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Plainte de deux ONG contre la société française Amesys en Egypte

  • VOA Afrique

Un policier, arme en bandoulière, assure la sécurité près de la route de la cathédrale à Minya, Egypte, 26 mai 2017.

La société française Amesys, au coeur d'une enquête pour du matériel de surveillance fourni à la Libye de Kadhafi, fait l'objet d'une nouvelle plainte déposée jeudi à Paris, visant la vente d'un système similaire à l'Égypte, en pleine vague répressive, ont annoncé la LDH et la FIDH.

Dans leur plainte remise au pôle crimes contre l'humanité du Parquet de Paris, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et de la Ligue des droits de l'homme (LDH), s'interrogent sur une possible "participation" d'Amesys (devenue Nexa Technologies) "aux opérations de répression menées par le régime (du général) Al-Sissi, via la vente de matériel de surveillance", ont expliqué les ONG dans un communiqué.

"Nous souhaitons que la justice française ouvre le plus rapidement possible une enquête sur des faits de complicité de torture et disparitions forcées pour pouvoir ensuite auditionner d'éventuelles victimes égyptiennes", ont déclaré à l'AFP Patrick Baudoin et Clémence Bectarte, avocats de la FIDH.

La plainte s'appuie sur une enquête du magazine Télérama de juillet qui révélait la vente, en mars 2014, par d'ex-dirigeants d'Amesys, opérant derrière deux nouvelles entités, d'"un système d'écoute à 10 millions d'euros pour lutter - officiellement - contre les Frères musulmans", l'opposition islamiste en Égypte, selon le journal.

Ce programme portait le nom de "Cerebro", considéré comme la "copie actualisée" d'Eagle, le programme vendu en 2007 par Amesys, à l'époque filiale de Bull, au régime libyen de Mouammar Kadhafi, également accusé d'avoir facilité la traque d'opposants.

Dans cette précédente affaire révélée par le Wall Street Journal en 2011, une plainte des ONG avaient débouché un an plus tard sur une enquête confiée à des juges d'instruction au pôle crimes contre l'humanité du tribunal de grande instance de Paris.

En 2013, des victimes libyennes du régime de Kadhafi avaient raconté aux juges français comment elles avaient été identifiées puis interpellées et torturées. Dans ce dossier toujours en cours, Amesys a été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté le 30 mai pour "complicité d'actes de torture" entre 2007 et 2011.

Depuis la destitution du président islamiste Mohammed Morsi en 2013, le pouvoir égyptien dirigé par Abdel Fattah al-Sissi a violemment réprimé toute opposition, d'abord islamiste, puis la jeunesse laïque et libérale qui avait mené la révolte de 2011 contre Hosni Moubarak lors du Printemps arabe.

Avec AFP

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