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Bientôt le procès sur le meurtre de deux experts de l'ONU dans le Kasaï


Les experts de l'ONU Zaida Catalan, à gauche, et Michael Sharp, disparus dans le Kasaï le 12 mars 2017 et retrouvé mort le 27 mars.

Aucun agent des forces de l'ordre n'est poursuivi pour le meurtre de deux experts onuisiens dans le Kasaï-central, a révélé l'avocat général des Forces armées de la RDC, en annonçant la fin de l’instruction qui a duré deux mois et deux semaines.

La justice militaire congolaise a annoncé samedi l'ouverture prochaine du procès des présumés assassins de deux experts de l'ONU tués en mars dans le Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), sans en préciser la date.

A l'issue d'une enquête de dix semaines, "l'instruction est terminée. Les audiences publiques vont bientôt se tenir (...), deux insurgés sont en détention sur 16 incriminés", a déclaré le colonel Odon Makutu, avocat général des Forces armées de la RDC, lors d'une conférence de presse à Kinshasa.

Ils sont poursuivis pour "crime de guerre par meurtre, crime de guerre par mutilation, terrorisme, participation à un mouvement insurrectionnel", a-t-il précisé, en ajoutant que ce procès se tiendrait à Kananga, capitale de la province du Kasaï-central.

L'Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan, deux experts missionnés par le secrétaire général de l'ONU pour enquêter sur les violences dans la province du Kasaï-central, secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août 2016 lors d'une opération militaire, avaient été enlevés le 12 mars et leurs corps retrouvés 16 jours plus tard dans une fosse commune.

"Aucun agent (des forces) de l'ordre n'a été mis en cause" pour ce meurtre, a précisé le colonel Makutu.

Michael Sharp et Zaida Catalan faisaient partie d'un panel d'experts recherchant des informations sur plus d'une quarantaine de fosses communes découvertes dans la région.

La région du Kasaï, au centre de la RDC, est secouée depuis septembre par des violences ayant fait plusieurs centaines des morts et causé le déplacement de 1,27 million de personnes.

Début mai, le Conseil de sécurité de l'ONU avait pressé Kinshasa de coopérer avec sa commission d'enquête chargée de se pencher sur les meurtres de ses experts et sur les fosses communes découvertes dans le Kasaï.

L'ONU accuse les rebelles Kamwina Nsapu d'enrôler des enfants-soldats et d'avoir commis des atrocités, tout en dénonçant également l'usage disproportionné de la force par l'armée congolaise.

Avec AFP

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