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Les Nigérians se tournent vers l'extérieur pour mettre fin aux conflits tribaux


Un groupe d'étudiants peuls fait la queue sur les terrains de l'école avant le début des cours de la journée à l'école nomade Wuro Fulbe de la réserve de Kacha Grazing pour peuple Peul, État de Kaduna, au Nigeria, le 19 avril 2019.

Les conflits prolongés entre agriculteurs et éleveurs au Nigeria font des centaines de morts. Une solution semble en vue: la Zambie, la Gambie et l'Afrique du Sud proposent au Nigeria des cours de recyclage sur la gestion du bétail pour aider à trouver une solution durable à la crise.

Les affrontements entre agriculteurs et éleveurs ont lieu entre des bergers peuls musulmans et des agriculteurs chrétiens, exacerbant les hostilités ethno-religieuses. Des affrontements font suite à des désaccords sur l'utilisation des terres, le vol de bétail ou l'obstruction des voies de migration traditionnelles des troupeaux.

Ces crises ont récemment pris des tournures inquiétantes avec des attaques visant des hauts cadres de l’Etat comme le gouverneur de l’Etat de Benue, Samuel Ortom, alors qu’il se rendait dans son champ.

"Si je ne peux plus aller au champ en tant que gouverneur avec toute la sécurité autour de moi, qui d’autre pourra le faire? ", s'est indigné l'élu.

Les Fulanis, une tribu importante dans la partie nord du Nigéria, sont les principaux éleveurs de bétail du pays. Et régulièrement les bêtes s’égarent et se retrouvent dans les champs des paysans dont ils dévorent les récoltes, provoquant la colère des agriculteurs. L’initiative des pays amis est saluée par Tonyé Mark, administrateur civil.

"C’est une décision importante. Dans ce monde aucun pays ou individu ne peut vivre isolé. Nous devons coopérer dans le cadre des relations multilatérales et bilatérales pour nous permettre de bénéficier de soutien. Donc si nous pouvons nous servir des idées des pays qui gèrent leur bétail avec succès et sans problèmes, pourquoi pas?"

Un programme similaire connu sous le nom de RUGA avait été conçu par le gouvernement fédéral, mais il s’est heurté à une vive opposition de la part de certaines sections du pays qui le percevaient comme un moyen de s'accaparer des terres en faveur des éleveurs à tout prix.

Les réactions des Nigérians sur l’offre des pays amis divergent.

Pour Jude Ukebu, un résident d’Abuja, c'est une bonne idée. "C’est une bonne initiative mais la première chose avant que cela soit fait, il faut que le gouvernement fasse un geste. Je sais et je peux vous dire que le gouvernement n’est pas sincère", explique-t-il.

Pour Thank God Dokube, un autre résident d’Abuja, la faute revient au président Muuhammadu Buhari: "C’est juste une question d’ethnocentrisme. Tout ce qui se passe aujourd’hui n’existait pas avant l’arrivée de notre président au pouvoir".

Certains experts conseillent au gouvernement de créer un ministère de l’élevage et de la pêche pour mettre fin aux querelles des agriculteurs et des éleveurs dans le pays.

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