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Nigeria

Plus de 25 morts dans une attaque d'un groupe armé au Nigeria

Des membres d’une famille attendent pour réclamer les corps des victimes d'un attentat suicide dans un hôpital de Konduga, à proximité de Maiduguri, au Nigeria, le 16 août 2017.

Au moins 25 personnes ont été tuées dans l'attaque de deux villages par des groupes armés de voleurs de bétail, qui sèment la terreur dans le nord du Nigeria, ont indiqué vendredi des sources locales et la police.

"Nous avons perdu 25 personnes dans les attaques perpétrées par des voleurs de bétail qui nous terrorisent depuis des années", a déclaré à l'AFP Usman Wadatau, dirigeant de la communauté de Gidan Halilu, dans le district de Birnin Magaji, dans l'Etat de Zamfara.

"Nous avons perdu 16 personnes à Gidan Halilu et neuf à Gidan Kaka", a-t-il déclaré.

Quatre des personnes tuées à Gidan Halilu étaient des membres de milices qui se sont organisées pour combattre les assaillants, a déclaré Bube Mada, un résident de Gidan Kaka.

Lors de la première attaque, qui a eu lieu vers 13h00 (12h00 GMT), les bandits ont ouvert le feu sur des agriculteurs qui travaillaient dans leur champ, faisant neuf morts, a déclaré Bube Mada à l'AFP.

"Les hommes armés sont partis après l'attaque de la ferme mais sont ensuite revenus vers 17 heures, et (...) ont à nouveau ouvert le feu tuant trois personnes", a ajouté Usman Wadatau.

"Après, les hommes armés se sont rendus à Gidan Kaka et ont abattu neuf autres habitants", a déclaré M. Mada.

Le porte-parole de la police de l'Etat de Zamfara, Mohammed Shehu, a confirmé les attaques, tout en faisant état d'un bilan de cinq morts. Les services de sécurité nigérians minorent souvent les chiffres des bilans des attaques.

Les communautés d'agriculteurs et d'éleveurs de l'Etat de Zamfara sont terrorisées depuis des années par des groupes armés qui volent le bétail et pratiquent des kidnappings de masse contre rançons.

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Les autorités nigérianes veulent réglementer les réseaux sociaux

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NBA: 8 des 60 joueurs sélectionnés cette année ont des origines nigérianes

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Manifestations "#EndSARS": une enquête de CNN indexe les autorités nigérianes

Les gens sont obligés de marcher les mains sur la tête lorsqu'ils passent les points de contrôle de sécurité, au marché d'Obalende, Lagos, Nigéria, le 24 octobre 2020.

Dans une enquête approfondie, CNN revient sur la répression violente qui s'est abattue sur les manifestants nigérians en octobre, avec des témoignages incriminants à l'appui.

Les manifestations "#EndSARS" contre les violences policières qui ont secoué le Nigeria le mois dernier ont suscité une riposte brutale de la part des autorités, selon une enquête en profondeur de la chaîne américaine CNN dont les conclusions ont été publiées mercredi.

L’équipe de CNN a mené une enquête multidisciplinaire qui inclut des analyses balistiques, la cartographie et la géolocalisation, des enregistrements vidéo et des déclarations de témoins oculaires qui se sont exprimés devant un panel chargé d'enquêter sur les morts qui ont découlé de ces manifestations.

Le dossier de CNN se penche sur les morts du péage de Lekki, quartier relativement affluent de Lagos, devenu point focal des manifestations.

CNN commence par le cas d'Elisha Sunday Ibanga, la vingtaine, sœur d'un des jeunes qui étaient allés protester. Le 21 octobre, Elisha répond à un appel téléphonique du numéro de son frère aîné. A l'autre bout de la ligne, un inconnu lui annonce que son frère, Victor, a été abattu au péage.

"La personne m'a dit que la police avait emporté son corps", relate la jeune femme.

Selon CNN, les Ibanga sont l'une des nombreuses familles qui n'ont pas encore retrouvé les corps de leurs proches disparus.

Amnesty International a recensé 56 morts dans l'ensemble du pays en deux semaines de manifestations. L'ONG a demandé "l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante".

Une manifestante tient une pancarte lors d'une manifestation contre les brutalités policières à Lagos, au Nigeria, le 17 octobre 2020.
Une manifestante tient une pancarte lors d'une manifestation contre les brutalités policières à Lagos, au Nigeria, le 17 octobre 2020.

L'enquête de CNN intervient deux semaines après une investigation similaire menée par le quotidien Premium Times, qui a livré ses conclusions le 31 octobre.

