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Portrait de candidat: Me Madické Niang, l’invité surprise

L'affiche de campagne électorale de Madické Niang.

Dans une série spéciale, le correspondant de VOA Afrique à Dakar présente les portraits des cinq candidats à la présidentielle du 24 février 2019. Avocat et homme politique sénégalais, Madické Niang est le candidat le plus inattendu de cette présidentielle.

Longtemps dans l’ombre de l’ancien président Abdoulaye Wade, ce natif de Saint-Louis du Sénégal a décidé de briguer le suffrage des Sénégalais pour pallier l’invalidation de la candidature de Karim Wade, fils de l’ancien chef de l’Etat sénégalais.

Le portrait de Me Madické Niang
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Madické Niang est né le 25 septembre 1953 à Saint-Louis. Dans cette région, il suit sa scolarité au Lycée Charles de Gaulle jusqu’à l’obtention de son baccalauréat.

Il fréquente ensuite la faculté de droit à l’Université de Dakar avant d’aller poursuivre ses études de droit à Abidjan. À la fin de ses études, il s'inscrit au barreau de Dakar et compte parmi ses clients de grandes entreprises telles que la Compagnie sucrière sénégalaise.

Rapidement, il devient un proche d'Abdoulaye Wade, déjà un opposant politique très actif, pour finir par être son avocat.

"Abdoulaye Wade a été arrêté en 1985 lors d’une marche avortée de l’opposition. Il a été arrêté avec d’autres militants. J’ai décidé de les défendre alors que je venais juste d’avoir 3 ans au barreau", confie Madické Niang.

En 2000, Abdoulaye Wade accède au pouvoir et place Madické Niang à ses côtés. Sous le premier mandat de Wade, il est ministre de l'Habitat de 2002 à 2003, ministre de l'Énergie et des Mines de 2003 à 2006 puis ministre des Mines et de l'Industrie entre 2006 et 2007. En 2007, Wade est réélu et Madické Niang monte en grade.

De ministre, il passe à ministre d'État, garde des Sceaux, ministre de la Justice de 2007 à 2009 puis ministre des Affaires étrangères d'octobre 2009 à avril 2012.

À la chute du régime libéral, il accueille Wade dans sa villa située au point E, un quartier résidentiel de Dakar.

La relation idyllique entre Abdoulaye Wade et Madické Niang va pourtant prendre une tournure brusque et inattendue. Craignant l’invalidation de la candidature de Karim Wade, Madické Niang prend son courage à deux mains et dépose sa candidature pour la présidentielle de février 2019 tout en continuant de revendiquer son appartenance au Parti Démocratique Sénégalais.

"J’ai satisfait aux conditions qui concernent le parrainage et qui concernent tant d’autres questions. Karim aussi a franchi ce cap. L’avenir appartient au tout-puissant, mais je suis un homme d’honneur; quand une déclaration est faite, je ferais tout pour la respecter", explique Madické Niang.

Wade estime que son avocat et compagnon l’a trahi en déposant une candidature parallèle à celle de son fils Karim. Le 12 octobre, l’ancien président Abdoulaye Wade déménage de chez Madické Niang. Un acte fort qui conforte le divorce entre les deux hommes politiques.

Aujourd’hui, Madické Niang fait partie des cinq candidats en lice pour la présidentielle de 2019, qu’il aborde dans la peau d’un candidat inattendu et qu’on accuse de connivence avec le pouvoir, comme l’indique l’observateur politique Ibrahima Bakhoum.

"Personne ne l’attendait, ou peu de gens l’attendaient et la première chose qu’il réussit, c’est de passer le cap du parrainage. Evidemment tout de suite, des soupçons commencent à circuler", souligne Ibrahima Bakhoum​.

Il poursuit: "Certains se disent: est-ce qu’il n’est pas un élément avancé du système de Macky Sall pour affaiblir le Parti Démocratique Sénégalais (PDS)? Mais Madické, son engagement, c’est qu’il n’est pas question que le PDS n’ait pas de candidat. Et puisqu'il tient à ce que le PDS ait un candidat, il se présente comme tel, autrement dit comme celui qui va sauver la maison bleue (PDS)".

Madické Niang a été exclu du Parti démocratique sénégalais en octobre 2018, pour s'être porté candidat à l'élection présidentielle de 2019 alors que le parti soutenait la candidature Karim Wade, le fils de l'ancien président Abdoulaye Wade.

Toutefois, le candidat de la coalition "Madické 2019" espère polariser le vote des libéraux de tous bords pour accéder à la magistrature suprême au soir du 24 février 2019.

