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Cameroun

Plusieurs manifestations interdites à Yaoundé après l'arrestation de Kamto

Le président camerounais Paul Biya accueille les partisans lors d'une réunion électorale au stade de Maroua lors de sa visite dans la région de l'extrême-nord du Cameroun, le 29 septembre 2018.

Les manifestations prévues à Yaoundé les 1er, 2, 8 et 9 février ont été interdites jeudi, cinq jours après une vague de marches contre la réélection de Paul Biya à la tête du Cameroun à la suite desquelles le principal opposant Maurice Kamto a été arrêté.

"Les marches de revendication, de protestation et de désapprobation projetées (à) Yaoundé les 1er, 2, 8 et 9 février (...) sont interdites pour des nécessités de préservation de l'ordre public", a écrit dans un communiqué le préfet du département du Mfoundi (dont fait partie Yaoundé), Jean-Claude Tsila.

"Le préfet demande par conséquent à tous les organisateurs de ces marches de bien vouloir renoncer à leurs projets", selon le communiqué, lu à la radio d'Etat.

Le 1er était prévue une marche "en réplique aux manifestations illégales organisées par un parti d'opposition (MRC)", organisée par un collectif peu connu. Le 2 et le 9, des marches du MRC étaient prévues.

Le leader du parti et principal opposant depuis la présidentielle où il est arrivé deuxième, Maurice Kamto, a été arrêté lundi, deux jours après une vague de manifestations du MRC non autorisées dans plusieurs villes du Cameroun.

Détenu au Groupement spécial d'opérations (GSO, unité d'élite de la police), il va faire l'objet d'une enquête pour huit infractions qui lui sont imputées, dont la "rébellion" et l'"incitation à l'insurrection", ont indiqué ses avocats dans la nuit de mercredi à jeudi.

Parmi les autres infractions imputées à Maurice Kamto figurent "l'attroupement", "l'hostilité à la patrie", "le trouble à l'ordre public, l'association de malfaiteurs", a déclaré l'un de ses quinze avocats, Me Sylvain Souop, au cours d'une conférence de presse.

Les 200 personnes qui ont été interpellées samedi, selon le parti, font l'objet d'enquêtes préliminaires pour les mêmes infractions.

"Il y a une qualification des faits avant même que les gens aient été entendus", a-t-il dénoncé.

"Il va bien, il a le moral, il est serein et il a été entendu en présence du directeur général de la Police judiciaire", a déclaré Me Souop après avoir indiqué l'avoir rencontré mercredi après-midi.

- "Confiance" dans la justice -

Lors du point de presse, le parti de Maurice Kamto, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a démenti avoir organisé samedi des manifestations à l'étranger durant lesquelles plusieurs ambassades en Europe ont été saccagées par des manifestants.

"Kamto dénonce ce vandalisme des représentations diplomatiques, il n'a jamais envoyé qui que ce soit casser quoi que ce soit", a affirmé Me Souop.

M. Kamto, ancien ministre de la Justice de Paul Biya, "fait confiance à la justice du Cameroun", a conclu son avocat.

Maurice Kamto et plusieurs cadres de son parti avaient été arrêtés lundi soir à Douala et Yaoundé, deux jours après qu'une centaine de militants du parti, selon les autorités, eurent été interpellés samedi lors de marches non autorisées.

Deux journalistes camerounais ont aussi été interpellés lundi soir, après avoir été "confondus avec des activistes politiques dans l'exercice de leurs fonctions", selon le syndicat des journalistes camerounais. Ils étaient toujours détenus jeudi.

Depuis l'annonce des résultats de la présidentielle, fin octobre, plusieurs manifestations non autorisées ont été organisées par le MRC contre ce qu'il qualifie de "hold-up électoral".

Selon les résultats du Conseil constitutionnel, l'ex-candidat du MRC est arrivé deuxième (14,23% des suffrages) derrière Paul Biya, réélu pour un septième mandat consécutif avec 71,2% des voix.

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Un bébé tué par balle en zone anglophone camerounaise

Quelques personnes marchent dans les rues de Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, pour dénoncer la tentative de sécession des deux régions anglophones du Cameroun, le 31 juillet 2018. (Twitter/Mimi237)

Un bébé de quatre mois a été tué par balle lundi, jour de la fête nationale du Cameroun, dans une localité de la région anglophone du Sud-Ouest, où un affrontement entre séparatistes et l'armée a été signalé, a-t-on appris de sources concordantes.

