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Pence annonce les sanctions "les plus dures" jamais prises contre Pyongyang

Le vice-président américain Mike Pence serre la main au Premier ministre japonais Shinzo Abe à Tokyo, le 7 février 2018.

Le vice-président américain Mike Pence a annoncé mercredi à Tokyo que Washington s'apprêtait à dévoiler les sanctions économiques "les plus dures" jamais prises contre la Corée du Nord.

"J'annonce aujourd'hui que les Etats-Unis vont bientôt dévoiler les sanctions économiques les plus dures et les plus offensives jamais prises contre la Corée du Nord", a déclaré M. Pence, ajoutant que Washington allait "intensifier" ses pressions pour pousser Pyongyang a renoncer à son programme de développement nucléaire et balistique.

Le vice-président n'a donné aucune précision sur les nouvelles sanctions envisagées. L'an dernier, à l'initiative de Washington, le Conseil de sécurité a imposé trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord qui touchent notamment ses exportations de charbon et de fer, sa pêche et son industrie textile, et limitent ses approvisionnements en pétrole.

>> Lire aussi : Les Etats-Unis n'écartent pas une rencontre avec la Corée du Nord lors des JO 2018

Ces mesures ont été décidées après des tirs de missiles et un essai nucléaire menés par Pyongyang, jugés menaçants pour la stabilité internationale.

M. Pence s'exprimait aux côtés du Premier ministre japonais Shinzo Abe à l'issue de discussions sur la menace nord-coréenne, au deuxième jour d'une étape de trois jours au Japon, proche allié des Etats-Unis.

Il se trouvait sur le chemin des jeux Olympiques d'hiver qui s'ouvriront vendredi en Corée du Sud et où il dirigera la délégation américaine.

'Les JO en otage'

"Nous ne permettrons pas à la propagande de la Corée du Nord de prendre en otage le message et l'image des jeux Olympiques", a-t-il déclaré à ce sujet alors que la Corée du Nord va participer aux compétitions au sein d'une délégation commune avec la Corée du Sud.

Saluée par Séoul et le Comité international olympique, la présence nord-coréenne aux jeux suscite le scepticisme de nombreux experts qui n'y voient qu'une manoeuvre pour redorer le blason nord-coréen et alléger les sanctions qui pèsent sur le régime. Mais sans rien lâcher sur la question nucléaire.

>> Lire aussi : Le discours de Trump, un "cri de terreur", assure Pyongyang

D'aucuns mettent également en doute la viabilité du réchauffement au-delà des jeux. Séoul et Washington avaient accepté de reporter leurs exercices annuels militaires conjoints, mais seulement jusqu'à la fin des jeux paralympiques de mars. Ces manoeuvres ne manquent jamais de courroucer le Nord.

"Toutes les options sont sur la table et les Etats-Unis ont déployé au Japon et ailleurs dans la région des équipements militaires parmi les plus sophistiqués, pour protéger notre patrie et nos alliés et nous continuerons de le faire", a déclaré M. Pence. La position consitant à envisager "toutes les options", sous-entendu y compris l'option militaire, est ouvertement soutenue par Tokyo.

Les responsables de l'administration du président américain Donald Trump ont maintes fois répété que l'option militaire était sur la table et les Etats-Unis ont participé en 2017 à de nombreuses manoeuvres conjointes avec le Japon et la Corée du Sud, déployant même simultanément trois porte-avions dans la zone.

Porte ouverte

Depuis son arrivée au pouvoir, le locataire de la Maison Blanche a insulté le leader nord-coréen en le traitant notamment de "petit gros", a promis de déchaîner "le feu et la colère" sur le régime, ou a encore publiquement contredit son secrétaire d'Etat Rex Tillerson sur la possibilité de contacts directs avec Pyongyang.

"Que le monde sache bien cela: nous allons continuer à intensifier notre campagne de pression maximale tant que la Corée du Nord ne fera pas de pas concrets dans la direction d'une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible", a déclaré M. Pence à Tokyo.

>> Lire aussi : Pyongyang accuse les Etats-Unis d'être de "flagrants violateurs des droits"

M. Abe, qui se rendra lui aussi à Pyeongchang pour les jeux d'hiver, a réitéré que le Japon ne pourrait "jamais accepter une Corée du Nord équipée de l'arme nucléaire". "Nous ne devons pas nous laisser distraire par l'offensive de charme de la Corée du Nord", a-t-il ajouté.

M. Pence a néanmoins déclaré mardi que les Etats-Unis ne fermaient pas la porte à une rencontre avec les Nord-Coréens en marge des jeux Olympiques de Pyeongchang. "Concernant toute interaction avec la délégation nord-coréenne, je n'ai pas sollicité une rencontre, mais nous verrons ce qu'il se passera", avait-il indiqué mardi à des journalistes au cours d'une escale en Alaska, alors qu'il était en route pour le Japon.

Avec AFP

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L'administration Trump veut prolonger la détention de certains demandeurs d'asile

Arrivée de familles de migrants, escortés par la police des frontières des États-Unis, le 21 juin 2018 à Hildalgo, au Texas.

Le gouvernement de Donald Trump pourrait maintenir en détention les immigrants ayant traversé illégalement la frontière mexicaine jusqu'à l'examen de leur demande d'asile, une procédure pouvant prendre des mois ou des années, rapporte le New York Times mardi, suscitant l'inquiétude des associations.