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Saint-Louis - Paris à bord d'un minuscule avion

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CAN-2019 - Sénégal-Algérie: la fête a déjà commencé au pays des Lions

L'équipe du Sénégal lors d'un match de qualifications pour la CAN 2019, le 13 octobre 2018. (VOA/Amedine Sy)

Sûrs de la victoire face à l'Algérie en finale de la CAN-2019, les Sénégalais ont déjà commencé à faire la fête à Dakar et dans les villes de province, pavoisées aux couleurs du Sénégal, à quelques heures du coup d'envoi dans la chaleur du Caire vendredi (19H00 GMT).

Fort de son statut de mondialiste, de première nation africaine au classement Fifa, et de l'apport de son champion d'Europe Sadio Mané (Liverpool), le Sénégal rêve de vaincre le signe indien à l'occasion de la deuxième finale continentale de son histoire, après celle perdue en 2002 face au Cameroun.

Depuis le début de la matinée, les rues de Dakar sont rythmées par le son des coups de klaxon, des vuvuzelas et de la musique de son autre star internationale, le chanteur Youssou N'Dour.

Malgré la défaite (1-0) contre ces mêmes Algériens en phase de poules, "on va gagner, Inch Allah (si Dieu le veut). La coupe, ce sera au Sénégal cette année", affirme le vendeur ambulant Ibrahima Diallo, qui a rallié la place de la Nation, dans le quartier populaire de Colobane, plusieurs heures avant le début du match.

"La fête a déjà commencé et l'intensité va monter jusqu'à la fin du match", promet-il, alors que plusieurs centaines de supporters ont commencé à affluer vers ce lieu traditionnel de rassemblement. La place a été transformée en "fan zone" dotée de trois écrans géants et d'un large podium, où des groupes doivent animer une soirée que tous espèrent festive.

- Trottoirs repeints dans la nuit -

Dakar s'est mise sur son 31 pour soutenir ses Lions. "Nous avons nettoyé le quartier", sourit une collégienne, Adama Samb. Autour d'elle, dans les rues populaires du quartier de Bopp, les banderoles, poteaux électriques, troncs des arbres bordant les rues, et même les chaussées et trottoirs, repeints pendant la nuit, arborent les couleurs vert-jaune-rouge du Sénégal.

Un chauffeur de taxi rouspète. Il est "obligé de faire un détour" pour se rendre sur la corniche-ouest, où une autre "fan zone" était en cours d'installation à quelques mètres de l'océan.

Les cafés, restaurants et les centres commerciaux se préparent également à diffuser le match, même si de nombreux Sénégalais comptent le regarder en famille, à la maison.

A Kolda (sud), en Haute-Casamance d'où est originaire la star Sadio Mané, comme à Saint-Louis (nord), fief de l'ailier Ismaïla Sarr, la même fièvre et les mêmes couleurs ont envahi les rues, selon des correspondants de l'AFP.

Le journal de la CAN-2019 du 17 juillet

Le journal de la CAN-2019 du 17 juillet
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L'année de Sadio Mané

Sadio Mané à Barnet, Nigeria, le 23 mars 2017.

Le nouveau héros du Sénégal s'appelle "Super Mané". Vainqueur de la Ligue des champions avec Liverpool, Sadio Mané peut apporter à son pays sa première CAN, vendredi en finale contre l'Algérie, au Caire. Et bientôt le Ballon d'or?

Une blessure à un mollet qui gâche sa CAN-2015, un tir au but raté en quarts en 2017, deux nouveaux échecs sur penalty en Egypte... Comme les Lions de la Teranga, souvent favoris mais jamais titrés, l'attaquant star de 27 ans a parfois déçu.

Mais leur meilleure chance d'effacer soixante années de "lose" sur le Continent, c'est lui. Sur la lancée de sa saison la plus prolifique en Premier League (22 buts), titré en C1 avec les Reds en juin, Mané est le visage de la nouvelle génération qui gagne.

Leader de l'équipe qui a retrouvé la Coupe du monde en 2018 après 16 ans d'absence, il a conduit les siens en finale de la CAN, la deuxième du pays après 2002, avec trois buts et une passe décisive lors de la compétition.

"Il a quelque chose d'unique, rien n'est prévisible avec lui. Il n'y a pas un plan qui peut le tenir. Il peut faire la différence à tout moment, sur un dribble, une passe ou une percussion", le décrit son sélectionneur Aliou Cissé.

Le coach a fait de Mané un pilier de son animation offensive qui a été instable en Egypte entre les titularisations tour à tour d'Ismaïla Sarr, Keita Baldé et Krépin Diatta, aux côtés de Mbaye Niang et Mané, le plus constant de tous.