Un nourrisson de quatre mois "a été tué par une balle perdue" lundi à Muyuka (Sud-Ouest), l'un des épicentres du conflit armé qui sévit dans les régions anglophones, a affirmé mardi une source proche de l'armée, confirmant une information abondamment commentée sur les réseaux sociaux. La source n'a pas été plus précise sur les circonstances de ce décès.

Des photos et vidéos vues par l'AFP montrent la victime inerte et ensanglantée, le crâne ouvert, à côté de plusieurs douilles de balles.

"Ils (les militaires) sont entrés de force dans la maison (et) ont tiré sur mon bébé qui dormait alors que j'étais dans la cuisine", a accusé la mère de la victime, citée par une célèbre journaliste anglophone, Mimi Mefo.

Cette accusation n'a pu être confirmée de source indépendante. Sollicitée, l'armée n'avait pas réagi dans l'immédiat.

Lundi, des affrontements entre militaires et soldats ont éclaté à Muyuka, de sources concordantes.

"Tirer sur un bébé de quatre mois a-t-il un sens", a demandé sur son compte tweeter le célèbre avocat anglophone Akere Muna. "Voilà qui nous sommes, un pays où certaines vies n'ont pas d'importance. Un bébé est condamné à la peine capitale pour une vie non encore vécue. Tout simplement barbare !", s'est-il indigné.

Plusieurs autres réactions d'indignation d'internautes ont été enregistrées sur les réseaux sociaux.

Depuis plus d'un an, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions anglophones, sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Des ONG pointent régulièrement des exactions de l'armée contre les civils. Fin mars, Human Rights Watch (HRW) avait publié un rapport accusant "les forces du gouvernement" d'avoir tué "de nombreux civils" dans les régions anglophones du Cameroun, faisant "un usage aveugle de la force ces six derniers mois".

Selon l'ONU, la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à quitter leurs domiciles. En vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

Yaoundé célèbre une fête nationale dans la division

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Célébration de la fête nationale du Cameroun

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Le Cameroun célèbre sa fête nationale dans la division

Les membres de la plateforme brigade des patriotes camerounais lors de la conférence de presse à Yaoundé, au Cameroun, le 17 février 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Le Cameroun a célébré lundi sa fête nationale dans la division, avec des cérémonies boycottées par l'opposition et un appel des séparatistes armés à observer une journée "villes mortes" dans les régions anglophones.

Le président camerounais Paul Biya, dont les apparitions publiques sont rares, a présidé un défilé civil et militaire sur le boulevard du 20-Mai, à Yaoundé.

"Le Cameroun uni et indivisible à jamais", pouvait-on lire sur une banderole montrée par la télévision d'Etat, la CRTV, qui retransmettait la cérémonie en direct.

D'autres cérémonies se déroulaient en parallèle dans les régions. Aucun incident n'avait été signalé à travers le pays, à 12H00 GMT.

Baptisée "fête de l'unité", ce rendez-vous annuel intervient cette année dans un contexte socio-politique tendu, marqué notamment par le conflit armé qui sévit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones sur les dix que compte le pays.

Les séparatistes, qui se battent pour la création d'un Etat indépendant dans ces deux régions, ont appelé à deux jours de "villes mortes" les 19 et 20 mai, bannissant toute activité publique pour s'opposer à la tenue de la fête nationale.

A Buea, dans le Sud-Ouest, "les gens ne se sentent pas concernés. Ils n'adhèrent pas à l'idée que c'est la fête nationale", a constaté sous couvert d'anonymat le responsable d'une ONG locale, joint depuis Yaoundé. "Les gens veulent d'abord que le calme revienne, qu'on dialogue".

- "Temps très difficiles" -

Des habitants d'autres villes ont été mobilisés pour prendre part au défilé à Buea, selon des sources concordantes.

A Santa, dans le Nord-Ouest, un camion transportant du ciment a été incendié dimanche par des séparatistes, d'après des témoins.

Les festivités de la fête nationale ont également été marquées par le boycott des deux principaux partis d'opposition.

