auditeur interne en charge de la rédaction de la charte de déontologie à la Direction du Contrôle Interne de la Direction Générale des Impôts et Domaines.

Après seulement trois ans dans l'administration, il participe à la création du Syndicat Autonome des Agents des Impôts et Domaines dont il est le Premier secrétaire général d'avril 2005 à juin 2012, avant de devenir Secrétaire général honoraire de juin 2012 à août 2016.

À cette période, il commence à critiquer le gouvernement et accuse l'Etat d'anomalies fiscales et budgétaires en mettant en cause le président Macky Sall.

"Voilà une Assemblée Nationale qui ne l’est que de nom, avec une majorité de députés qui ne comprennent absolument rien aux enjeux, beaucoup d’entre eux n’en ont même pas les compétences ou la formation, qui sont téléguidées ou télécommandées à partir du palais de la République", avait déclaré Ousmane Sonko.

Suite à cela, il est radié par le décret N°2016-1239 du président Macky Sall pour "manquement au droit de réserve". Cet épisode, largement relayé par la presse sénégalaise, a permis de révéler Ousmane Sonko au grand public.

Président du parti politique Pastef créé en janvier 2014, soit 2 ans avant sa radiation, il est élu député à l’Assemblée nationale du Sénégal aux élections législatives de 2017.



En janvier 2018, il sort le livre "Pétrole et gaz au Sénégal. Chronique d’une spoliation" où il accuse le président Macky Sall et son entourage de malversations dans la gestion des ressources naturelles du pays.

"Un président a été élu sur la base d’un certain nombre de slogans liés à la rupture, à la bonne gouvernance, au retour de l’Etat de droit et ainsi de suite. Et aujourd’hui on voit qu’il est en train de faire exactement tout le contraire de ce qu’il avait promis aux Sénégalais", écrit-il.

Le 16 septembre 2018, il déclare sa candidature à l’élection présidentielle de 2019. Le même jour, il publie un livre programme dénommé "Solutions". Dans cet ouvrage, il livre un diagnostic des problèmes sociaux et économiques du Sénégal et décline ses propositions pour y remédier.

La montée du leader du Pastef s'est internationalisée avec sa tournée dans la diaspora. Les Sénégalais répondent présent en investissant pleinement les salles. C’est d’ailleurs cette diaspora et la jeunesse qui constituent sa principale force, si l’on se fie à l’observateur politique Ibrahima Bakhoum.

"Ousmane Sonko a le profil jeune, il a le profil technique des jeunes, il a le discours des jeunes, il sait donc leur parler, galvaniser les foules. De ce point de vue-là, ça lui a donné le buzz. Ça lui a même donné une certaine popularité, au-delà des espérances de certains de ses supporters. Il est présent au Sénégal, il est présent dans la diaspora", explique Ibrahima Bakhoum.

Charismatique, Sonko compte principalement sur son entente avec la jeunesse pour maximiser ses chances d’être le président le plus jeune du Sénégal au soir du 24 février 2019.

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Visite guidée au village des tortues

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Poursuites annulées contre un célèbre chanteur dans une affaire de faux billets

L'artiste et ministre sénégalais Youssou Ndour (C) et les chanteurs sénégalais Thione Seck (L), Ismael Lo et Omar Pene en concert au Grand Théâtre de Dakar le 8 septembre 201, au profit des victimes des inondations.

Le musicien sénégalais Thione Seck, membre de la légendaire formation Orchestra Baobab dans les années 1970, a obtenu jeudi l'annulation par un tribunal correctionnel de Dakar des poursuites le visant dans une affaire de faux billets, à cause d'un vice durant l'enquête.

Thione Seck, qui avait fait neuf mois de détention provisoire après son arrestation le 27 mai 2015, était poursuivi avec un Malien, Alaye Djité, pour "contrefaçon de signes monétaires" et "tentative d'escroquerie".

Un sac contenant "50 millions d'euros", qui se sont avérés être des faux billets en euros et des coupons bleus, avait été retrouvé chez le chanteur à Dakar, selon l'enquête.

Son co-prévenu malien Alaye Djité, chez qui les enquêteurs avaient trouvé du matériel pouvant servir à la fabrication de fausse monnaie, dont des photocopieuses, des encres, des billets de banques scannés ainsi que des faux billets, est en détention depuis juin 2015.

Le tribunal "annule le procès-verbal d'enquête préliminaire et toute la procédure" parce que "les mis en cause n'ont pas bénéficié de l'assistance d'un conseil durant la garde à vue", a déclaré le juge Amadou Diop.

La présence d'un avocat après une interpellation est prévue par les textes dans les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa, 8 Etats) dont le Sénégal est membre.

Le tribunal a ordonné "la main levée du mandat de dépôt" contre Alaye Djiité, qui obtient ainsi la liberté.

Le parquet avait le 9 mai requis une peine de 2 ans de prison, dont huit mois ferme contre le chanteur de 64 ans, auteur de plusieurs albums à succès et une des plus belles voix du pays, et cinq ans ferme contre Alaye Djite.

