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Plus de 3.000 morts dans violences au Kasaï, selon un député de la RDC


Des Casques bleus patrouillent près de Kananga, dans le Kasaï central, en RDC, le 11 mars 2017.

Delly Sessanga, député d'opposition, élu du territoire d'où est partie en septembre dernier la rébellion Kamwina Nsapu, avance le chiffre d'au moins 3.000 personnes tuées dans les violences qui opposent les insurgés aux forces de sécurité au Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo.

"Le total actualisé des cas de décès liés aux violences dans les provinces du Kasaï-central et du Kasaï est de 3.302 depuis janvier 2017 à ce vendredi", a- déclaré à l'AFP l'élu de Luiza, territoire de la province du Kasaï-central.

Delly Sesanga a dit se fonder sur "une compilation non exhaustive des décomptes faits par nos cellules de l'Envol (son parti politique, ndlr) dans les deux provinces".

M. Sesanga a ajouté qu'"en plus du grand chef Kamwina Nsapu et de ces milliers de morts, il y a 17 autres chefs coutumiers exécutés dans les différents territoires".

Ce décompte dépasse de loin les bilans des atrocités enclenchées dans le Kasaï. Depuis septembre 2016, la région est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué le mois précédent lors d'une opération militaire après s'être révolté contre les autorités de Kinshasa.

Selon l'ONU, ces violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers ont fait plus de 400 morts, - dont deux enquêteurs de l'organisation internationale assassinés en mars - et causé le déplacement de 1,27 million de personnes.

L'armée congolaise a de son côté déclaré à la mi-mai que plus de 500 personnes avaient été tuées depuis fin mars dans les opérations du Kasaï.

"Nous avons tué 390 miliciens" et nous avons enregistré "39 tués dans les rangs des FARDC (forces armées) ainsi que "85 policiers tués", a déclaré à la presse le général Léon-Richard Kasonga, porte-parole de l'armée.

Le député Sesanga a accusé "des miliciens organisés en groupuscules d'incendier, de massacrer des populations innocentes et des agents de l'État", déplorant que "l'armée et la police se tournent elles-mêmes contre les civils (...) dans un vrai déchainement des pulsions meurtrières dans l'usage excessif et sans encadrement adéquat de la force" lors des opérations contre les miliciens.

"Ce sont des allégations diffamatoires", a réagi sans fournir de bilan le général Jean-Claude Kifwa, commandant de la deuxième zone de défense qui supervise les opérations dans le centre de la RDC, interrogé par l'AFP.

Avec AFP

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