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États-Unis

Plus de cinquante millions d'Américains affectés par l'ouragan Sandy

Toute la côte Est des Etats-Unis, en état de siège dans l'attente de l'ouragan Sandy
Des inondations déjà signalées sur la côte Est des Etats-Unis, à l’approche du cyclone Sandy qui doit commencer à survoler la terre ferme lundi soir. Les populations des grandes métropoles telles que Washington, Philadelphia ou encore New York, ont été invitées à rester chez elle, la situation devant se dégrader tout au long de la journée.

Les transports publics – aéroports, rains, autobus et métros – sont suspendus, les administrations, bureaux, établissements scolaires et magasins sont fermés dans l’attente de vents violents pouvant dépasser les 140 km/hr. Les Nations Unies (ONU) ont fermé. Même Wall Street a dû mettre clé sous porte, la bourse de New York étant située dans le bas de Manhattan, où l’on s’attend à des inondations, vu que le mur d’eau poussé par le vent pourrait atteindre 3 mètres.

Sandy est l’une des tempêtes les plus importantes à jamais frapper la région, et les pluies diluviennes déjà enregistrées depuis les Carolines jusqu’au Massachusetts, devraient durer plusieurs jours.

La côte est des Etats-Unis est la région la plus peuplée du pays. L’ouragan Sandy, qui remonte lentement cette côte, se heurte à deux autres tempêtes venues de l’Arctique. C’est ce qui a commencé à créer ce que les météorologues qualifient de super-tempête, ou « Frankenstorm », vu qu’elle va affecter jusqu’à 60 millions de personnes.

Les aéroports ont commencé à suspendre leurs opérations dès dimanche, et les compagnies aériennes ont annulés les vols par milliers. Amtrak, la ligne de chemin de fer reliant Boston dans le Massachusetts à Miami en Floride, a suspendu ses départs dans le nord-est.

Le président Barack Obama a assisté dimanche à une réunion de l’agence fédérale de gestion des catastrophes, la FEMA (Federal Emergency Management Agency), et il a appelé ses compatriotes à prendre la tempête « très au sérieux » et de suivre les consignes données au niveau local et au niveau des Etats.

Les populations ont été invitées à emmagasiner de l’eau potable, des conserves et des batteries, et à se préparer en cas de panne de courant. Les Etats de New York, Pennsylvanie, Maryland, Virginie, Caroline du Nord ainsi que la capitale, Washington, D.C., ont déclaré l’état d’urgence. Les autorités du Delaware notamment ont reçu l’ordre d’évacuer certaines régions.

Il faut dire qu’une large partie des côtes de l’Est des Etats-Unis n’est qu’un vaste marécage, au même niveau pratiquement que la mer, facilement engouffré par les marées lors de grosses tempêtes. C’est l’une des raisons pour lesquelles les ouragans sont à la fois si destructifs, et si redoutés.

M. Obama a dit aux employés de la FEMA d’être prêts à intervenir, dès que les États réclament de l'aide. Il a annulé plusieurs déplacements prévus dans le cadre de sa campagne électorale pour rester à la Maison Blanche et surveiller l’évolution de la situation.

Son rival républicain à l’élection présidentielle du 6 novembre, l’ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney, a lui aussi annulé des déplacements dans l’Etat pivot de Virginie, qui est affecté par l’ouragan Sandy. Il devait se rendre dans l'Ohio et l'Iowa, mais a annulé une visite dans le Wisconsin.

Jusqu’à présent, le bilan de la tempête, qui a ravage plusieurs iles de la mer des Caraïbes, est de 60 morts aux Bahamas, à Cuba, à la Jamaïque et en Haïti.

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A Washington, des manifestations émouvantes pour réclamer justice et équité

Des manifestants couchés à même le sol devant la police, au Capitole, le 3 juin 2020, en signe de solidarité. (Photo: Nanythe Talani)

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi à Washington pour crier leur ras-le-bol contre les brutalités policières à l’égard des minorités et exiger aussi la fin d’un système qui maintient ces dernières dans la précarité sur les plans social, économique, sanitaire et éducatif.

Il fait 26 degrés celsius en cette matinée du 3 juin 2020 à Washington, D.C., la capitale des États-Unis. La journée s’annonce chaude. Il y a exactement neuf jours depuis que l’Afro-Américain George Floyd est mort asphyxié par un policier blanc à Minneapolis dans le Minnesota, à plus de 1.782 km de Washington.