- "Mon rêve le plus fou" -

En l'absence du défenseur Kalidou Koulibaly, suspendu, l'ailier devra assumer encore plus de responsabilités vendredi pour décrocher le Graal, devenu l'obsession du Sénégal comme de son technicien, capitaine de l'équipe finaliste malheureuse il y a 17 ans.

"Je suis même prêt à échanger une Ligue des champions contre une CAN. Le retour à Dakar serait extraordinaire. Ce serait mon rêve le plus fou", avait déclaré Mané à France Football avant le tournoi.

Un sacre au stade international du Caire le ferait entrer dans le cercle fermé des Africains à avoir remporté la C1 et la CAN, aux côtés du Camerounais Samuel Eto'o, des Ivoiriens Salomon Kalou et Yaya Touré, des Nigérians Finidi George et John Obi Mikel, du Ghanéen Abedi Pelé et de l'Algérien Rabah Madjer.

De quoi faire du Sénégalais un sérieux prétendant au Ballon d'or en fin d'année... Après le Libérien George Weah en 1995, il pourrait devenir le deuxième joueur issu du Continent à soulever la récompense. Face à lui se dressent les deux "monstres" Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, mais aussi son partenaire en club, le gardien Alisson, vainqueur de la Copa America avec le Brésil.

"Il ne faut pas penser Ballon d'Or! Ce qui est important pour Sadio, c'est de continuer à se battre pour l'équipe, à faire des performances. Il est dans cet état d'esprit. Mon discours avec lui est clair: donne le maximum pour l'équipe, et l'équipe te le rendra", a assuré Aliou Cissé.

"C'est un garçon qui a la tête sur les épaules, qui comprend que le collectif passera toujours devant les individualités", a-t-il poursuivi. Le collectif aura aussi besoin d'un exploit de la plus talentueuse de ses individualités.

CAN-2019 : le Sénégal en finale, 17 ans après !

L'équipe du Sénégal après sa victoire contre la Tunisie en demi-finale de la CAN-2019 au Caire le 14 juillet 2019.

Le Sénégal va jouer sa première finale de CAN depuis 2002, après avoir battu la Tunisie (1-0 a.p.) au terme d'une demi-finale à suspense, avec intervention de l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR), dimanche au Caire.

Un énorme rugissement a saisi au coup de sifflet final dans le stade du 30-juin, déserté par les Égyptiens. Un rugissement à la hauteur de la portée historique de l'exploit réalisé par les Lions de la Teranga.

Raillé pour son absence de palmarès, le pays de plus de 15 millions d'habitants tient enfin une seconde chance d'inscrire son nom à la liste des grands d'Afrique, après son unique finale perdue en 2002.

Le sélectionneur Aliou Cissé, bras en l'air et genoux sur la pelouse à la fin du match, aura sa revanche : capitaine de l'équipe défaite il y a 17 ans, il sera sur le banc vendredi pour toucher cet or qu'il chasse depuis sa prise de fonctions en 2015.

"J'ai promis deux choses à mes joueurs à mon arrivée : les ramener en Coupe du monde (ce qu'il a réussi, ndlr) et en finale de la Coupe d'Afrique. J'ai ce contrat-là avec eux", a déclaré le coach.

Éliminés aux tirs au but par le Cameroun en quarts en 2017, les Sénégalais ont cette fois montré un mental conforme à leurs grandes ambitions, en sortant vainqueurs d'un match à rebondissements.

- Deux penalties ratés -

Il leur a fallu se relever quand une main de Kalidou Koulibaly a provoqué un penalty pour les Tunisiens. Mais le gardien Alfred Gomis a arrêté le tir de Ferjani Sassi (75e).

Il leur a fallu se relever après que Henri Saivet s'est raté dans le même exercice face au gardien tunisien Mouez Hassen (80e), au terme d'une séquence folle de cinq minutes, marquée aussi par une bagarre entre journalistes des deux camps en tribune de presse.

Il leur a fallu résister à trois minutes sous haute tension, quand l'arbitre Bamlak Tessema a consulté le VAR pour la première fois du tournoi, pour une main d'Idrissa Gueye (115e). Mais alors que Naïm Sliti était prêt pour tirer, l'arbitre éthiopien est revenu sur sa décision initiale d'accorder un penalty.

Comble de ce scénario fou, le héros sénégalais est tunisien : Dylan Bronn a libéré les Lions malgré lui, lors de la prolongation, en repoussant dans ses filets une balle très mal dégagée par son gardien (100e). Proche de l'action, Cheikhou Kouyaté a célébré le but en se ruant sur Cissé, comme le symbole d'une équipe à l'unisson derrière son coach qui connaît la route jusqu'à la finale.

Mais vendredi, ce sera bien à eux d'écrire leur propre légende, en réussissant ce qu'aucune équipe sénégalaise n'est parvenue à faire avant.

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