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Guinée

Heurts à Conakry lors de la reprise des manifestations anti-Condé

Patrouille de police dans les rues de Conakry le 14 janvier 2020.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu lundi à Conakry, lors d'une reprise de la mobilisation pour empêcher un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé, stoppée depuis trois mois par la pandémie de Covid-19, a constaté l'AFP.

Un jeune homme de 22 ans, Amadou Barry, a été blessé par balle au visage alors qu'il se rendait à une manifestation dans le quartier de Hamdallaye, fief de l'opposition dans la banlieue de la capitale, ont indiqué un de ses proches et une source médicale.

Avec l'apparition de la pandémie de Covid-19, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), collectif de partis, syndicats et représentants de la société civile, avait suspendu les manifestations.


L'organisation avait régulièrement appelé à manifester depuis octobre, pour faire barrage à une nouvelle candidature du président Condé à la présidentielle prévue en octobre.

Cette trêve a été levée lundi, bien que les rassemblements restent interdits en raison de l'état d'urgence sanitaire, comme l'a rappelé dimanche soir à la télévision le ministre de l'Administration territoriale, Bouréma Condé.

Ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, régulièrement en proie à des manifestations et une répression sanglante, a officiellement enregistré quelque 6.500 cas de Covid-19 et 39 décès.

A Wanidara, autre fief de l'opposition dans la banlieue de Conakry, des manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus. Les forces de l'ordre ont tenté de les disperser avec des grenades lacrymogènes, selon un correspondant de l'AFP.

Les domiciles du chef de l'opposition politique Cellou Dalein Diallo, et du coordonnateur national du FNDC Abdourahmane Sano, étaient bouclés par les forces de l'ordre.

L'appel du FNDC "n'est quasiment pas suivi", a assuré dans un communiqué le ministère de la Sécurité. Il a fait état d'"actes d'incivisme" avec "des tentatives de barricades, le déversement d'huile de vidange sur la chaussée (et) des jets de pierres", à Conakry et en province.

Le mandat de M. Condé, 82 ans, élu en 2010 et réélu en 2015, arrive à échéance à la fin de l'année. L'opposition est convaincue qu'il briguera sa propre succession.

Celle-ci a vainement tenté de s'opposer à une nouvelle Constitution soumise le 22 mars à référendum, et dénonce un subterfuge de M. Condé pour se représenter.

Ancien opposant historique, devenu premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires, Alpha Condé entretient l'ambiguïté sur ses ambitions.

La commission électorale a proposé un premier tour de la présidentielle le 18 octobre.

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Émoi à Conakry après la mort d'une jeune femme des suites d'un viol présumé

Deux femmes regardent debout dans une rue vide lors d'une manifestation dans le quartier populaire de Wanindara à Conakry le 27 février 2020.

La Guinée était en émoi lundi après la mort d'une jeune femme des suites d'un viol présumé par des médecins dans une clinique privée de Conakry, une affaire ayant abouti à l'inculpation puis à l'arrestation de trois personnes.

La jeune femme, M'Mah Sylla, une célibataire diplômée en secrétariat de 25 ans, est "décédée samedi à Tunis où elle avait été évacuée pour des soins suite au viol dont elle avait été victime dans une structure hospitalière" de Conakry, a annoncé dimanche soir le gouvernement guinéen dans un communiqué.

Elle s'est rendue en août dans cet établissement situé dans la banlieue de Conakry, selon la presse locale. Les raisons de son passage dans cet établissement n'ont pas été précisées.

Après le viol présumé, la jeune femme avait ensuite été évacuée en octobre par les autorités à Tunis pour des soins dont la nature n'a pas été précisée.

Après une saisine du parquet, un juge d'instruction du tribunal de Manfanco (banlieue de Conakry) a placé le 14 octobre en "détention provisoire" trois médecins inculpés de "viol, avortement, administration de substances nuisibles, risque causé à autrui et complicité", a indiqué le parquet dans un communiqué distinct dimanche soir.

Une autre personne "en fuite", était "activement recherchée", selon la même source.

Le gouvernement demande de "prendre toutes les mesures urgentes afin d'accélérer l'enquête en cours pour que les coupables répondent de leur forfaiture", dans le communiqué.