Le journal s'attarde sur le témoignage d'une Disc Jockey populaire, DJ Switch, qui avait diffusé les tirs sur les manifestants en direct sur Instagram. Elle affirme que les soldats ont par la suite emmené les morts et que des policiers sont arrivés plus tard pour nettoyer les lieux.

Après avoir nié l'usage de la force mortelle, les autorités ont finalement admis qu’il y a eu des morts par balles.

Beaucoup de questions autour de ce qui s'est passé dans la nuit du 20 au 21 octobre restent sans réponse.

Qui a donné l’ordre de déployer l’armée ? Qui a autorisé les militaires à tirer à balles réelles ? Où sont les corps des autres victimes ? Qu’en est-il des disparus ?

L'armée a déclaré que c'était le gouverneur de Lagos, Babajide Olusola Sanwo-Olu, qui avait appelé les soldats sur les lieux parce que la police était débordée. Mais le gouverneur nie cette version des faits, insistant sur le fait qu'il n'a pas l’autorité de mobiliser l'armée.

Le dossier de CNN a ravivé des blessures qui n'avaient pas encore cicatrisé : des milliers de Nigérians ont tweeté les hashtags #Lekkimassacre et #EndSARS tout au long de la journée de mercredi.

A Lagos, une personne décède
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La réglementation des réseaux sociaux fait polémique entre Nigérians

Une femme tient une pancarte lors d'une manifestation en cours pour appeler à la démolition de l'unité de police controversée à Ikeja, le 9 octobre 2020.

La nouvelle campagne lancée par le gouvernement fédéral pour réglementer les médias sociaux fait débat au Nigeria, une campagne qui fait suite aux manifestations #EndSARS contre la brutalité policière.

Si le gouvernement parvient à faire passer son projet visant à contrôler les réseaux sociaux, ce sont autant de moyens de communication qui pourraient être menacés.

Whatsapp, Facebook, Messenger, Skype ou encore Viber sont au cœur du débat près d’un mois après la répression brutale du mouvement de protestation de la jeunesse contre les violences policières et pour une meilleure gouvernance dans le pays.

Les déclarations en faveur d’un contrôle d’internet par les autorités nigérianes se multiplient.

J. J. Omojuwa est un blogueur nigérian influent sur les réseaux sociaux. Connu pour son franc-parler, il craint que cela "va limiter l’accès à l’internet. J'espère que le gouvernement ferait mieux de ne pas aller en guerre contre ses citoyens et de ne pas mettre un terme à leur liberté d’expression et violer leurs droits humains".

Internet fait partie de la vie quotidienne de millions de Nigérians.

Les gouverneurs des États du Nord, réunis récemment à Kaduna, se sont également prononcés officiellement en faveur de telles mesures de contrôle. Ce qui passe mal pour la société civile et d’autres leaders d’opinion qui s’opposent au projet.

Selon la directrice du Centre pour la démocratie et le développement (CDD) Idayate Hassan, "Ils craignent que les gens s’expriment. La manifestation pour mettre fin à SARS, ou Endsars, nous a aussi donné l’opportunité de comprendre qu’il est possible de mobiliser en ligne et que cette mobilisation en ligne peut se traduire par une présence dans les rues".

Les Nigérians se posent encore des questions sur ce que les autorités veulent réellement en tentant de réglementer les réseaux sociaux.

"Le gouvernement n’a pas encore indiqué clairement ce qu’il veut réglementer. S’il s’agit de limiter l’accès, nous disons 'non' ", tranche le professeur Walter Ihejirika, expert en communication à l’université de Port Harcourt, dans le sud du Nigeria.

La jeunesse nigériane continue de manifester malgré la dissolution de SARS
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Les autorités parlent d'un simple problème d'interprétation. Une communication qui, malgré tout, ne dissipe pas les inquiétudes, comme l'explique le ministre de l’Information et de la culture, Lai Mohamed.

"Il ne s’agit pas seulement d’un projet de loi, mais d’une politique. Il s’agit de la technologie et aussi un consensus entre les utilisateurs. Ce qui s’est passé récemment nous interpelle plus que jamais et oblige le gouvernement à prendre des décisions pour nous permettre d’avoir des informations crédibles sur les réseaux sociaux", a-t-il déclaré.

Des tentatives des autorités fédérales de contrôle des réseaux sociaux ne sont pas un phénomène nouveau au Nigeria, où durant les cinq dernières années, plus de trois projets de loi visant à encadrer l’usage des réseaux sociaux ont été déposés.

Tous restent dans les tiroirs des députés au Parlement fédéral.

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