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36% des migrants traversant la mer Egée sont des enfants

Des réfugiés syriens arrivant au port d'Athènes le 30 septembre 2015. (AP Photo/Thanassis Stavrakis)

Les enfants constituent plus d'un tiers de ceux qui tentent la traversée dangereuse entre la Turquie et la Grèce, une proportion en forte hausse, s'est alarmé l'Unicef.

Par ailleurs, au passage de la frontière entre la Grèce et Gevgelilja, en Macédoine, "les enfants et les femmes constituent désormais environ 60%" du total, dépassant pour la première fois la proportion d'hommes, a indiqué à la presse Sarah Crowe, la porte-parole de l'Unicef.

En juin dernier, 73% des migrants étaient des hommes à ce passage, et seulement 10% avaient moins de 18 ans.

"Les conséquences de cette poussée dans la proportion d'enfants et de femmes dans le flux sont énormes: cela signifie qu'ils sont davantage en danger en mer, en particulier actuellement, en hiver, et qu'il faut plus de prise en charge à terre", a déclaré Marie Pierre Poirier, la Coordinatrice spéciale de l'Unicef pour la crise des migrants et des réfugiés en Europe, citée dans un communiqué.

En conséquence de cette évolution, "la prise en charge et les systèmes de santé doivent être renforcés à chaque étape du voyage", a-t-elle ajouté.

Selon les chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 60 des 272 migrants qui ont péri en mer entre la Turquie et la Grèce en janvier étaient des enfants.

Les corps de neuf migrants, dont deux bébés, ont été retrouvés mardi par les gardes côtes turcs après le naufrage de leur embarcation.

Un grand nombre de mineurs sont par ailleurs arrivés en Europe non accompagnés.

L'agence de coordination policière européenne Europol a estimé dimanche que plus de 10.000 enfants migrants non accompagnés avaient disparu en Europe sur les 18 à 24 derniers mois, suscitant la crainte que nombre d'entre eux soient exploités par le crime organisé.

Selon l'Unicef, 35.000 mineurs non accompagnés ont cherché l'asile en Suède, et l'Allemagne en a accueilli plus de 60.000.

Environ 62.200 migrants et réfugiés, pour la plupart en provenance de Syrie, d'Afghanistan et d'Irak, sont entrés en Europe par la Grèce en janvier, selon l'OIM. Environ 20.000 d'entre eux étaient des mineurs non accompagnés, selon la même source.

Avec AFP

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La traque des exoplanètes récompensée par le Nobel de physique 2019

Les Nobel de physique 2019 James Peebles, Michel Mayor et Didier Queloz.

La cosmologie arbore une nouvelle compréhension de l’Univers depuis le début des travaux des Nobel de Physique 2019, le Canado-Américain James Peebles, un pionnier de la théorie du Big Bang, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz, les premiers à avoir révélé l'existence d'une exoplanète.

Les trois chercheurs ont contribué à "une nouvelle compréhension de la structure et de l'histoire de l'univers", a souligné l'Académie royale des sciences de Suède lors de l’annonce du Nobel le 8 octobre, estimant que leurs travaux avaient "changé à jamais nos conceptions du monde".

L’astrophysicien James Peebles, 84 ans, pionnier du Modèle standard en cosmologie avec la matière noire et l'énergie noire, a étudié dès les années 60 le rayonnement fossile et ses rapports avec la naissance des galaxies et des grandes structures qui les rassemblent.

Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»
Illustration représentant l'exoplanète rocheuse LHS 1140 en orbite autour d’une étoile naine rouge à 40 années-lumière de la Terre, qui pourrait être le nouveau détenteur du titre «meilleur endroit pour rechercher des signes de vie au-delà du système solaire.»

"Ses travaux nous ont révélé un univers dont seulement 5% du contenu est connu (…) Le reste, soit 95%, est de la matière noire inconnue et de l'énergie noire", a précisé l'académie. Peebles reconnait là tout le mystère, bien qu’il estime sa théorie "entièrement testée".

