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Plusieurs militants de la société civile arrêtés à Kinshasa


La police interpelle des militants du mouvement citoyen "Filimbi" (sifflet en swahili) lors d’un sit-in sous une pluie battante devant le siège de l'Union africaine (UA) à Kinshasa, 29 octobre 2017. Crédit/Filimbi Facebook

Le nombre de personnes arrêtées varie. La police parle de sept et la société civile, neuf. Elles participaient à une conférence qui n'a pas été autorisée.

Plusieurs militants de la société civile congolaise ont été arrêtés vendredi à Kinshasa alors qu'ils se préparaient à participer à une conférence interdite sur le "retour à l'ordre constitutionnel" en République démocratique du Congo, idiquent des organisateurs.

"La conférence était interdite. Nous avons arrêtés sept personnes, on va les relâcher", a déclaré à l'AFP le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police.

"Neuf militants sont aux arrêts", a pour sa part assuré à l'AFP Bienvenu Matumo, militant du mouvement congolais Lutte pour le changement (Lucha).

La conférence, organisée par le collectif d'actions de la société civile (CASC), portait sur "la mobilisation citoyenne pour le retour de l'ordre constitutionnel en 2017".

Ces arrestations interviennent le jour de la commémoration du 57e anniversaire de l'indépendance de la RDC. La veille, dans un court communiqué, le président Joseph Kabila avait invité la population congolaise à célébrer cet anniversaire "dans le calme et la méditation".

"Je regrette que pour raisons de santé, je ne puis, cette année, vous adresser mon message de manière traditionnelle", ajoutait le texte.

"C'est le 30 juin, date de l'indépendance et on refuse aux gens de réfléchir sur l'état d'avancement de leur pays. En quoi sommes nous indépendants? C'est la preuve que une minorités des gens nous colonise encore", a commenté M. Matumo.

Le CASC regroupe une dizaine d'organisations dont Lucha, la Voix des sans voix et le Chemin de la paix, un mouvement lancé par le gynécologue congolais Denis Mukwege, qui faisait partie des intervenants prévus à cette conférence où un représentant de l'épiscopat devait également intervenir.

La RDC traverse une crise politique, aggravée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a échu depuis décembre.

M. Kabila, 46 ans, se maintient à la tête du pays en vertu d'une décision controversée de la Cour constitutionnelle, entérinée par un accord signé le 31 décembre dernier entre la majorité et l'opposition.

La RDC n'a connu aucune transition démocratique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Le 23 juin, les évêques catholiques ont invité les Congolais à se mobiliser et à se mettre "debout" pour demander l'application intégrale de cet accord.

Avec aFP

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