La mort de M'Mah Sylla suscitait lundi un large débat sur les réseaux sociaux. Une pétition, à l’initiative d'associations de défense des droits des femmes, réclamait des sanctions contre les auteurs présumés.

"Justice pour M'Mah Sylla. Plus jamais ça", indiquait lundi une bande virale sur les réseaux sociaux. Des émissions de radio ont également été organisées lundi matin sur cette affaire.

La junte guinéenne accuse des partis politiques de chercher à troubler l'ordre public

Le chef de la junte en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a prêté serment vendredi à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.

Les militaires au pouvoir en Guinée depuis le 5 septembres ont accusé jeudi des partis et des activistes d'agissements visant à "troubler l’ordre public et la paix sociale" dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Le Comité national de rassemblement pour le développement (CNRD), a déclaré, dans un communiqué lu à la télévision publique, que but était de "saper la paix et la paix et la quiétude des Guinéens et porter préjudice à la transition apaisée en cours".

Sans donner plus de précision sur l'identité des partis et des activistes qu'il accuse, le CNRD met en garde ceux qui refusent de s’inscrire dans la démarche de "dialogue consensuel" et assure qu’il prendra "toutes les dispositions régaliennes pour assurer leur sécurité".

Cette mise en garde intervient à la suite de la conférence de presse des responsables du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, parti du président déchu Alpha Condé).

Lors de cette rencontre avec les journalistes, l’ex-président de l’Assemblée nationale et responsable du RPG, Amadou Damaro Camara,a demandé au CNRD de libérer Alpha Condé, 83 ans, placé en résidence surveillée depuis qu'il a été renversé.

L'ancien commandant des forces spéciales, le colonel Mamady Doumbouya qui a renversé l'ancien président Condé le 5 septembre et s'est fait investir président de transition, a promis de "refonder" l'Etat guinéen et de combattre la corruption.

Il a assuré qu'il n'y aurait pas de "chasse aux sorcières".

Dès la prise du pouvoir, la junte avait dissous le gouvernement et les institutions et remplacé ministres, gouverneurs et préfets par des administrateurs et des militaires.

Le colonel Doumbouya a nommé le 6 octobre un Premier ministre de transition, Mohamed Béavogui, un ancien sous-secrétaire général des Nations unies. Deux semaines après, la composition de son gouvernement n'a pas été communiquée.

Le colonel Doumbouya a promis de rassembler les Guinéens au-delà des appartenances politiques ou ethniques, et de rétablir un régime civil après une période de transition d'une durée indéterminée.

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Fin de la grève de la rédaction de la RTG, radio publique guinéenne

Vue de face de la maison de la radiodiffusion guinéenne (RTG), dans la banlieue de Conakry, 16 avril 2007. (archives)

Les journalistes de la radio publique de Guinée ont mis fin mardi à leur grève déclenchée il y a une semaine pour dénoncer leurs conditions de travail et la préférence accordée selon eux à la télévision, a-t-on appris auprès de leur syndicat.

Depuis le 19 octobre, un service minimum était assuré et aucun grand journal n'était diffusé, selon un journaliste de l'AFP.

"Nous avons décidé de lever le mot d'ordre", a déclaré à l'AFP le secrétaire général adjoint du syndicat des travailleurs de la Radio Télévision Guinéenne (RTG), Oumar Barry, précisant que la direction s'était notamment engagée "à trouver" des ordinateurs et des équipements pour la radio.

Les grévistes avaient aussi déploré que le "mépris total" pour la radio observé selon eux sous le président Alpha Condé, renversé le 5 septembre par un putsch, semble se perpétuer sous la junte dirigée par le colonel Mamady Doumbouya, qui a réservé ses grandes annonces à la télévision publique.

L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a regretté que l'accès des médias privés à certains événements officiels ait été restreint.

La "refondation" souhaitée par le colonel Mamady Doumbouya ne pourra se réaliser "en l'absence de garanties sérieuses et de réformes concrètes pour que les journalistes puissent librement et de manière responsable exercer leur mission d'information", a déclaré le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger, cité mardi dans un communiqué.

La Guinée occupe le 109e rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

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