Le tandem d’astrophysiciens Michel Mayor, 77 ans, et Didier Queloz, 53 ans, récompensés pour la découverte de la première exoplanète en orbite autour d'une étoile sur la séquence principale, avait révélé l’existence de 51 Pegasi b en octobre 1995. Sur cette lancée, la quête d'une planète qui auraient des caractéristiques similaires à la Terre, favorables à la vie, se poursuit inlassablement. A ce jour, 4.118 exoplanètes ont été répertoriées, mais très peu seraient situées dans la zone habitable de leur étoile.

En Avril 2017, la planète LHS 1140b, située à 40 années-lumière de la Terre, a été citée comme pouvant héberger des signes de vie. La nouvelle venue au compteur des découvertes spatiales venait alors rejoindre un groupe de sept planètes extrasolaires, dont l’existence avait été révélée en février de la même année. Plus réjouissant encore, trois d’entre elles orbitant autour de l’étoile TRAPPIST-1 pourraient abriter des océans.

Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.
Illustration de trois exoplanètes en orbite autour de l’étoile naine TRAPPIST-1. Au moins sept planètes gravitent autour de cette étoile à 39 années-lumière de la Terre.

"Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elles passent juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes", avait déclaré en février 2017 à VOA Afrique Didier Queloz, coauteur de l'étude, récompensé cette année pour la fameuse 51 Pegasi b découverte 24 ans plus tôt. Le nouveau télescope James Webb, un joyau en matière de précision, permettra de découvrir si ces merveilles possèdent une atmosphère et abritent la vie, s’était alors réjoui M. Queloz.

L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).
L’astrophysicien Didier Queloz, Nobel de physique 2019, devant le laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande Bretagne. Il partage ce Nobel avec James Peebles et Michel Mayor. (photo Fred Lewsey/Cambridge University).

"Les recherches du professeur Queloz ont permis de découvrir que les planètes sont abondantes dans notre galaxie, en orbite autour d'autres étoiles. Nous pouvons maintenant estimer qu'il y a des dizaines de milliards d’exoplanètes potentiellement habitables", a souligné le professeur Andy Parker, chef du laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge en Grande-Bretagne. "Cela nous rapproche encore plus de la question de savoir si nous sommes seuls dans l'univers: il semble de plus en plus probable que la vie sous une forme quelconque aura trouvé un pied dans ces nombreux nouveaux mondes", a-t-il ajouté.

A noter que le prix Nobel de physique se distingue par la rareté notoire de récipiendaires femmes depuis sa création en 1901. Seulement trois femmes ont été récompensées contre environ 300 hommes: la Canadienne Donna Strickland en 2018 pour des recherches sur les lasers de haute précision utilisés en médecine, l'Américaine Maria Goeppert-Mayer en 1963 pour des études sur la structure en couches du noyau atomique, et la Française Marie Curie en 1903, qui décrocha également le Nobel de Chimie en 1911.

Soit une femme primée tous les soixante ans parmi une centaine d’hommes récompensés.

TRAPPIST-1: l’astrophysicien Didier Queloz, joint par Nathalie Barge
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Entretien VOA du 23 février avec Didier Queloz, colauréat du Nobel de physique 2019:

Didier Queloz: Comme l'étoile est très petite, les planètes laissent une grosse trace. Elle passe juste devant, et les planètes ont la taille de la Terre. Elles font un gros transit et quand on a un transit relativement important, cela devient relativement facile d'aller chercher des détails comme par exemple l'effet de l'atmosphère autour de ces planètes (…) C'est unique au monde et c'est vraiment quelque chose qui va apporter une nouvelle information sur le monde des exoplanètes, à savoir: est-ce que les planètes qui ont à peu près la densité de la Terre -donc probablement, qui ont des structures identiques à celles de la Terre- ont toutes des atmosphères? Et si elles ont des atmosphères, quelle est la nature et la structure de leurs atmosphères?