L'ACLU, la puissante organisation qui défend les droits civiques, a promis de contester cette décision devant les tribunaux.

"Notre constitution ne permet pas au gouvernement d'enfermer les demandeurs d'asile en dehors d'une application régulière de la loi", a critiqué, sur Twitter, l'ACLU.

L'association fait ici référence à une décision complexe, annoncée par le ministère américain de la Justice mardi soir, qui s'appuie sur un cas spécifique.

Pour Judy Rabinovitz, spécialiste des droits des migrants à l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), l'administration veut ainsi "envoyer un message" aux demandeurs d'asile, les prévenant qu'ils "seront détenus". "C'est vraiment indécent", déplore-t-elle, citée par le New York Times.

Une telle politique, qui n'entrerait en vigueur que dans trois mois, vise à honorer la promesse de Donald Trump de mettre fin à la pratique du "catch and release" (attrape et libère), tant décrié par le président des Etats-Unis.

Jusqu'ici, les demandeurs d'asile arrêtés sur le sol américain pouvaient être libérés sous caution, dans l'attente de l'examen de leur dossier, une procédure qui peut prendre plusieurs mois ou plusieurs années, selon le quotidien de New York.

Avec la mise en place d'une telle politique, ils ne pourront plus être libérés sous caution, d'après le journal, qui indique que cela ne concernerait pas les immigrants déposant une demande d'asile aux ports d'entrée légaux à la frontière.

Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration illégale son cheval de bataille et a dépeint les milliers de migrants venus d'Amérique centrale ces derniers mois comme une menace à la sécurité nationale, accusant régulièrement les démocrates de laxisme.

Ces derniers jours, il a menacé de transférer des clandestins arrêtés à la frontière vers des "villes sanctuaires", la plupart démocrates, provoquant l'opposition de ses adversaires politiques.

Avec AFP

Le Congrès exigeait l'arrêt de l'engagement militaire au Yémen, Trump met son veto

Donald Trump, président des États-Unis, lors d'un meeting de campagne à Grand Rapids, Michigan, États-Unis, le 28 mars 2019. REUTERS / Joshua Roberts

Comme attendu, Donald Trump a mis mardi son veto à une résolution du Congrès qui l'exhortait à arrêter tout soutien américain à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen, s'opposant pour la deuxième fois en deux mois à une décision du parlement américain.

"Cette résolution est une tentative inutile et dangereuse d'affaiblir mes pouvoirs constitutionnels, mettant en danger des vies de citoyens américains" a déclaré dans un communiqué M. Trump à propos de ce texte adopté par les deux chambres du Congrès au début du mois.

Cette séquence politique avait été perçue comme un camouflet pour le président républicain, compte tenu de sa majorité au Sénat.

Le Congrès avait utilisé une loi votée en 1973 et limitant les pouvoirs militaires du président dans un conflit à l'étranger.

Les Parlementaires avaient appelé à la fin des opérations militaires au Yémen, où depuis 2015, le Pentagone fournit un "soutien non-combattant" à la coalition menée par l'Arabie saoudite, alliée historique des Etats-Unis.

Les rapports entre Ryad et Washington se sont considérablement refroidis après l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en octobre 2018, par un commando venu de Ryad.

La réaction tiède de Donald Trump face au jeune prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane --considéré comme "responsable" du meurtre par le Sénat américain-- avait indigné jusque dans ses rangs.

"Nous fournissons ce soutien pour plusieurs raisons. D'abord, c'est notre devoir de protéger la sécurité des plus de 80.000 Américains qui résident dans certains pays de la coalition qui ont été victimes d'attaques de Houthis depuis le Yémen", explique le président américain dans le communiqué, transmis par la Maison Blanche.

- Soutien contesté -

Le Yémen est déchiré par un conflit dévastateur depuis l'intervention d'une coalition arabe sous commandement saoudien en mars 2015 pour soutenir des forces pro-gouvernementales contre les rebelles Houthis.

Ces derniers sont soutenus par l'Iran, grand rival chiite de l'Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient.

Ce conflit a provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde selon l'ONU et a fait plus de 10.000 morts. Des ONG estiment que le bilan des victimes est largement supérieur et l'engagement américain aux côtés de la coalition dirigée par Ryad est régulièrement la cible de critiques.

"Le Congrès ne devrait pas chercher à interdire certaines opérations, comme les ravitaillements en plein vol", argue le président républicain dans son communiqué.

C'est la deuxième fois que Donald Trump se retrouve obligé d'opposer son veto à un texte voté par le Congrès: en mars, ce dernier avait bloqué la procédure d'urgence qu'il avait décrétée pour débloquer des fonds dédiés à la construction du mur qu'il souhaite ériger à la frontière avec le Mexique.

Un blocage parlementaire qu'il avait choisi de contourner en mettant son propre veto.

Depuis les élections parlementaires de mi-mandat de novembre 2018, les républicains ont consolidé leur majorité au Sénat (53 sièges sur 100) mais ont perdu le contrôle de la Chambre des représentants.

Mais le président et sa majorité ont du mal à s'entendre autour de plusieurs sujets extrêmement controversés, comme la guerre au Yémen ou le mur à la frontière avec le Mexique.

Avec AFP

Les difficultés des contrôle aux frontières aux Etats-Unis

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