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Plusieurs mois de contestation contre le président Alpha Condé


Le président Alpha Condé devant ses militants à Conakry, le 29 février 2020. (VOA/Zakaria Camara)

Confirmée lundi par son parti, la candidature d'Alpha Condé à un troisième mandat de président de la Guinée suscite depuis des mois une contestation à plusieurs reprises durement réprimée. Des dizaines de civils ont été tués.

A ce jour, M. Condé, 82 ans, n'a toujours pas annoncé publiquement son intention de chercher à se succéder à lui-même.

- Début de la contestation -

Le 7 octobre 2019, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile, appelle à manifester pour empêcher un troisième mandat de M. Condé.

Elu en 2010 et réélu en 2015, M. Condé avait annoncé début septembre des "consultations" sur la Constitution, premier pas selon l'opposition vers une modification du texte, pour lui permettre de se représenter en 2020.

Le 14, des heurts entre manifestants et forces de l'ordre font cinq morts par balles à Conakry selon l'opposition.

- Manifestations massives -

A plusieurs reprises ensuite, le FNDC fait descendre massivement les Guinéens dans la rue, dans la capitale et en province.

La contestation s'accompagne de heurts à différentes reprises. Elle est plusieurs fois durement réprimée.

Les violences donnent lieu à des versions diamétralement opposées des organisateurs et du pouvoir. L'opposition proclame son mouvement pacifique, M. Condé accuse ses organisateurs de chercher à semer le désordre.

Amnesty International dénonce l'usage excessif de la force par les services de sécurité, les interdictions de manifestations pacifiques, les arrestations "arbitraires", les cas de torture et l'impunité des forces de sécurité.

- "Coup d'Etat constitutionnel" -

En décembre, le président annonce qu'il soumettra aux Guinéens un projet de nouvelle Constitution.

La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentielle, la nouvelle que propose M. Condé également. Mais, accusent ses opposants, le changement de Constitution lui permettrait de remettre son compteur à zéro afin de se succéder à lui-même fin 2020.

L'opposition crie au "coup d'Etat constitutionnel". Mi-janvier 2020, elle annonce une mobilisation "massive" et "illimitée".

Le pays est le théâtre dans plusieurs villes de heurts entre protestataires et forces de sécurité, de saccages de locaux de la police ou de la gendarmerie ou d'attaques contre des bâtiments officiels.

- Référendum et législatives boycottés -

Le 22 mars, la nouvelle Constitution proposée par le président recueille officiellement près de 90% de "oui" lors d'un référendum couplé à des législatives reportées depuis des mois. L'opposition boycotte le vote. Il est entaché de violences à Conakry et en province. A Nzérékoré (Sud), les autorités reconnaîtront plus tard 30 morts autour du 22 mars.

Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, au pouvoir) remporte plus des deux tiers des sièges de députés.

L'opposition rejette les résultats. Les Etats-Unis, l'Union européenne et la France remettent en question la crédibilité du vote.

Le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, au pouvoir) remporte plus des deux tiers des sièges de députés.

Le 2 avril, Amnesty accuse les forces de sécurité d'"usage excessif et aveugle de la force" avec le recours à des tirs à balles réelles.

- Condé candidat -

Le 6 août, le RPG demande à M. Condé d'être son candidat à la présidentielle.

M. Condé dit "prendre acte", sans formellement s'engager, mais en esquissant une ébauche de programme centré sur les femmes, les jeunes et les plus démunis.

Le 1er septembre, le RPG annonce que le chef de l'Etat a accepté d'être son candidat le 18 octobre.

Le FNDC annonce de nouvelles manifestations et indique que la contestation va entrer dans une "phase décisive".

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