VOA Afrique: Trente-neuf années-lumière, qu'est-ce que cela représente?

D. Queloz: En termes astronomiques, c'est vraiment tout près mais il est vrai qu’en termes humains, c'est extrêmement éloigné. Donc, là, on parle de distances astronomiques. Dès que vous voulez aller vers une autre étoile, vous êtes déjà à des distances qui sont inhumaines. Donc il faut complètement oublier la notion de distance. Par contre, quand vous comparez les distances de ces étoiles avec les distances de toutes les étoiles de la galaxie, alors elles sont extrêmement proches parce que la galaxie à 100 millions d'années-lumière de taille, et l'univers a, à peu près, 16 milliards d'années-lumière de taille. Donc là on est vraiment dans la banlieue autour du système solaire.

VOA Afrique: Est-ce qu'il est possible que certaines de ces planètes soient habitables?

D. Queloz: Il y en a trois dans la zone habitable mais, encore une fois, ça ne veut absolument rien dire. Parce que, par exemple, Vénus, dans notre système solaire, est dans la zone habitable, mais on ne peut pas y habiter car son atmosphère ne permet pas d'y vivre. En fait, je crois que c'est là l'avancée exceptionnelle qu’il y a avec cette découverte, et ça, on pourra le faire. C'est une première mondiale. Cela n'était pas possible, ça ne sera pas possible pour toutes les planètes trouvées, mais c'est effectivement possible pour celles-ci. Donc demain, on va vraiment avoir une démarche scientifique et à partir des données, on va tirer des conclusions. Et là, on va pouvoir avoir un modèle de l'atmosphère de ces planètes, et on pourra répondre à votre question.

VOA Afrique: Est-ce que la présence d'eau implique automatiquement la présence de vie?

D. Queloz: Personne ne sait rien par rapport à cela. La seule chose que l'on constate, c'est qu’il y a de l’eau sur terre et de la vie. Mais l'eau est une molécule banale. On en voit partout dans l'univers. Il n'y a rien d'exceptionnel. L'eau, c'est vraiment très simple: hydrogène-oxygène. L'oxygène est un des sous-produits de la formation stellaire. L'hydrogène est partout depuis le début dans l'univers, donc l'eau, il y en a dans le système solaire, il y en a partout. (…) On s'attend à la trouver. Si on ne la trouve pas, ça pose des questions. (…) Et il y a effectivement une théorie sur Terre qui dit que l'eau qu'on a sur terre est peut-être venue des comètes qui sont tombées sur la Terre. Toutes ces questions, on peut commencer à y répondre. Donc c’est en cela qu’il est très intéressant d'aller voir s'il y a de l'eau sur ces planètes. Cela nous apporte un élément d'information sur notre propre histoire également.

VOA Afrique: C'est une découverte extraordinaire en effet. Alors à quoi vous attendez-vous maintenant?

D. Queloz: (…) Actuellement, on mesure cette étoile avec le télescope spatial dont l'objectif est d’essayer d'aller dire quelque chose sur leur atmosphère. C'est très difficile d'arriver à prédire ce qui va se passer mais ce qui est parfaitement sûr, c'est qu'on va avoir le contenu de l'atmosphère de toutes ces planètes. Alors, qu'est-ce qu'on va y trouver? Je n'en sais rien. On pourrait très bien réaliser qu'elles ont toutes des atmosphères et que trois ou quatre ont de l'eau liquide, comme on pourrait très bien réaliser que toutes n’ont aucune atmosphère et qu'elles sont complètement sèches parce que, dû à leur histoire et à la radiation de l'étoile, l'atmosphère a disparu. Vraiment, ça fait partie de l'exploration scientifique. On a entamé une aventure. L'aventure n'est pas terminée. Elle commence et on emporte le public avec nous pour l’amener au fil de la découverte. Et c'est comme ça que la science se passe.

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