Pourtant rien n’entame la détermination des habitants de cette ville et ses environs à continuer à battre les pavés pour poursuivre leurs protestations contre les préjugés raciaux. Certains parents ont emmené leurs jeunes enfants.

“Je suis venue pour montrer ma solidarité. C’est important, même si je suis en train de protester contre quelque chose que je ne vais peut-être pas expérimenter. Participer à une revendication politique comme celle-ci est un grand privilège”, explique Sophie, de race blanche, qui étudie le théâtre et la psychologie dans une université dans le Michigan et qui aimerait aussi devenir activiste pour défendre des causes socio-politiques.

Protestation et pancartes

Les marcheurs brandissent des pancartes qui en disent long sur leur présence en ces lieux, malgré la chaleur qui fait déjà suer quelques uns. Certaines pancartes affichent les noms de nombreuses personnes mortes entre les mains de la police. D’autres ont écrit des slogans comme le légendaire “Black lives matter” (La vie des Noirs compte), “Desarm hate” (Désarmez la haine); “Silence is violence” (Le silence est une forme de violence) ou encore les derniers mots de George Flyod: “I can’t breathe” (Je ne peux pas respirer).

Les manifestants blancs affichent des messages qui expriment leur soutien à une cause qui touche prioritairement les Noirs.

Sophie, la jeune étudiante, pense que “les Blancs qui jouissent des privilèges doivent se positionner physiquement entre les policiers et ceux qu’ils brutalisent, parce que nous ne serons pas brutalisés au même degré”, explique-t-elle.

Les Hispaniques, qui font aussi partie des minorités subissant quasiment le même sort que les Afro-Américains, ne sont pas en marge du combat. On peut lire sur leurs pancartes: “Eres mi otro yo” (Tu es mon autre moi) ou “Tu pelea es mi pelea” (Ton combat, c’est mon combat).

Au-delà des violences de la police

Partie de Freedom Plaza, sur Pennsylvania Avenue à un jet de pierre de la Maison Blanche, la foule constituée d’environ un millier de personnes, selon les organisateurs, prend la direction de Capitol Hill, siège du Congrès. Des policiers encadrent la marche afin d’éviter des débordements qui ont déjà conduit à des casses de vitrines dans la ville et à des scènes de pillage et de violence dans plusieurs villes américaines lors des différentes marches.

Cependant, cette foule dans la rue, qui rassemble des Noirs, des Blancs, des Hispaniques et des Asiatiques, a des préoccupations plus nobles et des ambitions d’un changement positif de leur société. Elle ne revendique plus seulement l’arrêt des brutalités policières visant les Noirs. Elle réclame désormais le changement profond d’un système qui accorde des privilèges aux Blancs et précarise la vie des minorités ethniques.

Je ne suis pas venu seulement pour George Floyd, car ce n’est pas le premier Noir tué par la police. Je suis venu pour exprimer mon ras-le-bol contre le système”, affirme Josh, un natif de Washington, la trentaine. Il s’apprête à rejoindre les forces armées américaines en octobre.

Comme on pouvait s’y attendre, une horde de policiers est déployée autour du Capitole. C'est là même que siègent ceux et celles qui détiennent la clé du changement voulu par ces hommes, ces femmes et ces quelques enfants venus de partout, unis pour défendre une cause devenue une préoccupation nationale et une question qui transcende les limites raciales.

Des policiers solidaires

Entre les chants et les cris de revendications, les protestataires se couchent à même le sol, ou s’agenouillent pendant plusieurs minutes, pour honorer la mémoire des Afro-Américains et d'autres minorités ayant succombé sous la main de la police.

Pour montrer leur solidarité avec les manifestants en quête de justice sociale et pour se désolidariser de leurs collègues qui brutalisent les minorités, quelques policiers, Blancs et Noirs, mettent leurs genoux à terre, pendant quelques minutes.

Ces protestations changeront-elles quelque chose à la situation des minorités?

Alicia Forda, venue de Columbus dans l’Ohio, veut bien y croire: “Je suis ici pour que mon frère, mon père, mon fils, mon oncle, mon ami ne marchent plus dans la rue avec la peur d’être tués par la police”, explique-t-elle. Et d'ajouter: “Je veux que les miens se sentent en sécurité dans ce pays que nos ancêtres ont bâti. Je suis aussi ici pour que nous, les Noirs, soyons libérés de ces oppressions”.

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