Le Social Democratic Front (SDF), qui prenait part à ces célébrations depuis des années a ainsi expliqué qu'il se mettait en marge cette année, par "sympathie avec les Camerounais qui vivent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et ceux qui souffrent de la grave crise d'insécurité dans les autres parties du pays", notamment dans l'Extrême-Nord où les djihadistes de Boko Haram sont actifs.

De son côté, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) "ne peut pas célébrer lorsque des Camerounais sont tués pendant que le gouvernement fait la sourde oreille". Le président du MRC, Maurice Kamto, officiellement arrivé deuxième à la présidentielle d'octobre 2018, est notamment accusé d'"insurrection" et détenu, avec plus de 150 de ses soutiens et militants, depuis fin janvier.

"Nous vivons des temps très difficiles. Il y a des revendications qui remettent en cause la structure de l'Etat", a souligné l'historien camerounais Emmanuel Tchumtchoua, qui s'inquiète de la montée depuis plusieurs mois d'un discours de haine tribale sur les réseaux sociaux et dans certains médias.

Réélu lors d'une présidentielle dont les résultats ont été contestés, Paul Biya multiple depuis plusieurs semaines les appels à la tolérance et à l'unité.

- Francophones et anglophones -

Son compte tweeter affiche ainsi de nombreux messages, en français et en anglais, appelant à l'unité nationale, un registre qui lui est inhabituel et qui pourrait être le signe d'un changement d'attitude.

"Recherchons dans nos différences ce qui peut nous enrichir mutuellement et nous unir davantage", a ainsi écrit dimanche le président camerounais. "N'opposons pas des Camerounais entre eux. N'opposons pas anglophones et francophones ...", demandait-il la veille.

La fête nationale a été instituée le 20 mai 1972, date à laquelle un référendum avait été organisé pour réunifier le Cameroun francophone et le Cameroun anglophone. La République fédérale du Cameroun avait alors changé de dénomination, devenant République unie du Cameroun.

Mais ce symbole d'unité a pris une nouvelle signification, alors que depuis plus d'un an, les régions anglophones sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé, se battant pour la division du pays. De son côté, le SDF milite pour un retour au fédéralisme.

Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Selon l'ONU, la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à fuir leur domicile. En vingt mois, le conflit en zone anglophone a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

Deux militaires abattus par des séparatistes

Des soldats patrouillent à Bafut, après que le toit du dortoir d'une école a été incendié pendant la nuit du 15 novembre 2017, dans la région anglophone du nord-ouest du Cameroun.

Deux soldats camerounais ont été abattus mercredi par des séparatistes à Bamenda, chef-lieu du Nord-Ouest, l'une des deux régions anglophones du Cameroun en proie à un conflit armé depuis plus d'un an, a annoncé jeudi le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo.

"Dans la mi-journée de mercredi, deux soldats roulant à motocyclette dans la ville de Bamenda ont été sauvagement et lâchement assassinés par des terroristes-sécessionnistes embusqués dans des habitations...", a précisé & M. Beti Assomo dans un communiqué lu sur les antennes de la CRTV, la radio d'Etat.

"La descente immédiate d'une équipe d'intervention avec pour mission de boucler et de ratisser la zone s'est soldée par un échange de coups" entre soldats et séparatistes, a-t-il ajouté, expliquant que les militaires engagés dans la recherche des séparatistes "ont été pris à partie par des nombreuses personnes".

"La confusion a provoqué des échauffourées avec destruction des biens et incendie de quelques maisons", a-t-il poursuivi. "Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur cette affaire et déterminer les auteurs des destructions".

Interrogé par la radio d'Etat, le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, a imputé la responsabilité de ces destructions à "certains éléments (militaires) indisciplinés", qualifiant leur comportement de "réaction malheureuse".

Ces incidents sont survenus moins d'une semaine après la visite à Bamenda du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, qui s'était dit porteur d'un message de "paix" et de "réconciliation".

"Le président (Paul Biya) m'envoie dire aux populations du Nord-Ouest que, hormis la séparation et la sécession, tout sujet politique peut être discuté et il se prépare à le faire", avait-il déclaré.

M. Dion Ngute séjourne depuis mardi dans le Sud-ouest, la deuxième région anglophone.

Les séparatistes anglophones du Cameroun, pays à majorité francophone, militent pour la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Des combats opposent régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les enlèvements.

Selon l'ONU, depuis le début du conflit la crise a déjà forcé plus de 530.000 personnes à fuir leur domicile.

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