"Toutes les poursuites ont été annulées et le ministère public ne peut plus les poursuivre sur la base des mêmes pièces" dont les faux billets trouvés au domicile du chanteur, a déclaré jeudi Me Bamba Cissé, un avocat du chanteur.

"On m'a emprisonné pendant huit mois. Ils m'ont fait du tort, à ma famille et mes fans", a déclaré, après le jugement, Thione Ballago Seck de son nom complet, dont le fils Wally Seck est l'un des chanteurs les plus populaires actuellement au Sénégal.

Le chanteur avait affirmé durant le procès avoir été "victime d'un complot" de Gambiens vivant en Suède, qui lui avaient fait miroiter un contrat de 100 millions d'euros pour une série de 105 concerts en Europe.

Un de ces Gambiens, Joachim Cissé, basé à Banjul, lui avait, selon lui, remis comme "avance" une somme de "50 millions d'euros" dans le sac contenant les faux billets trouvé à son domicile.

Les enquêteurs n'ont jamais retrouvé la trace de ce groupe de Gambiens et la plainte pour escroquerie déposée par Thione Seck avait été classée sans suite.

10 ans de travaux forcés pour le chef religieux Cheikh Bethio Thioune

10 ans de travaux forcés pour le chef religieux Cheikh Bethio Thioune
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Le chef religieux Cheikh Bethio Thioune condamné par contumace à 10 ans de travaux forcés

Manifestation de "thiantacounes", fidèles de Cheikh Bethio Thioune, qui demandent sa libération aux abords de la prison de Dakar le 19 octobre 2012.

Un chef religieux musulman sénégalais, Cheikh Bethio Thioune, a été condamné lundi par contumace à dix ans de travaux forcés pour le meurtre par ses disciples en 2012 de deux d'entre eux, au terme d'un procès très médiatisé.

La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Mbour, à 80 km au sud-est de Dakar, a reconnu ce responsable mouride, une des plus influentes confréries de l'islam au Sénégal - pays à plus de 90% musulman - coupable de "non-dénonciation de crime et complicité de meurtre".

En traitement médical en France, il était jugé depuis le 23 avril en son absence, le président du tribunal ayant refusé une demande de sursis de ses avocats, qui n'ont pas été autorisés à plaider pendant le procès.

Son chambellan, Cheikh Faye, a été reconnu coupable des mêmes faits et condamné à la même peine. Dix autres prévenus ont été condamnés à 15 ans de travaux forcés et deux autres à huit ans de travaux forcés.

Le procureur Youssou Diallo avait requis la semaine dernière les travaux forcés à perpétuité contre Cheikh Bethio et 16 des prévenus, poursuivis pour meurtre avec actes de barbarie, association de malfaiteurs, recel de cadavres, inhumation sans autorisation administrative, détention d'armes sans autorisation et non-dénonciation de crime.

Il avait également demandé un mandat d'arrêt international contre le guide religieux.

Mais le tribunal a décidé de ne pas prononcer de "contrainte par corps pour Bethio Thioune en raison de son âge" - plus de 80 ans. Il a en revanche placé ses biens sous séquestre et alloué aux héritiers de chacune des deux victimes 100 millions de francs CFA (environ 152.000 euros).

Deux prévenus ont écopé de cinq ans d'emprisonnement ferme et un autre de six mois. Les trois autres prévenus, dont un chauffeur, ont été acquittés.

"Le droit a été dit et bien dit. La chambre criminelle a fait un travail remarquable en situant les responsabilités. Ceux qui ont été pris la main dans le sac ont été lourdement sanctionnés", a déclaré à l'AFP Me Khassimou Touré, avocat des parties civiles.

Le verdict a été accueilli dans le calme, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des fidèles de Cheikh Bethio Thioune présents dans la salle et à l'extérieur du tribunal, où des barrières métalliques avaient été installées à l'entrée ont quitté sans incident les lieux, gardés par des gendarmes et des policiers.

Ses fidèles, appelés "thiantacounes", avaient violemment protesté contre sa détention en 2012. A Dakar, ils avaient notamment brisé les vitres de plusieurs dizaines de véhicules le 22 octobre 2012.

En liberté provisoire depuis février 2013, Cheikh Bethio Thioune avait été arrêté le 23 avril 2012 à la suite de la mort de deux de ses disciples lors d'une rixe dans le village de Keur Samba Laobé (ouest), où il possède une résidence.

Selon le récit des avocats pendant le procès, il avait interdit à l'une des victimes l'accès à son domicile, lui reprochant une dévotion excessive à son égard - elle le comparait même à Dieu. L'homme avait bravé l'interdiction et des fidèles s'en étaient pris à lui, le tuant avec un de ses compagnons.

Selon l'ordonnance de renvoi, les corps des deux victimes, enterrés à 800 mètres de son domicile, présentaient "des violences" causées par des "armes tranchantes, contondantes et à feu".

Les organisations de défense des droits humains et les familles des accusés réclamaient depuis des années la tenue de ce procès, dénonçant la durée excessive de la détention préventive de la plupart des prévenus.

Le poste de Premier Ministre va disparaître

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